Economie

Change: De nouvelles couvertures arrivent

Par Khadija MASMOUDI | Edition N°:5189 Le 17/01/2018 | Partager
Taux d’intérêt, fluctuation des prix des produits de base
Combinaison d’instruments pour une même opération
La circulaire de l’Office des changes attendue dans les prochains jours

Après l’élargissement de la bande de fluctuation du dirham à plus ou moins 2,5% contre 0,3% auparavant, l’Office des changes s’apprête à publier une circulaire sur les instruments de couverture. Une réunion s’est tenue hier, mardi 16 janvier entre l’Office des changes et le Groupement professionnel des banques du Maroc sur les derniers ajustements. 

Les banques sont amenées à jouer un rôle central puisqu’elles accompagnent les opérateurs et doivent alerter l’Office des changes en cas d’opération non adossée à une opération commerciale. La circulaire de l’Office des changes portera sur les opérations de couverture censées permettre aux entreprises de se prémunir contre différentes fluctuations.  Ces couvertures doivent être adossées à des opérations courantes ou en capital en relation avec l’activité de la société. Et toutes les opérations spéculatives sont exclues.

Les opérateurs pourront se couvrir contre les risques de fluctuation des prix des produits de base importés, exportés et importés et stockés (voir L’Economiste du 28/04/2017 N°5013), notamment des produits agricoles et énergétiques. Ces couvertures pourraient être contractées auprès des banques et des courtiers étrangers.

Pour cela, les banques seraient tenues d’ouvrir des comptes en devises sur leurs livres à leurs clients. Selon un banquier, ces comptes seront dédiés à la gestion des opérations de couverture et aux flux d’opérations: dépôts de garanties, primes, etc.  En principe, les soldes créditeurs de ces comptes doivent être rapatriés et vendus sur le marché des changes. 

Les entreprises qui souscriraient à des couvertures contre le risque de fluctuation des prix des produits de base pourraient aussi compenser leurs positions. «Si la couverture est souscrite auprès d’une banque, c’est à elle de réaliser la compensation par contrepartie.  Si elle est réalisée auprès des courtiers à l’étranger, cette compensation doit être effectuée auprès de chaque courtier», explique un banquier.

Les opérateurs disposeraient aussi de la possibilité de se couvrir contre le risque de change devise contre dirham et devise contre devise afin de se protéger contre les aléas liés aux opérations courantes et en capital. Pareil pour le risque de taux d’intérêt pour les opérations de financement extérieur.

Comme cela a été annoncé en 2017 par l’Office des changes, les institutions financières bénéficieraient également de couvertures plus larges.  Il s’agit d’instruments de couverture contre tout risque inhérent à tout actif ou toute dette(1).

La flexibilité du dirham et les changements qu’elle va introduire en termes de couverture constituent une opportunité pour les banques qui seront amenées à étoffer leurs offres. Elles pourront proposer une combinaison d’instruments pour une même opération de couverture. La compensation des positions engendrées par ces opérations sera possible.

L’instruction de change revue

La nouvelle instruction de change, qui devait intégrer les changements allant de l’assouplissement à la libéralisation de certaines opérations, attendra. Le ministère des Finances et la banque centrale se sont mis d’accord pour procéder progressivement, le temps que les banques et les opérateurs s’adaptent aux changements. L’année dernière, l’Office des changes avait annoncé plusieurs mesures. Celles-ci vont de la libéralisation des remboursements par anticipation des emprunts extérieurs, permettant ainsi  aux opérateurs d’activer les clauses contractuelles avec souplesse, aux financements extérieurs des investissements à l’étranger.

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(1) Cette couverture s’adresse aux établissements de crédit et aux organismes assimilés, aux compagnies d’assurances, aux organismes de retraite et aux fonds de placement collectif en titrisation. A ceux-là s’ajoutent les OPCVM, les Organismes de placement collectif en capital et les Organismes de placement en valeur mobilière.

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