Régions

Béni Mellal-Khénifra: La PME, un des piliers du développement régional

Par Jamal Eddine HERRADI | Edition N°:5220 Le 01/03/2018 | Partager
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Pour Brahim Moujahid, plus jeune président d’un Conseil régional dans le Royaume (40 ans), et aussi promoteur immobilier et homme d’affaires, la Région Béni Mellal-Khénifra dispose d’importants atouts pour poursuivre la dynamique de développement dans laquelle elle s’est engagée (Ph. JEH).

Combler les déficits en infrastructures, en eau potable, désenclavement, enseignement, santé, soutien à la PME... le président du Conseil de la Région de Béni Mellal-Khénifra et aussi de la CGEM-Région, Brahim Moujahid (élu du Parti authenticité et modernité et son coordinateur régional), est convaincu que tout développement de la région dépend avant tout de celui du monde rural. Pour lui, la première priorité reste donc son désenclavement.

- L’Economiste: Après près de deux ans et demi à la tête du Conseil de région, quel bilan d’étape faites-vous de cette première partie de votre mandat?
- Brahim Moujahid:
Notre démarche a été, dès notre élection, en octobre 2015, à la tête de cette région, d’établir en premier un diagnostic objectif et aussi précis que possible des besoins et des attentes des populations de chacune des provinces et communes qui relèvent de cette entité territoriale. Et cela dans tous les domaines d’activité. La nouvelle région étant devenue plus vaste, nous devions également prendre en charge les lourds engagements financiers et budgétaires des provinces de Khénifra et Khouribga qui ont été intégrées à la Région Béni Mellal-Khénifra. C’est dire que, depuis, la région fait face à de grands défis. Cela ne nous fait pas peur et notre première priorité a été, et reste, le désenclavement du monde rural en offrant à ses populations les moyens de bénéficier d’une vie décente. En d’autres termes, nous nous sommes, d’abord, attachés  à combler les déficits en infrastructures routières, en eau potable, en électricité, en établissements scolaires et également en services de santé. Et c’est parce que nous sommes convaincus que le développement de cette région est intimement lié à celui du monde rural que nous avons réservé à ce dernier 40% du budget régional. Une fois que nos priorités ont été identifiées, nous avons commencé à travailler sur la définition d’une vision stratégique qui a abouti à l’élaboration d’un plan de développement intégré pour toute la Région Béni Mellal-Khénifra. D’ailleurs, nous avons même fait appel à un bureau d’études pour nous assister dans la conception technique de ce projet.

- En quoi consiste cette stratégie que vous avez élaborée pour Béni Mellal-Khénifra?
- Nous sommes décidés à faire de Béni Mellal-Khénifra tout au long de notre mandat, soit donc à l’horizon 2021, une région à forte attractivité pour les investisseurs à travers une batterie de mesures leur offrant les meilleures conditions et opportunités nécessaires pour la réalisation et la concrétisation de leurs projets d’investissement. A commencer par l’aménagement du territoire, car nous croyons que cela constitue une base essentielle pour la réussite de tout investissement. Les problèmes liés au foncier, dans toutes ses formes, exigent l’élaboration et l’adoption d’une politique foncière en adéquation avec les spécificités de notre région. Surtout que l’extension des constructions menace directement les périmètres irrigués et tout l’espace agricole de la région.

- Quels projets d’infrastructure et de développement ont été retenus par le Plan de développement régional?
- Certes, nous avons lancé de grands projets stratégiques et des chantiers prioritaires qui constituent l’ossature même de notre feuille de route pour l’avenir. Je voudrais rappeler à ce titre la construction d’une voie express entre Béni Mellal et Fkih Ben Salah en direction de Khénifra, d’une route reliant Fkih Ben Salah-Boujaâd-Kahf  N’sour et Khénifra et d’une autre entre Béni Mellal et Tinghir à travers Azilal.
A signaler également le projet d’un agropôle dans la commune d’Oulad M’barak. Projet dont la réalisation est déjà bien avancée. Il est installé sur une superficie de 208 hectares et l’on s’attend à ce que l’investissement global dans ce projet atteigne les 3 milliards de DH. D’ailleurs, le Conseil régional a validé, en décembre dernier, le cahier des charges relatif au Fonds régional d’appui à l’investissement au niveau de cette plateforme industrielle intégrée au titre de la période 2017-2020. Il définit les modalités de versement d’une subvention de 200 DH/m2 avec un plafond de 1.000.000 de DH, pour l’acquisition du foncier dans l’agropôle.

- Quel peut être l’apport de la CGEM-Région, dont vous êtes le président, au développement de Béni Mellal-Khénifra?
- Ma préoccupation première en tant que président de la CGEM-région est de militer en faveur des PME pour renforcer leur compétitivité et en faire un pilier du développement  régional. Certes, les PME participent à la création de 50% des postes d’emploi. Toutefois, elles doivent encore faire face à de nombreuses contraintes, notamment les prix élevés et l’accès au foncier ainsi que les délais de paiement, les complications administratives et bancaires, l’insuffisance de la formation et de la main-d’œuvre qualifiée…
Aujourd’hui, au niveau de la Région Béni Mellal-Khénifra, nous voulons surmonter toutes ces contraintes à travers une vision claire et une stratégie bien définie. Notre objectif est d’arriver au moins à 60% du niveau de Casablanca d’ici 2020. Nous œuvrons donc à l’amélioration du climat des affaires, d’une part, et  à la création d’un pôle  de compétitivité régionale et d’un fonds d’investissement régional dédié à son accompagnement, d’autre part.

Franchir des pas supplémentaires

Un Plan de développement régional (PDR) avait été adopté en mars dernier par les conseillers régionaux. Un montant provisoirement fixé à 36,3 milliards de DH a été alloué à ce plan. Un investissement qui devrait permettre à la région de franchir des pas supplémentaires vers le développement intégré d’ici l’année 2021. Son élaboration s’est effectuée en trois étapes. D’abord, des réunions au niveau de chacune des cinq provinces relevant de la région (Béni Mellal, Azilal, Khénifra, Fkih Ben Salah et Khouribga). Objectif: recenser les besoins de chaque province et procéder à une première sélection des projets qui peuvent être intégrés dans le PDR. Ensuite, identifier les projets structurants pour la région dans sa globalité. Et, enfin, procéder au montage financier en identifiant les ressources institutionnelles et celles privées, nécessaires à sa réalisation.  Le Conseil régional participe à hauteur de 26% au budget global alloué au plan de développement. Soit donc 4,9 milliards de DH.

Propos recueillis par Jamal Eddine HERRADI

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