International

Croissance, inflation, politique budgétaire… Les pronostics de la Fed

Par Fatim-Zahra TOHRY Omar KETTANI | Edition N°:5220 Le 01/03/2018 | Partager
Une orientation économique renforcée
Il est très important de rester sur une voie budgétaire viable

C’est un tableau très optimiste de l’économie des Etats-Unis qu’a dressé le nouveau patron de la Banque centrale américaine Jerome Powell.  «Mon appréciation personnelle de l’orientation économique s’est renforcée depuis décembre», a estimé celui qui remplace Janet Yellen à la tête de la Fed.

L’économie américaine est marquée par une croissance forte dopée par «une politique budgétaire devenue plus stimulante». L’expansion du Produit intérieur brut (PIB) devrait s’établir à 3% cette année et 3,2% en 2019, selon les prévisions de la Maison-Blanche qui dépassent largement celles de la Fed datant de décembre (+2,1% en 2018).

Aussi, l’inflation devrait s’accroître cette année et se stabiliser autour de la cible de 2% de la Fed à moyen terme. L’inflation sur un an était à 1,7% en décembre. De leur côté, les salaires devraient croître à un rythme plus rapide.

Jerome Powell (républicain modéré, avocat d’affaires et ayant déjà passé cinq ans à la Réserve fédérale en tant que gouverneur) a relevé à plusieurs reprises que la politique budgétaire de l’administration Trump, avec les réductions d’impôts accordées aux entreprises notamment, est «devenue plus stimulante». Interrogé sur les perspectives d’aggravation du déficit budgétaire, il a juste rappelé qu’il «est très important de rester sur une voie budgétaire viable…».

L’inflation est l’une des données les plus difficiles à prévoir avec précision. «Les investisseurs ne devraient pas se concentrer sur de courtes séries de chiffres sur l’inflation, qui sont relativement volatiles et ne signalent pas l’émergence d’une nouvelle tendance», précise dans une note économique Christopher Dembik, responsable de la recherche macroéconomique de Saxo Bank.

«Il n’existe aucun problème d’inflation. L’IPC américain (indice des prix à la consommation) a augmenté parce qu’il est fortement influencé par les prix du pétrole. Mais l’indice de référence et le CPE  (l’indice des prix de base de la consommation des particuliers) sont conformes aux attentes», indique-t-il. 

Pour Christopher Dembik, «malgré les récentes turbulences du marché, il n’y a guère de consensus quant à la capacité globale de la Fed à mener plus de trois hausses cette année. Il est clair qu’une poignée de chiffres ne changera pas la stratégie de la Banque centrale». «Oui, l’inflation revient lentement», renchérit l’économiste qui expose la situation dans certains pays. Dans les pays du G7, l’IPC moyen se situe à 1,7%, mais ce chiffre est légèrement inférieur à février 2017 (1,8%).

Dans la zone BRICS + Indonésie, l’IPC moyen à 3,5%, reste proche de son plus bas niveau depuis la crise. L’inflation ne va donc pas changer la donne sur les marchés, du moins pas tant que l’IPC américain ne rentre pas dans la zone de risque comprise entre 3% et 4%. «Ce scénario est hautement improbable en raison d’une faible impulsion inflationniste et de facteurs structurels limitant la pression inflationniste», note le responsable.

Hausses de taux d’intérêt graduelles

Pour assurer les marchés, le successeur de Janet Yellen a indiqué que «la Fed allait poursuivre ses hausses de taux d’intérêt graduelles, peut-être même plus rapidement qu’anticipé». La Réserve fédérale tient une réunion monétaire dans trois semaines, les 20 et 21 mars.

 

Retrouvez dans la même rubrique

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc