Culture

Livre: Le «Micro se libère» ou l’histoire de la radio

Par Amine BOUSHABA | Edition N°:5211 Le 16/02/2018 | Partager
L’auteur Ahmed Aloua y relate son expérience
Entre radio unique et libéralisation des ondes
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L’auteur, Ahmed Aloua, cumule près de deux décennies dans la presse radiophonique et nous livre un témoignage précieux sur la libération des ondes au Maroc (Ph. Atlantic)

C’est l’histoire d’une transition, entre une radio nationale «vénérable et fermée sur elle-même» et une «révolte et libération des radios privées» que nous propose Ahmed Aloua, homme des médias et rédacteur en chef-adjoint d’Atlantic radio. «Le micro se libère», édité chez  Edisoft, est son dernier ouvrage, présenté lors de la 24e édition du salon International de l’Edition et du Livre (SIEL).

Le livre traite de l’incroyable aventure de la libéralisation des ondes au Maroc, entamée  depuis 2006. Ahmed Aloua, qui cumule près de deux décennies de journalisme radio, nous livre un témoignage de l’intérieur, truffé d’anecdotes, de détails croustillants, de moments historiques, de déceptions et de frustrations  aussi. L’auteur y évoque, avec nostalgie, sa collaboration avec l’antenne casablancaise, de la radio nationale, où  il a officié pendant de longues années en animant plusieurs émissions littéraires.

Aloua  n’omet pas de rendre hommage aux pionniers de la radio qui l’ont soutenu pendant cette période. Une période  qu’il qualifie d’«intense culturellement» et qui lui a permis de rentrer en contact avec le microcosme littéraire et intellectuel,  bouillonnant, créatif, rebelle et ayant une conscience politique aiguë.

«Inviter des écrivains, des penseurs, qui étaient, notoirement interdits d’antenne, et pour qui, la maison de «Ain Chock, était une forteresse imprenable,  pour discuter le plus librement de leurs œuvres souvent contestataires, a été l’une des expériences les plus constructives de ma carrière», se souvient Aloua.  «Nul avertissement, nul blâme, n’est venu entraver mon travail», précise l’auteur. Mais le véritable sursaut réside dans l’avènement des radios privées en 2006.

Ahmed Aloua n’hésite pas à parler de révolution dans le paysage audiovisuel national. Une révolution technologique d’abord avec le passage au numérique et la disparition des vieux magnétophones et de leurs bandes magnétiques au profit des logiciels. «Un miracle» selon l’auteur, mais qui ne va pas sans la disparition physique, de milliers de bandes contenant  des trésors d’informations historiques, sociales et culturelles, faute de politique de sauvegarde.

La révolution a été également dans la liberté de ton, la pertinence de l’information, la libre antenne accordée aux auditeurs et le vent de fraîcheur qu’ont  apporté les nouvelles radios. L’auteur excuse les erreurs de départ, les dépassements et la non maîtrise d’antenne, les approximations du début et retient les grands moments historiques que ces mêmes radios ont accompagnés: les attentats de Casablanca de 2007, le printemps arabe, le mouvement du 20 février, l’annonce de la nouvelle Constitution… 

Né en 1971 à Casablanca, Ahmed Aloua en plus de son travail au sein des radios, a collaboré avec plusieurs publications quotidiennes et périodiques. Il est également l’auteur d’une œuvre littéraire, publiée en 2004 soue le titre «L’homme qui gardait la mer».

 

 

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