Régions

Charivari autour du Programme «Rabat ville lumière»

Par Noureddine EL AISSI | Edition N°:5213 Le 20/02/2018 | Partager
Les élus de la FGD contestent la gouvernance du chantier
Ils saisissent la Cour des comptes pour l’ouverture d’une enquête
Opacité des marchés, projets inutiles, marginalisation de certains élus…les reproches

Relents de conflit au dernier conseil de la commune de Rabat. Les élus de la Fédération de la gauche démocratique (FGD) qui pointent du doigt la gouvernance du programme intégré de développement (Rabat ville lumière  2014-2018), cherchent des explications aux «manquements» qu’ils ont constatés.

«En l’absence de réponse du wali et du maire sur plusieurs dysfonctionnements constatés dans ce programme, nous étions dans l’obligation de saisir la Cour des comptes pour l’ouverture d’une enquête», lance Omar Balafrej, parlementaire de la FGD et également membre du conseil de la ville de Rabat.

Premier reproche, «la marginalisation des élus dans la préparation et le suivi de ce programme», «ce qui rend difficile le devoir de réponse, face aux interrogations des citoyens», indique Omar El Hyani, membre de la FGD et élu au sein du conseil de la capitale.

Ce dernier soulève le manque de transparence dans l’adjudication des marchés réalisés dans le cadre de ce programme piloté par l’Agence Rabat région aménagement. «Les résultats des appels d’offres ne sont pas publiés sur le portail des marchés publics comme l’exige la loi», constate El Hyani. Ce dernier conteste la procédure d’attribution de nombreux marchés à trois entreprises dont deux appartiennent à deux présidents de région et l’autre à un ex-wali et ministre.

La Fédération de la gauche démocratique soulève aussi la programmation des projets coûteux mais  non prioritaires. A ce titre, El Hyani rappelle la réfection de trottoirs existants en bon état dans les zones des quartiers Hassan et Hay Ryad, alors que d’autres quartiers à Youssoufia et à Yakoub Al Mansour en sont dépourvus.

Profitant de l’occasion, Balafrej rejette la responsabilité de la mauvaise gestion de la capitale aussi bien à la majorité dirigée par le maire pjidiste, Mohamed Sadiki qu’à l’opposition conduite par le PAM. Il conteste également la position ambiguë de tous les élus du PJD de ce programme: «favorable officiellement et critique dans les coulisses».

Le Maire ne cache pas sa désapprobation quant à ces premiers pronostics qu’il considère comme incomplets. «Il faut tout d’abord attendre la fin des travaux de l’ensemble des projets pour procéder à une évaluation sérieuse de ce programme», rétorque-t-il.

Toutefois, en tant que membre du conseil d’administration de l’agence, il reproche certains choix effectués particulièrement en matière d’éclairage public. Le montant de la facture s’établit aujourd’hui  à 85 millions de DH contre 45 millions de DH auparavant, explique le maire.

Les explications de l’agence

Face aux reproches des élus de la FGD, des précisions ont été apportées par l’Agence Rabat région aménagement. En ce qui concerne la transparence des marchés, l’agence rejette les reproches des élus de la FGD en confirmant que les résultats des appels d’offres sont publiés sur le portail des marchés publics et que l’adjudication des marchés se fait conformément à la réglementation en vigueur. En ce qui concerne l’avancement du programme, on apprend que le taux d’engagement en projets avoisine 70% pour un montant d’investissements d’environ 6 milliards de DH. Les 30% des projets restants seront lancés avant fin 2018, avance une source de l’agence. Ce qui permet d’avancer que 25% des projets sont achevés et 45%  en chantier. En matière de marginalisation des élus, l’agence rappelle qu’elle n’a pas cessé d’organiser des réunions avec les élus de la commune et ceux des arrondissements.

 

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