Régions

Ouarzazate: Le tourisme risque-t-il un recul en 2018?

Par Sabrina BELHOUARI | Edition N°:5223 Le 06/03/2018 | Partager
Le nouvel agenda aérien ne répond pas aux aspirations du Conseil provincial du tourisme
Recul des fréquences, horaires tardifs, pas de low-cost et un seul vol en Boeing 737
Mise à niveau des hôtels, animation touristique... des urgences
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L’année 2017 a enregistré un total de nuitées de 393.536 avec un pic en avril, réalisant ainsi une évolution positive de 37% par rapport à l’année précédente

L’année 2017 a été un bon cru pour le tourisme à Ouarzazate qui a réussi à enregistrer 267.867 arrivées dans les établissements classés, réalisant ainsi une évolution de 39% par rapport à l’année 2016. Une bonne performance qui conforte toutes les actions de promotion de la destination.

Dans le détail, la France vient en tête des marchés émetteurs de la destination avec 32.146 arrivées dans les établissements classés, enregistrant ainsi une évolution de 35% par rapport à 2016, suivie du marché espagnol avec 26.378 nuitées, soit une évolution de 60% par rapport à 2016.

La Chine arrive en 3e place avec 21.184, ce qui représente une excellente performance vu que c’est la première année que le marché chinois découvre la destination Ouarzazate. Le marché national est, quant à lui, en constante évolution avec en 2017 une performance de 58.662 nuitées dans les établissements classés, soit 21% d’évolution par rapport à 2016.

Alors que tous les indicateurs sont au vert, les professionnels du tourisme de la province, représentés par le Conseil provincial du tourisme, émettent des inquiétudes au sujet de la nouvelle programmation aérienne établie par RAM pour l’année 2018.
Ceux-ci ont, en effet, mal accueilli la nouvelle programmation aérienne des vols desservant la ville.

Cette dernière survient suite à l’accord signé récemment à Errachidia entre la région de Drâa Tafilalet, la RAM et le ministère du Tourisme et de l’Artisanat, dont le principal apport a été la baisse des prix des billets vers les trois aéroports de la région: Ouarzazate, Errachidia et Zagora. Ce qui constitue un excellent atout pour booster les vols internes de et vers la destination.

Exprimant son mécontentement vis à vis de ce changement dans une lettre adressée à Mohamed Sajid, ministre du Tourisme et de l’Artisanat, le CPT revient sur les raisons de l’insatisfaction de la profession. Pour le CPT, c’est la connexion Casablanca-Ouarzazate qui n’est pas à la hauteur des attentes.

En effet, par comparaison à l’ancienne programmation, certains créneaux horaires ont été supprimés, notamment pour les mardis et mercredis. En outre, les vols en Boeing 737 d’une capacité de 150 sièges ont été supprimés pour la desserte de la ville d’Ouarzazate en faveur des avions ATR d’une capacité de 72 sièges et dont les soutes sont limitées et obligent à faire suivre les bagages sur d’autres vols.

Ce n’est pas tout. La programmation est très tardive (aux alentours de 23h) au départ de Casablanca pour 4 vols sur 7, et accuse des retards allant jusqu’à 2h du matin, selon le CPT. Ces horaires et fréquences inadaptés de la destination Ouarzazate engendrent de ce fait des packages onéreux.

«Ce n’est pas avec des avions de 72 sièges que Ouarzazate va remplir ses 2.000 lits, d’autant plus que l’absence de liaisons directes entre la ville et les principaux marchés émetteurs en Europe pénalise la destination», argumente Rahou Belghazi, président du Conseil provincial du tourisme de Ouarzazate.

Les liaisons directes avec l’Europe sont également mises en cause. Certes, la mise en place d’une ligne aérienne entre Ouarzazate et le hub aérien de Marrakech avec deux vols hebdomadaires, depuis novembre dernier, a amplifié les liaisons avec l’Europe. Une mesure insuffisante pour le CPT. En effet, un seul vol hebdomadaire est programmé au départ de Paris au lieu de 4 comme souhaités par les professionnels, mais aucun vol à partir de Londres, Lyon ou Madrid.

D’un autre côté, aucune compagnie low-cost ne dessert Ouarzazate à ce jour, ce qui n’est pas du goût de la profession qui estime que le ministère du Tourisme doit promouvoir davantage de lignes sur Ouarzazate, dont la capacité hôtelière est plus importante que Fès, Rabat ou Tétouan, toujours selon le CPT.

En somme, la programmation aérienne et les mesures incitatives pour booster les vols internes vers la destination Ouarzazate semblent ne pas satisfaire entièrement la profession, qui espère concrétiser les promesses exprimées lors d’un séminaire sur la relance de Ouarzazate, tenu en novembre 2017.

Le secteur touristique qui souffre encore des conséquences de la conjoncture et de l’accumulation de plusieurs années de chute de l’activité aurait surtout besoin d’un rafraîchissement et d’une mise à niveau de certains établissements hôteliers ainsi que l’assainissement de la situation fiscale des autres établissements en difficulté financière.

Augmenter la durée de séjour

En 2017, la durée moyenne de séjour à Ouarzazate enregistrée est de 1 jour alors qu’elle était de 2 nuitées en 2010. Plusieurs pistes sont avancées pour augmenter cette durée de séjour. En parallèle à la promotion et au désenclavement aérien, il est impératif de se pencher sur la situation des professionnels qui interviennent à différents niveaux comme les guides touristiques, les transporteurs et les agences de voyages. En outre, l’animation touristique est, selon plusieurs experts, un élément qui fait défaut à Ouarzazate.
Les festivals et l’évènementiel d’une manière générale sont stratégiques dans le rayonnement de la destination Ouarzazate, notamment en faisant revivre le festival des Symphonies du désert, le festival du Film ainsi que le projet de golf de Ouarzazate.

De notre correspondante permanente, Sabrina BELHOUARI

 

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