Economie

Commande publique: Le privé aura enfin son mot à dire

Par Nadia DREF | Edition N°:5188 Le 16/01/2018 | Partager
La Commission nationale dédiée sera installée ce vendredi
Elle regroupe 13 membres dont 3 du secteur privé
En 2018, les marchés publics s’élèvent à 195 milliards de DH soit 17,4% du PIB
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Le secteur du BTP a souffert de la baisse de la commande publique. Les 42 milliards annoncés par le ministre de l’Equipement Amara pour 2018 dans les travaux publics ont ravivé les espoirs (Ph. Bziouat)

Une grande avancée dans l’achat public. La Commission nationale de la commande publique (CNCP) sera enfin installée, vendredi 19 janvier. La cérémonie sera présidée par  le chef du gouvernement Saâdeddine El Othmani et le Secrétaire général du gouvernement, Mohamed Hajoui. Organe autonome à caractère technique, cette nouvelle structure devra non seulement encadrer la commande publique mais également gérer la maîtrise de la dépense étatique.

Le secteur privé y est représenté avec 3 personnes sur les 13 membres de ladite commission. «Cette ouverture sur le secteur privé marque un changement profond dans le rôle qu’entend jouer désormais la CNCP à l’aune du développement du partenariat public/privé», précise le SGG. Ce changement sera perceptible à travers plusieurs actions.

D’une part, l’entreprise siège, en amont, au sein de l’organe délibérant de la Commission. D’autre part, le privé est également associé à la prise de décision. Il dispose même du droit de saisine de la Commission pour exprimer ses doléances, notamment en cas de litige l’opposant à l’administration aux niveaux précontractuel et contractuel.

Autre nouveauté: la Commission nationale intègrera, pour la première fois, la dimension économique au niveau de la commande publique. Elle entend relever des défis de taille: répondre aux attentes des parties prenantes de la commande étatique (administration, secteur privé, organes de contrôle), mettre en place des tribunes d’échanges dans le cadre du partenariat public/privé.

S’y ajoutent la favorisation de la promotion de la PME et la diffusion de la culture de la bonne gouvernance ainsi que la mise en place d’un système d’information dynamique, fiable et inclusif. «Ces défis constituent l’ossature de la vision stratégique globale que la Commission se propose d’élaborer, laquelle sera adossée à des objectifs mesurables et déclinée en plans d’action pluriannuels», relève le SGG.

Cette commission concentrera tous les investissements prévus dans le cadre de la commande, qui reste un levier stratégique de développement économique et social. Il n’y a qu’à voir les contre-performances enregistrées par les secteurs dépendant de cette manne publique durant 2017 (BTP, immobilier…), suite au retard pris dans la constitution du gouvernement. Et pour cause, l’Etat reste le plus grand investisseur au Maroc. Pour 2018, l’espoir est de mise.

Les marchés publics prévus s’élèvent à 195 milliards de DH, soit l’équivalent de 17,4% du PIB contre 160 milliards de DH en 2011. C’est dire que c’est un volume record des investissements publics de l’Etat, des collectivités territoriales et des entreprises et établissements publics. Les opérateurs se disent satisfaits de ces prévisions et ne cessent, toutefois, de revendiquer la préférence nationale.

 

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