Analyse

Sécurité routière: Les mille et une mesures de Boulif

Par Nadia DREF | Edition N°:5188 Le 16/01/2018 | Partager
110 lignes supplémentaires pour le contrôle technique
Le grand toilettage dans l’octroi du permis
Plusieurs textes de loi en cours d’adoption
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L’erreur humaine est responsable de 90% des accidents contre 10% dus aux infrastructures et aux problèmes techniques (Ph. L’Economiste)

Tout le défi aujourd’hui consistant à améliorer la sécurité routière, le ministère de l’Equipement et du Transport a initié plusieurs chantiers depuis fin 2017. Refonte des conditions d’octroi du permis de conduire, mise à niveau des centres de contrôle technique, accélération de l’adoption du projet de loi sur la mise en place d’une super-agence dédiée à la sécurité routière…

Les plans d’actions quinquennaux 2017-2021 et 2022-2026 convergent vers une meilleure gestion du secteur, l’amélioration du comportement des piétons, des routes et des véhicules plus sûrs... L’objectif est de réduire les risques d’accidents corporels des autres usagers de la voie publique, les conducteurs ainsi que les occupants du véhicule.

■ Contrôle technique: 110 lignes supplémentaires
Le secrétaire d’Etat, Mohamed Najib Boulif avait annoncé que le taux de refus, émis par les centres techniques, est de seulement 8% (Cf. L’Economiste du 26 décembre 2017). Une aberration eu égard à l’état actuel et la vétusté du parc. Il y a même des véhicules qui ne doivent plus circuler! Un grand toilettage est au programme. Une refonte du cahier des charges de ces plateformes est en cours. Pour doter le secteur de lignes supplémentaires de contrôle technique, le ministère de l’Equipement et du Transport a lancé début janvier un appel à la concurrence. Ce marché cible 110 lignes additionnelles ventilées comme suit: 70 pour les véhicules légers et 40 pour les poids lourds dont les autocars. Ces nouveaux aménagements concernent les centres déjà agréés et ouverts au public. C’est dire qu’aucun nouveau centre ne sera créé. Les lignes supplémentaires sont prévues dans l’ensemble du territoire avec une priorité pour Casablanca (22 lignes), Tanger-Assilah (10) Fès (7 lignes) et Marrakech (7 lignes). La sélection des centres est prévue le 22 mars 2018. Selon le département de tutelle, le secteur du contrôle technique comporte actuellement 4 réseaux regroupant 451 centres en exploitation ou en cours de construction. Ces centres exploitent 889 lignes de contrôle technique des véhicules et 210 lignes des véhicules poids lourds.

■ Permis de conduire: Le défi de la mise à niveau
«Entre 55 et 60% des permis ont été délivrés dans un cadre non réglementaire. Pis encore, plus de 25% des accidents sont causés par des jeunes âgés de moins de 25 ans», fait valoir Mohamed Najib Boulif. Selon le ministre: «D’énormes dysfonctionnements ont été relevés lors de la visite de 60 centres d’examen et des services des Mines: corruption, laxisme... Nous avons démis de leurs fonctions 5 directeurs de centres et un bon nombre de fonctionnaires ont été mutés en attendant des mesures disciplinaires». Pour stopper l’hémorragie, la tutelle compte désormais concentrer ses actions sur la nouvelle génération. Le meilleur moyen retenu est la mise à niveau de l’enseignement de la conduite pour réduire la mortalité induite par les accidents de la route (près de 4.000 morts par an). Le ministre Pjdiste s’est également engagé à renouveler les salles d’examens théoriques ainsi que les circuits d’examen technique. Des permis honorifiques seront octroyés aux enfants âgés de 7 à 12 ans dans le cadre du programme de l’éducation à la conduite.

■ Amendement du Code de la route
Autre nouveauté, les mineurs âgés entre 14 et 18 ans pourront bientôt avoir leur permis de conduire. Un projet de décret a été adopté par le conseil du gouvernement, le 28 décembre dernier pour inclure les dispositions relatives à cette demande de candidature dans le Code de la route. Ce projet de texte englobe également la gestion des cas prévoyant d’informer les intéressés du retrait de points sur leurs permis de conduire en cas d’infractions ainsi que les données relatives au solde de points après retrait. Un autre décret a été également adopté. Il porte sur la conduite professionnelle. Ce texte vise à mettre en œuvre les dispositions de la loi relative à l’obligation de disposer de la carte professionnelle pour le personnel du secteur de secours et de dépannage de véhicules. Objectif: renforcer les compétences de cette catégorie et améliorer le niveau de la sécurité routière.

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