Economie

Dialogue social: Les syndicats menacent de reprendre les hostilités

Par Khadija MASMOUDI | Edition N°:5201 Le 02/02/2018 | Partager
L’UMT brandit la carte des grèves sectorielles et générales
Le dialogue social est dans l’impasse
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A trois mois du 1er mai, les syndicats n’ont aucune visibilité sur le dossier revendicatif. Ils craignent une nouvelle «année blanche» et la perte de crédibilité auprès de leurs adhérents (Ph. Jarfi)

Le dialogue social est en train de tourner en rond. Près d’un mois après les réunions entre les syndicats, la CGEM et le ministère de l’Emploi chargé de mener les discussions sur ce volet, aucun schéma de la méthodologie à suivre n’a été fixé. Le gouvernement prend son temps et les syndicats s’impatientent.

Deux voies sont possibles: «soit le gouvernement fixe rapidement la méthodologie du travail et passe au contenu, soit il prendra plus de temps et nous allons nous retrouver dans une nouvelle impasse», affirme une source proche du dossier.
Les syndicats alertent sur la dégradation du climat social et rejettent la responsabilité sur le gouvernement.

«Le gouvernement ne croit pas aux vertus du dialogue social. Celui-ci est relégué au second plan», déplore Miloudi El Mokharek, secrétaire général de l’UMT. Il accuse aussi le gouvernement El Othmani de violer «les conventions internationales sur le dialogue social».

Pour des syndicats, la méthodologie de travail est simple et ne nécessite pas des délais aussi importants. Des commissions thématiques pourraient être rapidement constituées. L’UGTM, par exemple, propose aux organisations syndicales de s’accorder sur «un cahier revendicatif unifié». 

L’UMT, elle, estime qu’il faut travailler sur trois axes. Le premier devrait se concentrer sur le volet amélioration des revenus à travers notamment une hausse des salaires, la refonte de la grille IR, la revalorisation des indemnités ainsi que des allocations familiales. Le deuxième ciblerait l’application des lois sociales en particulier le code du travail. «Nous devons également prendre des mesures urgentes pour lutter contre le travail non déclaré», souligne un syndicaliste.  

Un troisième axe devrait être dédié à la concertation par rapport à la loi organique sur le droit de grève. Ce texte, qui a pris du retard, fait l’objet de critiques de la part des syndicats. Ces derniers n’arrivent pas à digérer la démarche adoptée par le gouvernement: la validation du projet et son dépôt au Parlement sans concertation préalable.

«C’est une loi organique qui doit édicter les principes généraux. Nous n’y sommes pas opposés. Or le texte déposé au Parlement aborde des détails qui constituent une ingérence dans le travail des syndicats», constate le patron de l’UMT. 

Cette centrale syndicale menace de «reprendre les armes»: «Nous n’allons pas rester les bras croisés. Nous allons déployer tous les moyens pour réaliser nos revendications. Cela va de l’envoi de mémorandums à des grèves au niveau sectoriel, voire à l’organisation de grèves générales».

 

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