Analyse

Tourisme: La Chine fera-t-elle les beaux jours du Nord?

Par Ali ABJIOU | Edition N°:5224 Le 07/03/2018 | Partager
Le marché chinois en croissance, mais un outsider à surveiller de près
L’euphorie des économies européennes impacte positivement la région
Tanger signe son meilleur score en passant au-delà du million de nuitées
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A Tanger, le nombre de nuitées a percé le plafond en dépassant de loin le million de nuitées. Le secteur touristique tangérois était cantonné à faire du surplace depuis quelques années, mais en 2016, il a presque failli battre son record. En 2017, plusieurs conditions se sont réunies, dont certaines propres à la région Nord, pour lui permettre de battre le record de manière très prononcée en dépassant de loin le million de nuitées

Le tourisme carbure au Nord et à Tanger d’abord. C’est là que les nuitées touristiques viennent de passer, pour la première fois, au-dessus de la barre du million, une première dans l’histoire de la ville. Le secteur touristique était resté à deux doigts de réaliser l’exploit en 2016.

Mais en 2017, les conditions étaient réunies pour permettre à la capitale du détroit de dépasser allègrement cette barrière psychologique et de manière digne, puisque le taux de croissance a atteint les 25% pour atteindre 1,26 million de nuitées. Les raisons de cette accélération qui a touché de manière plus ou moins égale les autres villes du Nord sont à chercher d’abord du côté des marchés traditionnels de la destination, l’Europe et les résidents.

La crise économique qui avait plombé le Vieux Continent au début de cette décennie n’est qu’un souvenir. Le principal marché émetteur pour la région Nord et Tanger, l’Espagne, a réussi à redresser la barre de son économie et à retrouver la croissance. Pour les touristes espagnols, Tanger est une destination idéale.

A moins d’une heure de bateau pour les habitants du Sud, d’une heure d’avion pour ceux vivant plus au Nord, elle est le lieu parfait pour un city break, un week-end de détente dans une ambiance dépaysée avec même un changement de continent. Le même scénario se répète à Tétouan et à Chefchaouen où la proximité historique et culturelle avec l’Espagne attire un nombre croissant de touristes avec, en prime, une nature à couper le souffle.

D’autre part, le nombre de touristes «business» a lui aussi augmenté en flèche, encouragé par le repositionnement de Tanger dans le haut segment et le développement de son secteur industriel boostant d’autant les nuitées. Non loin de là, les installations touristiques sur la côte tétouanaise ont permis de drainer elles aussi un tourisme haut de gamme attiré par les plages d’une grande beauté et des installations touristiques comme le Sofitel et le Bantan Tree. Se joindra à eux, dès cette année, le Marriott, l’une des nouveautés pour la future saison touristique dans la région.
Pour Tanger, les touristes nationaux sont eux aussi de la partie. Pour ces derniers, le rythme de croissance n’est pas aussi élevé avec seulement 10% par rapport à 2016, mais en termes de volume, il ne manque pas de peser sur la balance.

Là aussi les conditions sont nettement favorables pour exploiter le gisement de capital sympathie et d’image dont dispose le Nord et Tanger en particulier, malgré une offre peu adaptée pour le touriste national.
Tanger a connu ces dernières années une remise à niveau de ses infrastructures avec de réelles nouveautés comme la marina ou la nouvelle corniche.

Mais la véritable surprise a été celle des touristes chinois dont l’arrivée à Tanger commence à se faire remarquer de plus en plus. En 2017, ils ont été plus de 17.000 à avoir visité la ville, occupant la 6e position parmi les marchés émetteurs de Tanger. Leur arrivée se fait essentiellement via l’Espagne par voie maritime d’où leur voyage est plus facile que de passer par le hub aérien de Casablanca. Et selon des opérateurs, c’est un marché sur lequel des agences de voyages ibériques sont bien placées, laissant peu de place aux opérateurs locaux.

Et le phénomène n’est pas limité à Tanger, il concerne aussi les autres villes de la région comme Tétouan ou encore Chefchaouen où la présence chinoise est très remarquée. D’où la nécessité d’un contrôle statistique plus fin des arrivées (les statistiques ne les ont pas encore intégrés) et surtout de l’adaptation du produit à leurs goûts spécifiques afin de mieux les fidéliser.

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  • Tanger, la force du détroit

Tanger la blanche a aussi beaucoup d'histoires à raconter, à commencer par les récits de la grotte d'Hercule. Sa médina et sa ville nouvelle sont un véritable régal architectural. On s'y balade, on y flâne, on admire son architecture, on y retrouve le Grand Socco, cher à Joseph Kessel qui lui a consacré un livre. A l'horizon, des plages de sable fin... on toucherait presque du doigt la péninsule ibérique, avec une vue imprenable sur le détroit de Gibraltar

  • Voyage historique à Assilah

Port stratégique, Assilah fut romaine, espagnole et portugaise. Bastions, tours et remparts offrent de belles promenades au bord de la mer et des restaurants réputés pour leurs fritures de poisson. En été, plages de sable fin et festival culturel, tout pour le farniente

  • Tétouan, l'andalouse

Reconnaissable à son cachet arabo-mauresque auquel s’ajoute son aspect méditerranéen, l’ancienne médina de Tétouan a été classée officiellement au patrimoine mondial de l’Unesco en 1997. La ville est empreinte d'histoire et ses sept portes continuent d'entretenir les légendes de la cité. Tétouan regorge de merveilles historiques: le général Franco y a vécu,  pendant les années 30, et son musée ethnographique est incontournable

  • Chefchaouen, l'exception bleue du Rif

Nichée à 600 m  d'altitude dans les montagnes du Rif, la pittoresque Chefchaouen est fière de sa médina aux couleurs azur allant du bleu au mauve, et qui constitue, à elle seule, un monument incontournable. On y découvre les restes très bien conservés de la kelaâ, la forteresse de la ville et ses cachots ainsi que la célèbre source de Ras El Ma

  • Larache et ses ombres d'Olympe

Les ruines de l’ancienne cité romaine Lixus combleront les amateurs d’archéologie. Ils pourront y trouver une acropole, des temples ainsi qu’un amphithéâtre, des thermes avec une mosaïque et, sur le bas de la colline, une centaine de bassins qui servaient d’usines de salaison

Une convention avec la région qui tarde à démarrer

Le Conseil de la région a octroyé au CRT un budget annuel de près de 3 millions de DH au titre de la période allant de 2018 à 2020 pour l’organisation et la participation à des opérations de promotion et de marketing de la destination, l’amélioration et le renforcement du travail en marketing digital, ainsi que la création des points d’informations touristiques dans la région. Ce budget permettra aussi au CRT d’assurer ses charges de fonctionnement et d’augmenter ses ressources humaines. Mais le déblocage des fonds tarde à venir, ce qui met la trésorerie du Conseil en une mauvaise situation, selon Mustapha Boucetta, président du CRT.
Une partie de ce budget servira au financement du projet de points d’informations touristiques. Ils permettront d’assurer une assistance et une information fiable et documentée aux touristes marocains et étrangers, lors de leur visite aux différentes villes touristiques de la région. Ceci permettra aussi de recueillir de l’information sur le produit, l’animation et la qualité du séjour des visiteurs et leur feed-back afin de mieux les fidéliser.

 

 

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