Régions

Benhima: Casablanca, une ville «clocharde»

Par Omar KETTANI | Edition N°:5214 Le 21/02/2018 | Partager
Plus Calcutta que Barcelone, selon l’ex Wali
Entre anarchie, service public défaillant et ruralisation…
Déperdition du patrimoine culturel de la ville blanche
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Driss Benhima: «Faire de la ville un endroit où il est agréable de vivre doit être l’objectif de tout conseil municipal.» (Ph. L’Economiste)

Perte d’identité culturelle, service public défaillant, désorganisation...  Ce sont quelques-uns des problèmes auxquels doit faire face la ville blanche. Remettant au goût du jour les thématiques ayant ponctué son mandat, l’ex-wali de Casablanca Driss Benhima remet en question la politique de la ville de Casablanca(1).

Perdant peu à peu son identité culturelle, Casablanca mène, selon lui, une vie «clocharde», ignorant totalement où elle se trouve et où elle se dirige. Cette déperdition culturelle s’illustre notamment par la détérioration du patrimoine qui fait sa singularité.

À ce propos, l’ex-commis de l’Etat regrette que des sommes colossales soient investies pour la construction et l’aménagement d’ouvrages d’art, voiries… Sans pour autant allouer une partie à la restauration du patrimoine casablancais. «Réussir la politique de la ville revient à réussir à recréer une centralité et une identité faite par le partage d’un patrimoine», explique Benhima.

La désorganisation est le second point noir de la métropole. Elle est due, selon Benhima, à trois principaux facteurs: la décentralisation, la gestion déléguée du service public et l’urbanisation galopante. Mal opérées, la décentralisation et la gestion déléguée du service public placent le sort de la ville aux mains d’élus manquant à leurs obligations.

Le taux d’urbanisation est pour sa part passé de 30% en 1960 à plus de 63% en 2017. Ce mouvement des populations vers la ville s’est traduit par une ruralisation du milieu urbain. Conséquence: «on est plus proche de Calcutta que de Barcelone», soutient l’ex-wali de Casablanca (2001-2003).

La réussite de la politique de la ville doit être le fer de lance des élus. À cet effet, Benhima met en avant deux concepts: la réussite matérielle et immatérielle. Il explique la réussite matérielle par une action visant à doter la ville d’espaces verts et d’endroits publics où les citoyens peuvent se rendre en toute sécurité.

La réussite immatérielle dépend, quant à elle, de 5 critères à savoir: améliorer le vivre ensemble, une meilleure qualité de vie, la conscience d’appartenir à la même communauté, une identité culturelle collective et un patrimoine commun.

Avec le slogan «We Casablanca», les autorités entendent faire de la ville blanche un lieu touristique de premier ordre. D’ailleurs, Casablanca a enregistré plus de 2 millions de nuitées en hôtels classés en 2016.

 

 

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