Culture

Tevekov, un peintre russe tout en puissance

Par Stéphanie JACOB | Edition N°:5192 Le 22/01/2018 | Partager
Actuellement présenté à Jardin Rouge à Marrakech
L’artiste s’inspire depuis 2011 de ses voyages au Maroc
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Dans les salons de Jardin Rouge à Marrakech, les oeuvres de l’artiste russe Denis Tevekov sont à découvrir jusqu’au 4 février prochain (Ph. Montresso)

Denis Tevekov refuse l’effet et rejette les dogmes. Du coup, sa peinture ressemble à des instants libératoires. Les compositions devenant pulsion dans un parfait équilibre entre la maîtrise et le lâcher-prise. Cet artiste russe est venu en 2011 à Jardin Rouge à Marrakech pour une première résidence. Depuis, il arpente le pays et pose un regard attentionné sur la calligraphie orientale pour en explorer tous les territoires.

Actuellement de retour au Maroc, la Fondation Montresso, qui le soutient, présente sa série «De l’Oural à l’Atlas» dans un savant mélange de grâce, d’énergie et d’équilibre. Ses toiles, il les compose en musique, pourvu que le son soit bien fort. Puis, tout s’enchaîne. Des  jaillissements de couleurs intenses et de la matière épaisse par endroits et absente à d’autres. Il aime d’ailleurs à dire que c’est sa main qui le conduit de manière spontanée.

Ses sentiments du moment viennent s’incruster sur la toile. Et le miracle opère, comme sorti d’on ne sait où. Sa dynamique abstraite aboutit sur des compositions graphiques pleinement maitrisées. L’artiste s’attelant à travailler sur la question de l’espace dans une confrontation de pigments et de matières, armé de ses pinceaux usés, de ses rouleaux, ou de ses brosses.

Venu de Russie, pays de contrastes comme sa peinture, la route de Denis Tevekov tient-elle au hasard ou à la destinée? C’est à l’âge de 9 ans qu’il commence à étudier l’art. Pas d’autre choix, puisque c’est la seule école qui existe dans sa ville natale de Kataisk. Immédiatement, il se passionne par la liberté que cette pratique lui procure, et poursuit cet apprentissage jusqu’à ses vingt-cinq ans, avec une seule idée en tête: devenir le meilleur.

Petit à petit, son oeuvre abstraite se dessine ponctuée de rythmes, de gestes, de densités et de superpositions offrant des formes si entremêlées et dissoutes qu’elles finissent parfois par disparaître. En dehors des sentiers battus de la tendance. Ses toiles semblent alors lui échapper et réagir à des flottements venus de l’extérieur et du plus profond de lui-même.

Regarder son travail provoque ces mêmes sensations de lâcher-prise. Accrochées sur les murs de la résidence artistique Jardin Rouge à Marrakech, ses toiles sont visibles jusqu’au 4 février prochain, et sur rendez-vous, puisqu’ici tout est mis en oeuvre pour préserver la concentration des résidents. Fasciné par les lignes calligraphiques, voilà 2 ans qu’il mène un travail de recherche et de renouvellement sur le geste. Le Maroc lui servant de terre d’exploration.

De notre correspondante,
Stéphanie JACOB

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