International

Bourita parle fermeture des frontières à Alger

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5193 Le 23/01/2018 | Partager
Un point essentiel dans l’intégrité économique régionale
Les pays du Maghreb, l’une des régions les moins intégrées du monde
Le Maroc propose d’accueillir une conférence dédiée à la Jeunesse

«La question de l’intégration économique au Sud est d’autant plus problématique, en raison de la fermeture des frontières qui bloque structurellement l’essor de la région». Ce sont les propos de Nasser Bourita, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale qui intervenait lors de la 14e Réunion des ministres des Affaires étrangères des pays membres du dialogue en Méditerranée occidentale «5+5» tenue dimanche à Alger.

Il reste convaincu que la région est confrontée à plusieurs défis: «sécuritaire, environnemental, socio-économique, culturel et identitaire». D’où l’intérêt d’une mobilisation générale. Plusieurs thèmes étaient à l’ordre du jour de la réunion à Alger que ce soit les crises politiques dans certains pays, les transitions difficiles dans d’autres, ou des thématiques chroniques dans la région.

Sur le volet de la jeunesse et de l’emploi, Bourita s’est dit convaincu que la Méditerranée occidentale peut être le catalyseur d’une croissance partagée. Pour cette raison, il a présenté officiellement la proposition du Maroc d’accueillir la Conférence ministérielle 5+5 dédiée à la Jeunesse. Elle serait destinée à s’entendre sur un «Agenda régional pour la jeunesse» articulé par projets concrets et novateurs.

S’agissant du développement économique et social inclusif et partagé, le ministre a mis l’accent sur l’écart entre l’intégration économique au Nord et au Sud de la Méditerranée occidentale. Si les partenaires du Nord se caractérisent par une forte intégration économique (plus de 70%), au Sud, en revanche, les pays du Maghreb forment l’une des régions les moins intégrées du monde (moins de 5%). Le message est clair: «Ce n’est pas par le statu quo ou par le protectionnisme que l’on pourra atteindre le développement économique».

Sur le sujet de la migration, le Maroc compte présenter au prochain Sommet de l’UA, à la fin de ce mois, une vision pour un Agenda africain dédié à la thématique. C’est le fruit d’un large processus de consultation inter-africain mené par le Maroc au cours de ces derniers mois.

Après avoir mis l’accent sur la coopération en matière migratoire avec plusieurs pays du Dialogue 5+5, notamment l’Espagne et la France, Bourita a indiqué que le Maroc accueillera en décembre 2018 la 1re conférence internationale du Pacte mondial pour une «migration sûre, ordonnée et régulière».
Le ministre a estimé que la montée du terrorisme et l’extrémisme menacent la sécurité et la stabilité des pays de la région.

Triptyque développement-migration-sécurité

Le développement est la clé pour résoudre les problèmes de la sécurité et des migrations dans la région de la Méditerranée occidentale. C’est ce qu’ont estimé dimanche à Alger les chefs des diplomaties du «Dialogue 5+5» réunissant dix pays de la zone (Algérie, Espagne, France, Italie, Libye, Malte, Maroc, Mauritanie, Portugal et Tunisie). Par développement, ils soulignent l’importance de la promotion de projets ayant un impact en terme de création d’emplois et renforcement des capacités nationales, ainsi que le traitement des causes de la migration irrégulière. Des programmes en faveur des jeunes des deux rives de la Méditerranée doivent être mis en place pour «faire face aux dérives de la radicalisation, du racisme, de la xénophobie et de l’intolérance religieuse», peut-on lire dans la déclaration finale.

 

 

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