Economie

Monétique: L’Afrique veut rompre avec le cash

Par Badra BERRISSOULE | Edition N°:5223 Le 06/03/2018 | Partager
Les innovations technologiques ont chamboulé le paysage des paiements
Une tendance qui en est à ses débuts s’accélèrera dans les années à venir

Le gotha du monde de l’ingénierie monétique africain sera présent à Marrakech pour le 13e rendez-vous de Cartes Afrique prévu du 22 au 23 mars prochain. Ce rendez-vous, organisé par I.conférences en partenariat avec le spécialiste dans l’édition des solutions de paiement HPS, est une plateforme destinée à découvrir les stratégies de paiements et innovations technologiques adaptées à la région.

Il réunit chaque année plus de 800 participants de plus de 50 pays représentant (banques, établissements financiers, fintechs, organismes gouvernementaux, fournisseurs de solutions...) venant des quatre coins du monde.

Cette année, l’événement se veut une immersion dans les technologies les plus en vue: système d’identification, nouveaux canaux de paiements, digital banking, mobile payment, e-commerce, mais aussi une projection dans le futur avec des thématiques liées aux fintechs, intelligence artificielle, paiement et internet des objets, technologie QR code... La monétique est en pleine croissance en Afrique, même si les chiffres demeurent encore faibles, face aux réalisations de l’activité monétique dans le monde.

Aussi, l’objectif de la rencontre est non seulement d’échanger des expertises, mais aussi de faire le point sur l’avenir.

Sur l’ensemble du continent, le marché du paiement électronique a connu une croissance à deux chiffres. Au Maroc, l’activité de la monétique se développe fortement depuis les 4 dernières années. Le nombre de cartes émises par les banques s’approche des 14 millions, celui des transactions dépasse les 250 millions pour un montant global de plus de 212 milliards de DH.

Et ce, grâce à l’effet des campagnes de communication, de promotion et de sensibilisation du CMI, des banques, des systèmes internationaux comme Visa ou Mastercard qui a contribué à faire progresser le paiement par carte. Il faut dire aussi que les baisses de commission à la faveur des commerçants ont eu leurs effets. Malgré ces progressions, il y a encore une grande marge de manœuvre pour attaquer les 90% des transactions qui sont encore effectuées en cash.

Si l’utilisation de la carte bancaire a connu une nette progression, il reste tout de même une importante marge à explorer. Un potentiel pour le paiement mais aussi pour les nouveaux gisements de croissance, comme les applications gouvernementales et celles liées au commerce.

Mais, si l’avenir est à la digitalisation du paiement à travers de nombreux canaux et moyens comme le mobile devenu un axe majeur pour le développement du paiement électronique, les professionnels estiment aussi qu’il faudra également un coup de pouce de l’Etat pour réduire l’informel et ainsi faire basculer les habitudes des commerçants et de leurs clients.

Le Gabon, invité d’honneur

En reconnaissance du rôle avant-gardiste du gouvernement gabonais en matière des TIC, Cartes Afrique 2018 a désigné le Gabon pays invité d’honneur de sa 13e édition.
Pour les organisateurs, la démarche avant-gardiste de l’Etat gabonais qui a réagi face à l’essoufflement de la rente pétrolière, en misant sur les nouvelles technologies avec le plan «Gabon Numérique» ambitionne non seulement de faire gagner des points de compétitivité au pays, mais aussi de lui permettre d’enjamber son retard de développement social et économique.
Une forte délégation gabonaise présidée par le ministre d’Etat et de l’Economie numérique Bilie-By-Nze Alain-Claude, devra d’ailleurs exposer la vision stratégique du Gabon pour le développement de la numérisation de l’administration et des services publics.

 

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