Economie

Energies renouvelables: L'urgence d’ouvrir le marché au privé

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5191 Le 19/01/2018 | Partager
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Pour Ahmed Baroudi, DG de la SIE, le salon Photovoltaïca est conçu pour offrir des opportunités d’échanges entre les investisseurs et le marché, à la fois au niveau national et africain (Ph. L'Economiste)

Photovoltaïca change de peau. Ce salon, conçu comme une plateforme d’échange, et de partage d’expériences entre les entreprises et les acteurs du secteur de l’énergie renouvelable, prendra une nouvelle forme tournée vers l’Afrique. Un cap qui vise à s’inscrire dans le sillage de la politique tracée par le Souverain. Ahmed Baroudi, DG de la SIE, en explique les enjeux ainsi que ceux du secteur.

- L’Economiste: Quelles sont vos ambitions pour cette année?
- Ahmed Baroudi:
Nous allons en faire un véritable évènement au niveau continental. L’évolution de cet évènement sera annoncée et mise en œuvre cette année à Marrakech. La prochaine édition est prévue en Afrique, à Abidjan, en Côte d’Ivoire. Tout cela sera annoncé par le ministre de l’Energie et des mines.

- Quels sont les avantages de la technologie du photovoltaïque?
- Elle est la technologie du solaire qui décroît en coût le plus rapidement possible. Elle est la plus compétitive. C’est elle qui offre le meilleur rapport qualité prix pour le déploiement de la capacité de production solaire.  Tous les marchés confondus aussi bien pour les centrales électriques que pour la moyenne tension ou la basse tension pour les équipements sur les toitures.
- Que faut-il faire pour que ce marché soit le plus élargi et le plus accessible possible?
- Pour généraliser cette technologie, il est nécessaire que les autorités ouvrent le marché au privé, à nos PME pour qu’elles puissent travailler. Il faut que le cadre réglementaire offre des opportunités. Ce n’est pas encore le cas.

- Mais concrètement …?
- Il faut faciliter l’accès aux autorisations de développement des centrales de taille petite et moyenne. Il s’agit d’encourager les projets en moyenne tension dans notre pays pour que les PME et les particuliers privés puissent investir. Il faut s’attaquer, dans l’année ou les deux ans à venir, au marché de la basse tension qui est le plus important. Et tout cela est extrêmement générateur d’emplois. C’est malheureusement ce qu’on ne fait pas.

- Pourtant on dit que le solaire n’est pas créateur de beaucoup d’emplois
- C’est une erreur. Je ne suis pas d’accord avec cela. Imaginez que vous ayez un marché où toutes les maisons installent les panneaux solaires en autoproduction sur leurs toitures. On installe des compteurs intelligents électriques qui échangent avec les réseaux de l’ONEE ou d’autres opérateurs comme les régies. Cela fait énormément de travail, pour les PME, les installateurs, les mainteneurs et les fabricants qui viendraient s’installer chez nous au Maroc.

- La moyenne mondiale de l’utilisation des énergies fossiles est  de 80%. Chez nous, elle est de 88%, selon la Banque mondiale. Où est l’exemplarité du Maroc dans les énergies renouvelables?
- Elle vient de sa volonté affichée de prendre la bonne voie, c’est-à-dire de diversifier son mix énergétique. En réduisant la dépendance de notre consommation d’énergie à celle du pétrole et de toute énergie de source fossile, c’est là l’exemplarité du Maroc qui est mise en avant. Notre pays a été pionnier en la matière. Seulement, nous n’avançons pas suffisamment vite, pas au rythme que tout le monde souhaite.

- Que faut-il faire pour aller plus rapidement?
- Ouvrir le marché à l’initiative privée. Le marché va vite décoller. Nous avons des entrepreneurs privés qui ne demandent qu’à s’exprimer.
Propos recueillis par Mohamed CHAOUI

                                                                

Cap sur l'Afrique

DE nombreuses délégations africaines sont attendues les 13 et 14 février à Marrakech qui abrite la 3e édition de Photovoltaïca. Le ministre de l’Energie a envoyé des invitations officielles à ses homologues africains. Beaucoup d’entre eux ont répondu positivement.

L’objectif est de faire de cette réorientation africaine un succès, a affirmé Ahmed Baroudi, DG de la Société d’investissements énergétiques (SIE), coordinateur institutionnel de cet évènement. Cette manifestation ne se tiendra plus exclusivement en terre marocaine. Elle sera organisée dans d’autres pays africains.

Ainsi, pour l’édition de 2019, le rendez-vous est déjà pris. Elle aura lieu à Abidjan en Côte d’Ivoire. En tout cas, cette manifestation est conçue pour offrir des opportunités d’échanges entre les investisseurs et le marché. «Nous faisons évoluer photovoltaïca dans une configuration africaine.

L’orientation donnée par SM le Roi est la bonne. L’avenir de notre pays n’est pas au nord mais au sud», affirme Ahmed Baroudi. Selon lui, «un plan de développement, de partage et d’évolution entre pays africains, est dans le pipe. Si nous apprenons à travailler entre nous, à échanger et à profiter des uns et des autres, à créer notre propre marché, notre avenir ne sera que meilleur. Nous avons la possibilité de le faire». Des actions dans ce sens sont programmées mais elles doivent être validées avant de les lancer, dit-il.

En tout cas, pour la troisième édition de Marrakech, la régionalisation sera mise à contribution. En effet, les présidents de régions sont invités à participer à cet évènement. Chaque région dispose d’un plan de développement qui intéresse les investisseurs du secteur des énergies renouvelables.

 

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