Politique

PJD: El Othmani toujours «écrasé» par Benkirane

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5202 Le 05/02/2018 | Partager
L’ex-SG vedette de la jeunesse du parti
Il tire à boulets rouges sur la majorité et met le chef du gouvernement dans l’embarras
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Au moment où Saâdeddine El Othmani essuyait les critiques des jeunes du PJD, Abdelilah Benkirane était en terrain conquis, au point de paraître comme le véritable patron de cette formation. Benkirane a exhorté le chef du gouvernement à «ne pas se soumettre à la volonté des composantes de la majorité au détriment des valeurs du parti» (Ph. Bziouat)

Aaprès une période de retrait, Abdelilah Benkirane est revenu au devant de la scène à l’occasion du Congrès national de la jeunesse du PJD, le week-end dernier. Au point de voler la vedette à Saâdeddine El Othmani, chef du gouvernement et secrétaire général du parti.

Benkirane n’a pas hésité à réagir aux slogans scandés par les congressistes, annonçant qu’il est «prêt à revenir si le peuple le veut»! En face, El Othmani semblait être sur la défensive, sa cote de popularité étant en net recul auprès des jeunes de son parti. L’actuel chef du gouvernement s’est montré conciliant face aux critiques adressées à son gouvernement par les congressistes. Il a estimé que c’est un «signe de la liberté d’expression au sein du PJD».

Le nouveau SG de la jeunesse de cette formation, Mohamed Amekraz, élu en remplacement de Khalid Boukarai, a employé le même discours de Benkirane, promettant de combattre «l’hégémonie» (Tahakkoum). De son côté, l’ex-chef du gouvernement a aussi repris ses déclarations tonitruantes, tirant à boulets rouges sur les partis de la majorité, dévoilant des clashs avec des ministres de son équipe, notamment Rachid Benmokhtar, ex-ministre de l’Education nationale.

Une situation qui semble compliquer la tâche d’El Othmani, dont la cohésion de la majorité semble encore fragile. D’autant que Benkirane n’a pas hésité à critiquer les ambitions du RNI de gagner les prochaines élections. Il a aussi attaqué l’USFP, rappelant que le PJD, avec 125 sièges, «ne peut pas se soumettre à la volonté d’un parti qui a difficilement mis en place un groupe parlementaire». L’ex-chef du gouvernement semble avoir rompu sa période de retraite, au point de paraître comme le véritable patron du PJD.

Dans sa diatribe contre les alliés de son parti, il a exhorté El Othmani à «ne pas se soumettre à la volonté des formations de la majorité au détriment des valeurs du PJD». Les relations avec le Roi ont été également au centre de l’intervention de Benkirane.

Il a avancé que la «position du parti vis-à-vis de la monarchie est inaliénable». S’adressant à El Othmani, il a annoncé: «Si le Roi vous demande de dissoudre le parti, nous allons le faire. Nous sommes monarchistes, mais pas makhzéniens».

 

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