Economie

Chômage des jeunes: La Banque mondiale offre son expertise

Par Khadija MASMOUDI | Edition N°:5224 Le 07/03/2018 | Partager
Un des axes prioritaires du prochain partenariat qui s’étalera sur 5 ans
L’institution internationale se veut plus «incisive»
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Marie Françoise Marie-Nelly, directrice des opérations pour le Maghreb à la Banque mondiale: «Il faut que le Conseil de la concurrence soit opérationnel» (Ph. Bziouat)

Rattrapage dans les infra-structures, réduction de la pauvreté, amélioration du climat des affaires et du classement dans Doing business… Le Maroc a enregistré des avancées importantes mais reste confronté à des défis de taille.

«Le pays n’a pas eu de processus d’industrialisation qui génère de l’emploi pour que les jeunes se sentent épanouis», affirme Marie Françoise Marie-Nelly, directrice des opérations pour le Maghreb à la Banque mondiale  lors d’une réunion organisée lundi avec un groupe restreint de journalistes.

L’occasion pour l’institution internationale de décliner les grands axes du partenariat stratégique avec le Maroc qui s’étendra sur 5 ans et qui pourrait bénéficier d’un financement de près de  4 milliards de dollars. Sur la période 2014-2017, l’appui au Maroc a atteint 3,7 milliards de dollars, à raison de 1 milliard par an sauf pour l’année 2017 ou le retard pris pour la constitution du gouvernement a ralenti le déblocage des financements.

Le prochain «CAS», cadre d’action stratégique, sera focalisé sur l’emploi des jeunes. Près des deux tiers des chômeurs sont âgés de 15 à 29 ans, selon le Haut Commissariat au Plan. Et plus ils sont diplômés, plus ils risquent de se retrouver sans emploi.

Le programme d’industrialisation accélérée répond en partie à ce problème mais l’idée est d’amplifier les créations de postes de travail. Ce qui nécessite une amélioration de la compétitivité et de la productivité.

«Le modèle de croissance marocain est gourmand en capital et génère peu de gains de productivité. Ceci signifie que l’économie marocaine ne parvient pas à gagner significativement en efficience malgré l’ouverture économique, l’amélioration de l’environnement des affaires, les technologies importées et un accroissement du niveau de scolarisation de la population», souligne la Banque mondiale dans son dernier mémorandum.

L’institution internationale veut rendre ses interventions plus incisives sur ce dossier. Aucune recette n’est proposée sauf  l’encouragement et le développement de l’esprit de l’entrepreneuriat. Le Maroc a créé 5.000 entreprises tournées vers l’export au cours des 15 dernières années contre 40.000 en Turquie!

«Il faut des incitations au profit des activités de production et des facilitations du financement comme c’est le cas avec le fonds dédié aux startups et une meilleure intermédiation. Nous allons nous concentrer sur des activités concrètes sans perdre de vue les grandes réformes importantes au niveau de l’environnement des affaires», soutient  Marie Françoise Marie-Nelly.

Les bons scores enregistrés dans Doing business devraient se faire sentir sur le terrain pour l’entrepreneur, les mesures pour garantir une concurrence loyale doivent être poursuivie, le code du travail doit être réformé...  Pour les cinq prochaines années, le capital humain sera également au cœur de  l’action de l’institution. Même si l’accès à l’éducation s’est amélioré, la qualité ne suit pas.

Comment renforcer la gouvernance pour de meilleurs résultats et aider les  jeunes à acquérir les compétences du XXIe siècle surtout avec la digitalisation et les ruptures technologiques qu’elle engendre? Les programmes scolaires devraient être adaptés pour faciliter l’esprit d’analyse et non le parcœurisme. Des actions vont également cibler la protection sociale et la santé primaire où le Maroc accuse du retard par rapport aux pays de la région.

L’effet d’agglomération tarde

Le Maroc compte un taux d’urbanisation de 60% mais, comparativement à d’autres pays, le niveau  de croissance ne suit pas. «Des pays qui ont le même niveau d’urbanisation ont réussi beaucoup  plus à capter l’effet de l’agglomération et donc de la compétitivité», souligne Marie Françoise Marie-Nelly, directrice des opérations pour le Maghreb à la Banque mondiale.  En principe, plus les villes sont grandes, plus les économies d’échelle et la productivité sont élevées, plus les idées circulent facilement et les opportunités nombreuses…
L’expérience menée avec Casablanca (voir article page 13) pourrait être dupliquée dans d’autres villes. L’idée est aussi de créer des nœuds de compétitivité villes/campagnes. Pour les zones reculées, le défi est l’accès de la population à des services de qualité.

                                                                         

Verbatim

Stress hydrique: Nous comptons travailler avec le gouvernement sur le plan analytique pour voir comment allouer la ressource. Et aussi sur un plan opérationnel pour aider à la mise en place d’instruments.  
L’institution internationale est sollicitée par le gouvernement pour un appui sur la digitalisation. Celle-ci assurera une meilleure efficacité et générera des emplois.
Adopter une loi ne signifie pas la fin de la réforme mais c’est plutôt la mise en œuvre effective des dispositions.
Le taux d’emploi des femmes est passé de 30% en 2000 à 23% aujourd’hui. Nous devons comprendre cette baisse.

 

 

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