Competences & rh

Auto-entrepreneuriat: Les ficelles pour réussir

Par Karim Agoumi | Edition N°:5208 Le 13/02/2018 | Partager
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Ismail Lahsini est le coach officiel de l’émission «Ana Maak» diffusée chaque lundi sur 2M. Il a conduit ces dernières années plusieurs importants programmes entrepreneuriaux au Maroc ainsi qu’à l’étranger. Enseignant l’innovation au programme du Master Entrepreneuriat de l’Université Hassan II, Lahsini a par ailleurs co-fondé Financiny, une plateforme qui facilite l’accès aux financements des petites entreprises (Ph. D.H.)

Les participants de l’émission «Ana Maak», dont la seconde saison vient de débuter sur 2M, seront encadrés par le coach de renom Ismail Lahsini. Le mentor, qui a déjà participé au lancement et au développement de plus de 500 petites entreprises,  a accepté de nous livrer les ficelles pour réussir son propre projet entrepreneurial.

L'Economiste: Qu’est-ce qui caractérise les entrepreneurs actuels? Sont-ils dotés de compétences et de qualités suffisantes pour que leur expérience soit qualifiée de «réussie»?
- Ismail Lahsini:
Les profils des entrepreneurs au Maroc sont très diversifiés. Bon nombre d’entre eux le sont tout d’abord par nécessité et «subissent» cette situation. Cela signifie qu’ils ont opté pour  cette voie après avoir épuisé toutes les autres pistes professionnelles. Une expérience qui se solde le plus souvent par un échec et par un faible gain financier, la capacité à entreprendre et à prendre des risques étant dans la plupart des cas au rang des abonnés absents. Ainsi, d’après la Banque mondiale, plus de la moitié des entrepreneurs vit sous le seuil de pauvreté. Un accompagnement spécifique et adapté s’avère alors nécessaire pour insuffler à cette population un esprit créatif et aiguiser leurs compétences techniques. Autre profil présent, l’entrepreneuriat par vocation commence à gagner de plus en plus d’adeptes. Une population généralement composée de cadres cherchant à travailler pour leur propre compte. Dotés d’une réelle connaissance du marché et d’un important capital social développé au fil des ans, ces derniers deviennent entrepreneurs par choix et comptent sur leur maîtrise du métier pour percer dans le domaine.

- Quels sont les pièges et les écueils à éviter lorsqu’on s’aventure dans la création de petites structures?
- Plusieurs pièges guettent les jeunes créateurs de TPE au sein du Royaume. Le plus dangereux demeure à mon avis l’isolement. En effet, s’enfermer dans son bureau ne constitue pas la meilleure approche pour démarrer son entreprise dans de bonnes conditions. Il faut au contraire s’entourer d’un réseau actif de startupers et prendre part à des évènements de Networking. Un moyen efficace de saisir de juteuses opportunités d’affaires. Autre erreur souvent commise, lancer un produit dont personne ne veut. Au lieu de perdre son énergie à benchmarker des idées innovantes mais inutiles, mieux vaut déterminer les besoins réels des futurs clients. Enfin, attention à ne pas surestimer ses revenus potentiels lors des premiers mois d’activité. Recourir aux services d’un expert comptable s’avère dans ce sens essentiel pour structurer financièrement sa petite entreprise et la doter des outils de gestion et de suivi nécessaires.

- De plus en plus de jeunes entrepreneurs lancent leur TPE au Maroc. Que leur conseillez-vous pour réussir cette expérience?
- Les jeunes entrepreneurs doivent créer leur propre «Tribu» et idéalement mettre la main sur un mentor pour les guider comme il se doit. Il faut également adopter la stratégie dite d’«océan bleu», laquelle consiste à fuir les marchés trop saturés. Mais, avant tout, un bon startuper doit apprendre à faire preuve d’humilité tout en restant ambitieux.

Propos recueillis par Karim AGOUMI

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