Entreprises

South Economic Women Initiative: Le digital pour jouer sur des marchés plus grands

Par Stéphanie JACOB | Edition N°:5221 Le 02/03/2018 | Partager
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Pour Asmâa Morine Azzouzi, présidente de l’Afem, la SEWI est une occasion «de montrer des exemples vivants de femmes qui ont saisi l’opportunité du digital pour aller de l’avant et amorcer des carrières absolument fabuleuses» (Ph. AMA)

C’est ce vendredi 2 mars que s’ouvrent les travaux de la 3e édition de la South Economic Women Initiative (SEWI). Organisé par l’Association des femmes chefs d’entreprises du Maroc, ce rendez-vous réunit des femmes du monde entier sous le thème du digital.

Autant d’opportunités pour celles qui sont au Maroc de créer des liens de business. Des débats, des connexions, des interventions, des ateliers vont rythmer la conférence, sans oublier la compétition d’idées entre jeunes étudiantes pour le «Hackaprojet». Explications avec la présidente de l’Afem, Asmâa Morine Azzouzi.

- L’Economiste: Pourquoi avoir choisi le thème du digital?
- Asmâa Morine Azzouzi:
C’est une actualité brûlante! Pour les entreprises classiques, qui n’ont pas encore amorcé leur transformation, il y a urgence. C’est tout simplement leur survie qui est en jeu. C’est vraiment le message que nous voulons faire passer. Si nous arrivons à convaincre celles qui n’ont pas encore pris la mesure du sujet, et qu’elles repartent, de la conférence, convaincues, c’est gagné. Leur donner aussi des pistes vers cette stratégie digitale, véritable opportunité pour développer leur entreprise, et voir l’avenir sous de meilleurs auspices. C’est tout particulièrement vrai pour les femmes, qui sont dans une dualité à maintenir un équilibre entre vie professionnelle et vie familiale. Aller vers une digitalisation de leurs activités, c’est plus de mobilité et l’accès à des marchés qui, jusque-là, étaient fermés.

- Il faut encore convaincre des atouts du digital?
- Il existe deux types d’entreprises. Celles qui agissent déjà dans l’innovation digitale et celles qui font de la résistance. Le Maroc, sur ce volet, enregistre un retard. Il est temps de mettre un coup de fouet et d’entrer de plain-pied dans cette nouvelle ère. Les plus de 40 ans ont du mal à aller vers le net, vers ces nouveaux outils et à penser globalement digital. Il faut qu’ils apprennent en marchant, nous n’avons plus le choix. Aujourd’hui, les écoles et les universités s’y mettent, même s’il faut encore amplifier le mouvement pour que dorénavant nous n’ayons plus que des jeunes axés digital, quelle que soit leur formation. Mais sans volonté claire d’investir dans ce sens au sein des entreprises, cela ne décollera pas. C’est ici que nous comptons agir, au moins auprès des femmes chefs d’entreprise et de celles qui veulent le devenir. La SEWI est une occasion de les sensibiliser à ce sujet et leur montrer des exemples vivants de femmes qui ont saisi l’opportunité du digital pour aller de l’avant et amorcer des carrières absolument fabuleuses.

- Comment se porte l’entrepreneuriat féminin au Maroc?
- Concernant l’entrepreneuriat structuré, c’est-à-dire les entreprises commerciales, nous sommes toujours à 10% de femmes chefs d’entreprise. Par contre, au niveau du statut d’auto-entrepreneur, nous sommes environ à 45%, ce qui est dû, à mon avis, à la souplesse de la formule. Les femmes autoentrepreneurs peuvent créer leur petite structure de chez elles, et ainsi gérer plus facilement vie privée et vie professionnelle. D’ailleurs, ces chiffres démontrent que ce n’est pas un problème de femmes qui n’ont pas envie d’entreprendre, mais plutôt un problème de difficultés d’accès à l’entrepreneuriat. Si l’envie, elles l’ont, nous voulons les faire grandir ces femmes, car elles sont en grande majorité confinées dans la TPE et le service. Nous voudrions en voir qui visent plus grand et vont jouer sur d’autres marchés. Qu’elles aient leur mot à dire et qu’elles pèsent dans la balance.

- Quelques mots sur cette 3e édition de la SEWI...
- Nous recevons cette année des femmes qui viennent du monde entier, d’Afrique, d’Europe et d’Asie, et avons un partenariat stratégique avec le ministère des MRE, qui invite 50 femmes chefs d’entreprise marocaines établies à l’étranger. Autant d’opportunités pour celles qui sont au Maroc de créer des liens de business. Ce genre de conférence a toujours du bon tant au niveau du networking que pour se créer par la suite des connexions de travail. C’est un maillage très positif. Nous recevons cette année Caroline Faillet, une grosse pointure en stratégie digitale en France, et Nadia Mensah-Acogny, qui s’occupe de dresser le tableau des femmes les plus influentes d’Afrique pour le magazine Forbes. Autant de femmes inspirantes qui, par leur autorité et leur expertise, peuvent nous influer positivement.

Propos recueillis par Stéphanie JACOB

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