Economie

La recette de la BAD pour relancer la croissance

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5191 Le 19/01/2018 | Partager
L’identification des industries à fort potentiel compétitif
Amélioration de l’accès des PME au financement et la qualité de l’enseignement
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La BAD estime à 3,1% la croissance 2018 au Maroc. Elle devrait s’accélérer en 2019. Même si les perspectives sont favorables à moyen terme, les risques demeurent élevés

La Banque africaine de développement (BAD) vient de livrer ses perspectives économiques en Afrique pour 2018. Pour le Maroc, la croissance du PIB réel devrait atteindre 3,1% cette année et évoluer autour de 4% pour l’année prochaine. Il y a quelques jours, la Banque mondiale avait elle aussi publié ses projections. Le taux de croissance devrait s’établir à 3,1% en 2018 et 3,2% les deux années suivantes.

Le ralentissement de la croissance marocaine est aussi le scénario anticipé par la majorité des institutions nationales (cf. notre édition N°5186 du 10/01/2018). L’analyse de la BAD met en évidence les points forts ainsi que les faiblesses de l’économie marocaine.

Le Royaume s’est engagé dans la mise en oeuvre d’une décentralisation fiscale, une réforme complète de la fonction publique, un contrôle renforcé des entreprises publiques et un meilleur ciblage des dépenses sociales. Les stratégies sectorielles produisent des résultats. Conditions climatiques favorables, performance du secteur agricole, plan Maroc vert… sont autant d’atouts.

En revanche, le problème endémique du chômage persiste (le taux devrait connaître une légère hausse passant de 10,2% en 2017 à 10,5% en 2018, selon les prévisions du HCP). La prise en charge des problèmes sociaux pressants pourrait creuser le déficit budgétaire de l’Etat estimé à 3,6% pour 2017.

Même si les perspectives du Maroc sont favorables à moyen terme, les risques demeurent élevés. Ils concernent principalement la croissance chez certains partenaires commerciaux clés (pays avancés et émergents), le faible rythme de la création d’emplois outre les tensions géopolitiques en Afrique du Nord. A ces facteurs s’ajoutent l’impact des cours internationaux de l’énergie et la volatilité des marchés financiers mondiaux.

Pour les experts de la BAD, une croissance plus forte et plus inclusive s’articulera d’abord sur l’identification d’industries à fort potentiel compétitif. Des politiques doivent attirer l’investissement direct étranger dans les secteurs où le pays dispose à la fois d’un avantage comparatif (industries à forte intensité de main-d’oeuvre, orientées vers l’exportation) et du capital humain.

Il est également essentiel d’améliorer l’accès des petites et moyennes entreprises au financement et d’améliorer la qualité de l’enseignement supérieur. Comme il est important d’allouer l’investissement public aux lieux et industries stratégiques potentiellement les plus rentables et d’améliorer l’environnement des affaires.

D’autres politiques économiques devront assurer la compétitivité extérieure. Les vulnérabilités fiscales et extérieures se réduisant encore, les conditions économiques actuelles sont une occasion d’amorcer la transition vers une plus grande souplesse des taux de change, recommande la BAD. Ce qui est le cas depuis quelques jours...

 

 

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