International

Les Kurdes boycottent le Congrès de Sotchi

Par Tilila EL GHOUARI | Edition N°:5197 Le 29/01/2018 | Partager
En cause, les attaques turques à Afrine, au nord-ouest de la Syrie
Des offensives qui se poursuivent depuis le 20 janvier
turquie_syrie_097.jpg

Afrine, enclave kurde du nord syrien, est la cible d'une offensive turque depuis plus d'une semaine

Après un nouveau tour infructueux de pourparlers avec le régime de Damas sous l'égide de l'ONU, l’opposition a annoncé son boycott du Congrès de Sotchi. «Le régime mise sur une solution militaire, il ne montre pas de volonté d'engager une négociation politique sérieuse», explique Nasr Hariri, le négociateur en chef du Comité des négociations syriennes (CNS), qui représente les principaux groupes d'opposition.

Convoqués par la Russie, les Kurdes, opposants au régime du président syrien Bachar al-Assad, refusent de participer à  la réunion du dialogue sur la paix en Syrie qui démarre aujourd’hui. Ces pourparlers visent à réunir des représentants du gouvernement et des rebelles syriens, à l'initiative de Moscou et Téhéran, alliés du régime de Damas, et d'Ankara, soutien des rebelles.

«Nous avions précisé auparavant que si les offensives persistaient à Afrine, au nord-ouest de la Syrie, nous ne pourrions pas être présents à Sotchi», a déclaré Fawza Youssef, un des responsables des autorités kurdes. «La Turquie et la Russie sont les garants de Sotchi et ces deux pays se sont mis d'accord sur Afrine (aux dépens des Kurdes), ce qui contredit le principe même de dialogue politique», indique-t-il.

Cette initiative est considérée avec méfiance par les chancelleries occidentales, qui soupçonnent le Kremlin de chercher à contourner le processus onusien. Ce que Moscou dément. Le Congrès de Sotchi souhaite réunir quelque 1.600 participants. Toutefois, avec l’absence de la majeure  partie de l’opposition, sa légitimité semble compromise.

A Afrine, les bombardements ont repris de plus belle hier. La Turquie essaye de briser les lignes d'une milice kurde syrienne alliée des Etats-Unis, sommés par Ankara de se retirer d'une ville du nord de la Syrie. Même avec les tensions croissantes entre la Turquie et Washington, deux alliés au sein de l'Otan, le président Recep Tayyip Erdogan s'est dit résolu à «poursuivre l'offensive et même à l'élargir vers l'est», notamment à Minbej, où Washington a déployé des militaires.

Depuis une dizaine de jours, la Turquie conduit des attaques à Afrine, contre la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG) qu'Ankara qualifie «d'organisation terroriste». Cette offensive turque, qui a démarré le 20 janvier dernier, a déjà coûté la vie à cinq soldats turcs, d'après l'état-major, tandis qu’une quarantaine ont été blessés. Selon l'Observatoire syrien des droits de l’homme, 69 rebelles soutenus par Ankara et 66 combattants kurdes ont été tués dans ces affrontements.

Plusieurs pays, dont l'Allemagne et la France, ainsi que l'Union européenne, ont manifesté leur inquiétude face à l'intervention turque qui complique davantage la situation en Syrie, où la guerre a fait plus de 340.000 morts depuis 2011.

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc