Régions

Fès-Urbanisme: El Azami veut réviser le plan d’aménagement

Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5208 Le 13/02/2018 | Partager
Le maire prône «le respect des lois, pas l’extorsion»
Le SGG a rejeté la copie proposée par Hamid Chabat
La ville évolue d’une manière anarchique depuis 10 ans
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Le futur plan d’aménagement de l’agglomération de Fès devrait mettre à niveau plusieurs quartiers de la ville de Fès. Ci-contre, une partie du quartier Sidi Boujida qui mérite une véritable restructuration (Ph YSA)

Driss El Azami El Idrissi a ouvert, hier, le très épineux dossier du plan d’aménagement (PA) de la ville de Fès. C’était lors des travaux de la session ordinaire du conseil communal, au titre du mois de février. Tant attendue, l’actualisation de ce plan permettrait au premier responsable de la ville de mettre fin aux actions spéculatives. D’un pied ferme, le maire PJD de Fès entend assurer une gestion harmonieuse du périmètre urbain.

A noter que depuis son élection en octobre 2015, El Azami autorisait les constructions sous l’ancien plan d’aménagement. Certes, la «rigueur» imposée par la nouvelle équipe n’est pas du goût de tous les promoteurs. Mais, elle a instauré des normes, sans lesquelles, le Conseil rejette toute demande de lotir ou de construire.

Du coup, le secteur du bâtiment a nettement régressé et plusieurs opérateurs parlent d’une crise sans précédent. Celle-ci serait due au «manque de flexibilité» de la part des dirigeants de la ville. Le maire, lui, se défend en insistant sur le respect des lois en vigueur et la légalité. «Je ne pratique pas l’extorsion. Je suis plutôt dans une logique de droit et de respect des lois», expliquait-il.

Pour rappel, la proposition du plan d’aménagement soumise à l’appréciation du Secrétariat général du gouvernement, en juillet 2015 (du temps de l’ancien maire, Hamid Chabat), a été rejetée. Ainsi, le Conseil communal devrait proposer une nouvelle copie. Laquelle mettra de l’ordre dans la gestion des zones urbanisables. Pour les responsables de la ville, le futur plan d’aménagement permettra la promotion de la qualité architecturale, technique et environnementale des constructions.

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En l'absence d'un nouveau plan d'aménagement, et surtout après le rejet par le SGG de la copie proposée en 2015, la ville de Fès continue son urbanisation grâce à un document expiré il y a 10 ans. Résultat: une évolution anarchique des constructions. Ci-contre des immeubles au quartier Jnanate concentrant une forte densité et des problèmes sociaux  (Ph YSA)

Il veillera également à une harmonie architecturale et surtout au respect du futur code de la construction et celui de l’urbanisme. Il s’agira aussi de dessiner les grandes options de l'aménagement de la ville. Signalons que le dernier plan d’aménagement urbain de Fès a expiré en 2008. Et depuis, l’extension de la ville s’est faite via des schémas temporaires, voire des dérogations. Résultat: «en 10 ans, la ville a grandi d’une manière anarchique», critiquent les urbanistes.

Ces derniers regrettent la perte d’une bonne partie de la trame verte de 2.000 ha, proposée par le plan d’aménagement, mais «massacrée» par les spéculateurs. En tout cas, le futur PA devrait prévoir des outils de concertation pour s’adapter aux mutations et aux demandes imprévisibles. Sans oublier le respect du futur code de la construction et celui de l’urbanisme.

Bref, il est recommandé d’encadrer le secteur. D’autant plus que la ville de Fès n'a pas beaucoup de réserves foncières. Avec l'extension de l'urbanisme, les rares terrains domaniaux qui restent servent aux opérations de résorption de l'habitat insalubre.

Il reste les terrains collectifs qui existent au niveau de la périphérie de la ville de Fès, notamment à Aïn Chkef, Aïn Beida et Oulad Taib. C’est dans ce sens qu’intervient, peut-être, la récente tentative du ministère de l’Intérieur de récupérer ces terres.

Limiter la spéculation

Dans les banlieues de la ville de Fès, près de 1.500 hectares se trouvent aujourd'hui entre les mains de spéculateurs qui proposent des terrains nus entre 6.000 à 10.000 DH le m2. Avec la réalisation d’un nouveau plan d’aménagement, l’autorité locale mettra certainement fin à cette situation. Elle devrait aussi délimiter des lots pour les équipements publics et les espaces verts. Son but est aussi d'arrêter la mauvaise prolifération du développement urbain. Ce faisant, le plan engagera le développement de la ville sur les 10 années à venir. Il épousera l'existant, puisque ce dernier ne correspond plus à aucune norme, et préparera le terrain à l'éventuelle extension de la ville.

De notre correspondant permanent, Youness SAAD ALAMI

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