Economie

Energie: La SIE, nouvel incubateur de startups!

Par Nadia DREF | Edition N°:5222 Le 05/03/2018 | Partager
Une sortie honorable pour cette structure qui a frôlé la liquidation
Passation en cours avec l’AMEE qui devra récupérer le programme des mosquées vertes
Le retrait du capital de Masen toujours à l’ordre du jour
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Finalement, c’est Mustapha Bakkoury, président de Masen qui a remporté cette manche. Pour sa part, Ahmed Baroudi est dans les starting-blocks pour démarrer une nouvelle aventure (Ph. Bziouat)

Finalement la Société d’investissements énergétiques (SIE) ne sera pas liquidée! La tutelle lui a trouvé une nouvelle vocation qui sera entérinée lors du prochain conseil d’administration, prévu en juin prochain. La SIE jouera désormais le rôle d’incubateur de start-up dans le domaine énergétique, confie une source proche de la tutelle.

Accompagnement, mentoring, financement, exposition nationale et internationale… Le challenge est grand pour la SIE dirigée par Ahmed Baroudi qui a été vidée de son contenu! Le nouveau cahier des charges consistera à favoriser l’émergence d’un tissu entrepreneurial de start-up capable de monter en compétitivité pour décrocher les marchés.

Cet établissement public devra trouver des entreprises en amorçage, innovantes et à fort impact économique, social et/ou environnemental. Une initiative qui apportera une bonne alternative pour les TPE souvent livrées à elles-mêmes. Résultat: le taux d’échec de ces jeunes pousses est important.

Ce qui n’encourage pas l’entrepreneuriat surtout chez les jeunes dont le taux de chômage est en perpétuelle croissance. Autre frein et non des moindres: ce sont les grands opérateurs qui profitent uniquement des grands projets énergétiques structurants (solaire, éolien, hydraulique…). D’ailleurs, Mustapha Bakkoury, lors de sa dernière sortie médiatique a insisté sur le fait que les entreprises nationales et les PME «ne sont pas assez compétitives». 

Pour se concentrer uniquement sur sa nouvelle mission, la SIE ne s’occupera plus des projets de développement engagés dans l’efficacité énergétique. Concernant le programme des mosquées vertes, la passation est en cours avec l’Agence marocaine de l’efficacité énergétique (AMEE).

L’équipe Mouline récupère ce méga-chantier qui va être redynamisé, à son tour. Notons qu’auparavant, il y avait un chevauchement entre les deux entités sur ce programme. La SIE avait, d’ailleurs, lancé en décembre dernier des appels d’offres portant sur la mise à niveau de l’éclairage et de l’installation électrique de 240 mosquées à Kenitra, Témara et Salé pour un montant estimatif de 3,8 millions de DH.

S’y ajoute un marché de la rénovation des systèmes de l’éclairage, mise à niveau de l’installation électrique, fourniture et installation des chauffe-eaux solaires dans 90 mosquées de Rabat… Un marché estimé à 2,85 millions de DH.

Dans la foulée, la SIE amorce sa sortie du capital de Masen pour céder ses parts (25%) à l’opérateur public ONEE. Un divorce qui se fait dans la douleur, sachant que c’est la SIE qui représentait le bras financier de l’Etat pour la réalisation du mix-énergétique à l’horizon 2020. Cette mission relève désormais des prérogatives de Masen Capital, filiale de la super-agence, après un long bras de fer. (Cf. L’Economiste du 26 janvier 2018).

Une chose est sûre, cette reconfiguration du paysage énergétique permettra de délimiter les paramètres d’intervention des différents acteurs publics qui sont sommés par le Souverain de travailler en parfaite synergie. Un nouveau défi à relever par la tutelle.

Pour la petite histoire…

Depuis sa création en février 2010, la Société d’investissements énergétiques était l’investisseur de référence dans le cadre de la stratégie énergétique visant  la diversification des ressources, la promotion des énergies renouvelables et l’efficacité énergétique. La SIE dispose d’1 milliard de DH de capital provenant du Fonds de développement énergétique (FDE). Ce bras financier public se concentrait sur des projets de taille moyenne et grande. Il visait aussi la création de filiales et la prise de participations dans des sociétés opérant dans le secteur de l’énergie. Avant d’être écartée, la SIE apportait un soutien à de nouveaux modèles d’activité que les entreprises, à elles seules, ne pouvaient mettre en valeur. Des financements étaient accordés aux projets pionniers à partir de 2,5 millions de DH.

 

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