Entreprises

Les ¾ des investissements en Afrique se font via CFC

Par Moulay Ahmed BELGHITI | Edition N°:5217 Le 26/02/2018 | Partager
La place financière de Casablanca abrite 144 entreprises couvrant 46 pays sur le continent
Le volume d’échange atteint les 3 milliards de dollars
La composante immobilière livrée fin 2018 avec la tour CFC de 27 étages
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Si, à ce jour, Casablanca Finance City n’a pas de présence physique à proprement dite (elle disposera de sa tour en fin d’année), la place financière a déjà pris une place importante en Afrique. Ces 144 pensionnaires réalisent au total 3 milliards de dollars d’échange avec le continent, soit l’équivalent de 74% des investissements marocains en Afrique

Programme chargé pour Casablanca Finance City Authority (CFCA) en 2018. Le promoteur et gestionnaire du centre financier de la capitale économique qui vient tout juste de se doter d’une nouvelle organisation resserrée autour de Saïd Ibrahimi, son DG, va inaugurer, en cours d’année, sa tour.

La place financière disposera donc enfin d’une véritable présence physique huit années après son lancement officiel. Constituant l’emblème de la place, la tour de CFC qui est constituée de 27 étages sera probablement livrée au 4e trimestre. Elle devra abriter, outre le siège de CFCA, les locaux de la Direction de la supervision bancaire de Bank Al-Maghrib ainsi que les plateaux bureaux d’une quinzaine d’entreprises CFC à peine sur les 144 qui ont le statut.

C’est ce qui explique en partie la création par CFCA de sa propre foncière qui se chargera de la construction de deux autres bâtiments mitoyens à la tour CFC de 7 à 8 étages qui permettront d’abriter les autres entreprises CFC. «Nous allons à travers cette foncière, que nous avons ouvert à plusieurs institutionnels, densifier la zone dans les 3 à 4 prochaines années au cours de la première phase», confie Saïd Ibrahimi.

Cette phase devrait permettre d’accueillir les sièges régionaux des grands groupes nationaux. Il y a BCP et CIMR qui ont déjà démarré leurs travaux puis Maroclear et Attijariwafa bank, qui vont prochainement lancer la construction de leurs bureaux régionaux. CFC y ajoutera probablement un 3e bâtiment dans le cadre de cette première phase qui devrait être livrée à l’horizon 2022.  

Ceci étant, CFC n’a fort heureusement pas attendu pour démarrer ses activités, bien au contraire. Depuis 2010 et la promulgation de la loi 44-10 relative à CFC, un long chemin a été parcouru et de nombreuses avancées ont été accomplies. A commencer par le cadre légal qui n’a eu de cesse d’évoluer.

Aujourd’hui, il est question d’élargir le statut CFC aux banques/holdings offshores et sociétés de négoce à travers l’intégration de la place Offshore de Tanger au périmètre de CFC. «Il s’agit d’harmoniser le positionnement par rapport à l’international, de permettre un pilotage de l’ensemble et puis élargir le scope des entreprises éligibles à CFC», explique Ibrahimi.

CFC est aussi parvenue à devenir un «catalyseur de réformes» pour la facilitation de l’environnement des affaires de ses membres. Cela a permis la mise en place de différents services comme la création d’entreprises en 48 heures, le guichet unique «doing business» pour la délivrance de contrat de travail en deux jours et la réalisation des formalités de légalisation des signatures et de certification de la conformité des copies au sein même des locaux de CFC. À ces avancées s’ajoute la possibilité de recourir à la médiation ou l’arbitrage du Casablanca International Mediation & Arbitration Centre.

Le centre économique et financier permet aussi depuis 2016 de contribuer à la croissance de l’économie. Aujourd’hui, l’écosystème CFC est fort de 144 entreprises de premier plan parmi lesquels Lloyd's, Bank of China, The Boston Consulting Group, Africa50, Clifford Chance ou Accor.

Majoritairement composées d’entités internationales (70%), elles ont réalisé près des ¾ des investissements du Maroc en Afrique, «soit l’équivalent de 3 milliards de dollars», confie-t-on auprès de CFCA qui note que ce montant a bondi de 80% par rapport à 2015. Mieux, les entreprises opèrent aujourd’hui sur la quasi-totalité du continent avec 46 pays couverts.

Autre axe sur lequel CFC se place comme accélérateur sont les partenariats. Déjà lié à Singapour, Londres, Luxembourg, Montréal, Paris, Astana et Busan, le promoteur de la place financière cherche à multiplier les partenariats avec d’autres centres financiers notamment en Malaisie pour la finance participative, à Abu Dhabi et en Chine.

Ces partenariats comprennent le partage d’expertise dans de nombreux domaines comme les fintechs, les marchés dérivés, le développement des marchés de capitaux ou encore la finance verte. Un domaine qui forme une orientation clé de la place financière de Casablanca pour l’avenir puisqu’elle se définit comme un «centre financier vert».

Elle a même été un membre fondateur et le premier centre africain à rejoindre le Réseau international des places financières vertes et de la finance durable, dont le lancement a eu lieu à Casablanca fin septembre 2017.

Bourse: Le moteur est grippé

Il semble qu’aujourd’hui, la Bourse de Casablanca ne répond pas à sa mission de promotion de la place financière de Casablanca. Elle n’arrive toujours pas aujourd’hui à attirer beaucoup d’investisseurs étrangers compte tenu de son classement en Frontier Market, d’autant plus que la palette des produits qu’elle propose est très restreinte. La réforme du marché des capitaux tente de solutionner tous ces maux mais elle tarde à être adoptée. «Cela prend du temps mais le moteur est grippé», constate amèrement Ibrahimi.

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