Politique

Le RNI propose un nouveau modèle économique

Par Youness SAAD ALAMI Ali KHARROUBI | Edition N°:5193 Le 23/01/2018 | Partager
Le citoyen au cœur de la démarche d’Akhannouch
Santé, éducation et emploi en priorités
La feuille de route globale dévoilée le 24 février
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Santé, éducation et emploi sont les nouvelles batailles de Aziz Akhannouch. Le patron du RNI a dévoilé, dimanche, une première partie du modèle économique ou plutôt du programme électoral des législatives de…2021. En attendant, le RNI doit recruter 30.000 candidats (Ph. YSA)

Le Maroc doit changer de modèle économique. L’appel du Souverain lancé lors de son dernier discours a rapidement été capitalisé par le Rassemblement national des indépendants (RNI). Les différentes structures du parti de Aziz Akhannouch (AA) travaillent ainsi sur une nouvelle offre, «qui devrait permettre au citoyen marocain de vivre dans la dignité», lance d’emblée le patron du parti de la Colombe.

C’était lors du 7e congrès régional tenu dimanche dernier à Fès. Ce 21 janvier, AA, comme le surnomment ses proches collaborateurs, était accompagné notamment de Mohamed Boussaid, Moulay Hafid Elalamy, Mohamed Aujjar, Rachid Talbi Alami, et Amina Benkhadra. Les ministres en charge de l’Economie avaient pourtant brillé par leur absence, une semaine auparavant, lors du déplacement de Saâdeddine El Othmani.

Dimanche, ils ont, à tour de rôle, vanté l’apport de leur formation dans la gouvernance du pays. Mohamed Boussaid, qui a veillé dans la loi de finances 2018 à «raccorder» les exportateurs éloignés aux villes portuaires, My Hafid Elalamy dont le département procède à «l’assainissement» du dossier Cotef avec la promesse de 6.000 emplois à terme, ou encore Rachid Talbi Alami qui se dit consterné par la situation de la ville de Fès.

Quoi qu’il en soit, AA a rappelé que le RNI est fidèle avec ses partenaires au gouvernement. Le patron du parti a présenté de nouvelles propositions dans le cadre de l’offre en cours de finalisation pour les secteurs de l’emploi, la santé et l’éducation. Pour le premier volet, l’objectif premier est de permettre l’ascension sociale du citoyen. Pour Akhannouch, ceci passe inévitablement par l’accès à un travail décent, une clé de dignité pour le citoyen.

Le RNI propose plusieurs solutions pour lutter contre le chômage et améliorer la situation des travailleurs. La première concerne la formation d’un million de jeunes sur 5 ans. Formation qui devrait bénéficier aux personnes non diplômées et sans savoir-faire confirmé. In fine, le RNI propose une formation professionnelle gratuite qui peut faciliter leur insertion sociale.

Ces jeunes seront également encouragés à faire de l’auto-entrepreneuriat, ou à s’organiser en groupement de services. Les diplômés chômeurs ne sont pas en reste. En vue de leur insertion, l’option d’une requalification leur permettant d’accéder au marché de l’emploi a été proposée.

Pour leur part, les fonctionnaires dans les secteurs privé et public devront bénéficier d’une formation continue afin de leur permettre de gravir les échelons. Les propositions du RNI dans ce domaine prévoient la révision de l’arsenal juridique de la formation continue.

En matière de santé, le RNI table sur l’apport du médecin de famille, surtout en milieu rural. «Il faut bonifier les médecins qui choisissent les localités reculées, en partenariat avec les collectivité locales», estime Akhannouch. Et de poursuivre: «la révision de la situation du médecin dans le secteur public s’impose». A commencer par l’élaboration d’un cadre légal pour permettre aux médecins d’exercer dans le privé (3 ou 4 heures par semaine) et le public.

En tout cas, ces recommandations seront enrichies à chaque étape des congrès régionaux, afin de construire un projet social clair et concret que le parti s’engage à défendre. L’offre apportée par le RNI sera exposée le 23 février à Agadir lors du conseil national du RNI avant d’être dévoilée au grand public le lendemain.

Généraliser le préscolaire

Afin de lutter contre la déperdition scolaire, il faut généraliser le préscolaire. Pour le RNI, la réforme de l’éducation devrait passer par la garantie de l’accès des enfants entre 4 et 5 ans au préscolaire. Et ceci, en élargissant l’offre éducationnelle du cycle primaire à travers la réhabilitation et l’utilisation des crèches qui relèvent du ministère de la Jeunesse et des Sports dans les zones urbaines ainsi qu’à travers la réhabilitation des écoles dans le monde rural au profit du préscolaire après la mise en place des écoles communales.

«Tous les enfants marocains, dans le milieu rural et celui urbain, doivent bénéficier du parcours préscolaire avant de passer au primaire. Cela étant un facteur déterminant dans leur succès. Auparavant, il faut former les éducateurs», conclut Aziz Akhannouch.

Le parti propose d’impliquer les mères de familles dans la gestion des centres d’accueil et de restauration des jeunes élèves. Celles-ci seront organisées en associations. Cette expérience présente de nombreux avantages dont l’amélioration de la qualité de l’enseignement et la gestion des ressources humaines. Dans le milieu urbain, le RNI tire la sonnette d’alarme et appelle à réduire le nombre d’élèves dans les classes. De même l’investissement dans la formation reste indispensable. Ce chantier pouvant être une vraie niche d’emploi.

La place des enfants de moins de 15 ans est soit à l’école, soit en formation professionnelle ou dans des systèmes d’éducation non conventionnelle. La généralisation des écoles communales s’avère indispensable pour le rural.

                                                                     

Santé: Maîtriser les circuits de soins

La première étape pour réformer le secteur de la santé passe par la maîtrise du circuit de soins, via la mise à disposition de centres de santé de proximité. Le RNI propose la généralisation de ces centres pour une meilleure prise en charge du citoyen. Et c’est sur la base d’un premier diagnostic que le patient serait orienté. Le système du «médecin de famille» est une proposition qui a été annoncée lors du Congrès régional du RNI à Oujda.

Pour plus d’efficience, le RNI propose un statut spécial pour le médecin avec la mise en place d’un système contractuel entre l’état et les médecins pour définir les responsabilités et engagements de chaque partie. Il a également insisté sur la nécessité d’encourager les médecins à exercer dans les coins reculés en leur offrant de bonnes conditions de travail et des indemnités convenables.

Revoir la carte de santé selon les besoins de chaque région est une recommandation que le RNI s’est engagé à défendre. Le RNI propose aussi la création d’une «Maison de santé» dans un cadre de partenariat entre un ensemble de communes locales pour améliorer les services et gérer de manière efficiente les ressources humaines disponibles.

A. K.

 

 

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