Société

Amérique latine Herzenni décortique les vagues de libération

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5196 Le 26/01/2018 | Partager
L’ambassadeur itinérant était l’invité de l’Académie du Royaume
Il a mis l’accent sur l’apport des courants de pensée dans ce processus d’indépendance
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Quel est l’apport de l’Amérique latine dans la pensée de libération mondiale? C’est à cette question qu’a tenté de répondre Ahmed Herzenni, ambassadeur itinérant de SM le Roi, lors de son intervention à l’Académie du Royaume, mercredi dernier. L’ex-président du Conseil consultatif des droits de l’homme était l’invité du cycle préparatoire de la 45e session de cette institution.

Quel est l’apport de l’Amérique latine dans la pensée de libération mondiale? C’est à cette question qu’a tenté de répondre Ahmed Herzenni, ambassadeur itinérant de SM le Roi, lors de son intervention à l’Académie du Royaume, mercredi dernier. L’ex-président du Conseil consultatif des droits de l’homme était l’invité du cycle préparatoire de la 45e session de cette institution.

Il a mis l’accent sur les différents courants de pensée ayant marqué les vagues de libération de ce continent. L’ambition d’indépendance et d’unité de la fin du 19e siècle a été rapidement rattrapée par l’impact de la doctrine Monroe, qui plaçait l’Amérique latine sous la tutelle des Etats-Unis. Une situation qui a mis fin aux rêves révolutionnaires, favorisant l’émergence d’une «classe protégée par des oligarques, qui ont réussi à survivre aux différentes révoltes», a expliqué Herzenni.

C’est la crise mondiale de 1929 qui avait «ébranlé cet édifice archaïque». La modernisation des pays du continent a été le fait de l’entrée en scène d’une bourgeoisie plus entreprenante. Toutefois, «les intérêts des différents acteurs étaient tellement divergents qu’au bout du compte, des régimes autoritaires se sont imposés», a expliqué l’ambassadeur itinérant.

Ces derniers étaient défiés par des «courants populistes qui, au fond, n’étaient pas moins autoritaires», a-t-il dit. Il fallait attendre l’apparition de nouveaux penseurs, comme José Marti. C’est à ce moment que se développe «la théorie de la dépendance». Celle-ci a consacré le constat qu’en dépit des politiques d’industrialisation menées après la crise de 1929, la pauvreté et le sous-développement se sont amplifiés davantage.

Pour Herzenni, «cette théorie, certes discutable, a permis une irruption salutaire du Tiers monde dans le domaine de la théorie sociale, jusque-là réservée à l’Europe et à l’Amérique du Nord». Après une traversée du désert durant les décennies 60, 70 et 80, à cause de la mainmise des dictatures militaires, ces pays ont finalement connu «une transition démocratique».

Si celle-ci «n’est pas achevée, du moins elle a donné lieu à des réflexions de haut niveau», a-t-il estimé. C’est ce qui a donné corps à certaines théories comme celle de l’autoritarisme bureaucratique. Ce cumul des vagues de libération, combiné à une grande production intellectuelle, a permis l’émergence d’une philosophie qualifiée de «transmodernité».

Concrètement, «il s’agit de construire un projet civilisationnel alternatif, qui se nourrit des apports de toutes les cultures des pauvres, sans nécessairement rejeter les apports des cultures postmodernes ou pré-modernes», a-t-il expliqué.

 

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