International

Les détails du programme d’Angela Merkel IV

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5207 Le 12/02/2018 | Partager
Les voisins français ravis de la nouvelle coalition, mais…
La répartition des postes ministériels divisent
Le Maroc et l’Allemagne, aussi deux partenaires
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La France s’est félicitée d’avoir de nouveau un partenaire solide en Allemagne après le pacte gouvernemental conclu entre la chancelière Angela Merkel et les sociaux-démocrates. Paris et Berlin comptent parmi les principaux partenaires commerciaux du Maroc. Plusieurs entreprises allemandes briguent le marché marocain.

Les énergies renouvelables, le marché de l’environnement et la construction font notamment partie des grands secteurs porteurs de croissance et d’emploi. L’Allemagne demeure aussi un marché prometteur pour les exportateurs marocains de fruits et légumes (cf. notre édition N° 5206 du vendredi 9 février 2018).

■ Un accord mais à quel prix: L’accord de coalition gouvernementale s’est fait au prix de trop nombreuses concessions, ce qui a valu à la femme la plus puissante du monde (selon Forbes) des critiques au sein même de ses troupes. Angela Merkel et les sociaux-démocrates s’attellent à la répartition des postes ministériels dans le prochain gouvernement qui pourrait entrer en fonction en mars. Aux dernières nouvelles, le chef du parti social-démocrate allemand Martin Schulz a annoncé renoncer à devenir ministre des Affaires étrangères.

■ Réévaluation à mi-mandat législatif: Contrairement aux deux précédents gouvernements, le pacte gouvernemental prévoit une réévaluation à mi-mandat législatif, soit au bout de deux ans. C’est une revendication des sociaux-démocrates pour se donner la possibilité de sortir de cette alliance et provoquer probablement des élections anticipées.

■ Renforcer financièrement l’UE: C’est par un chapitre intitulé «Un nouvel élan pour l’Europe» que démarre le contrat de coalition. La France et l’Allemagne veulent en faire la priorité après des mois de quasi-silence sur le sujet à Berlin. Le texte, cité par l’agence AFP, accepte d’augmenter la contribution de l’Allemagne au budget de l’UE. Il est question de renforcer financièrement l’Union pour qu’elle puisse mieux assurer ses tâches. Le document prévoit de renforcer la zone euro pour la rendre plus résistante aux crises. Il soutient prudemment une des idées les plus controversées d’Emmanuel Macron: «La création d’un budget d’investissement de la zone euro pour aider à sa stabilisation et soutenir les réformes structurelles». Berlin veut aussi créer un Fonds monétaire européen.

■ Migration: L’accord paraît favorable aux conservateurs. Ces derniers ont imposé de fixer une limite au nombre de demandeurs d’asile arrivant annuellement dans le pays, entre 180.000 et 220.000. L’arrivée de plus d’un million d’entre eux depuis 2015 a contribué à faire monter l’extrême droite et à fragiliser Angela Merkel. Le regroupement familial, suspendu depuis début 2016 pour les centaines de milliers de réfugiés bénéficiant d’un statut temporaire, va pouvoir reprendre en août, ce que le SPD (le Parti social-démocrate) voit comme une victoire. En réalité, le nombre est symbolique: un plafond mensuel de 1.000 personnes a été fixé.

■ Economie et protection sociale: Un compromis a pu finalement être trouvé sur les deux exigences du Parti social-démocrate qui longtemps ont bloqué les négociations: «Réduction des inégalités dans la santé avec un rapprochement des tarifs payés aux médecins par les caisses d’assurance-maladie publiques et privées». En outre, le recours aux contrats de travail à durée déterminée sera plus strictement encadré. Pour le reste, les caisses de l’Etat n’ont jamais été aussi remplies avec une marge de manoeuvre budgétaire de quelque 45 milliards d’euros. Mais l’objectif reste de conserver un budget à l’équilibre. Là aussi, le Parti social-démocrate (qui prônait une plus grande justice sociale) n’a obtenu que très partiellement gain de cause.

■ Fiscalité, climat…: Sur le plan fiscal, le document précise qu’il n’y aura pas d’augmentations d’impôts pour les plus aisés contrairement à ce que voulait le SPD. Ce dernier dans le même temps, qui hérite du ministère des Finances, veillera à éviter des baisses d’impôts. En Allemagne, les deux grands partis se sont mis d’accord pour encadrer l’augmentation des cotisations retraites jusqu’en 2025. Sur le climat, la coalition entérine l’abandon de son objectif de réduire ses émissions en 2020 de 40% par rapport au niveau de 1990.

 

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