International

Italie: Les différents scénarios après les législatives

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5223 Le 06/03/2018 | Partager
L’extrême droite et les populistes revendiquent chacun le pouvoir
Bruxelles «confiante» dans la possibilité de former un gouvernement stable
itali_election_023.jpg

Faute de majorité claire, le choc électoral pour l’Italie et l’Europe, ouvre une phase d’incertitude politique dans la troisième économie de la zone euro. C’est tant d’enjeux notamment pour la diaspora marocaine. L’Italie est l’un des principaux partenaires commerciaux du Maroc.

Les Marocains qui y résident forment la communauté d’immigrés hors UE qui crée le plus d’entreprises privées dans ce pays européen, selon un rapport de la Fédération italienne des chambres de commerce. Ils ont ainsi créé près de 68.259 entreprises jusqu’à fin 2017.

Les populistes du Mouvement 5 étoiles (M5S) tout comme la Ligue, d’extrême droite, auteurs de percées historiques aux législatives en Italie, ont chacun revendiqué le droit de gouverner. Tout en excluant toute alliance «eurosceptique» entre eux.
Le scrutin de dimanche 4 mars a été marqué à la fois par le «rejet de la vieille classe politique, l’exaspération face au marasme économique et les tensions autour des migrants et de l’Union européenne», rapporte l’AFP.

L’Italie s’inscrit dans la lignée du Brexit, de la victoire de Donald Trump aux Etats-Unis et de la poussée de l’extrême droite ailleurs en Europe. La coalition de droite est arrivée en tête avec 37% des voix, selon des résultats portant sur 98% des bureaux de vote.

Mais en son sein, c’est la formation eurosceptique et anti-immigration du chef de la Ligue Matteo Salvini, proche du Front national (FN) français, qui a largement devancé le parti de Silvio Berlusconi et a revendiqué de diriger le gouvernement. La coalition a «le droit et le devoir de gouverner dans les prochaines années», a-t-il souligné.

Mais cette perspective est mise à mal par la percée historique du M5S, qui devient le premier parti du pays avec un score dépassant les 32%, après une campagne dirigée contre la corruption et la «caste» politique italienne. Le mouvement fondé par le comique Beppe Grillo en 2009 s’assure une position centrale au Parlement et vise désormais plus.

Alors que le M5S a toujours refusé toute alliance, il s’est dit prêt «à discuter avec toutes les forces politiques», mais sur la base du programme du mouvement: «la pauvreté et le gaspillage, l’immigration et la sécurité, l’emploi et le développement».Matteo Salvini a transformé l’ancienne Ligue du Nord sécessionniste en une formation souverainiste et martelé un discours anti-immigration et défiant à l’égard de Bruxelles.

Laquelle semble avoir porté dans un pays en proie à l’euroscepticisme et qui a vu débarquer près de 700.000 migrants depuis 2013. Silvio Berlusconi, qui s’était présenté à Bruxelles comme le seul rempart contre les populistes et les forces anti-euro, a donc perdu son pari.

A Bruxelles, la Commission européenne s’est dite «confiante» dans la possibilité de former un gouvernement stable. Le président français, Emmanuel Macron, a pour sa part mis en avant la «forte pression migratoire» pesant sur l’Italie, que l’UE a laissé gérer pratiquement seule les centaines de milliers migrants débarqués ces cinq dernières années.

Mais la possibilité d’une éventuelle grande coalition à l’Allemande s’éloigne cependant en raison de la déroute du Parti démocrate (PD, centre gauche) de Matteo Renzi. Il plafonne à moins de 19% des voix, moins de la moitié des 40% obtenus aux élections européennes de 2014. Les frondeurs de Liberi e uguali (libres et égaux), sont à peine au-dessus du seuil des 3% nécessaires pour entrer au Parlement.

Dépenses budgétaires

Sur le plan économique, le plus grand risque, selon les analystes, serait de voir Rome accroître ses dépenses budgétaires au mépris des règles européennes. Et ce, au fur et à mesure que les nouveaux dirigeants italiens mettront en oeuvre leurs promesses de campagne. La Bourse de Milan a fermé, hier lundi, en recul modéré de 0,4%. Le FTSE Mib a seulement cédé 0,42%, à 21.820 points. Il appartiendra désormais au président italien, Sergio Mattarella, de démêler l’écheveau dans les prochaines semaines. Mais ses consultations politiques officielles ne s’ouvriront pas avant la fin du mois, une fois élus les présidents des deux Chambres, en principe le 23 mars.

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc