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Dette mondiale: L’alerte maintenue

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5187 Le 15/01/2018 | Partager
Des craintes pour les marchés émergents et les économies en développement
Plusieurs facteurs soutiennent la reprise économique mondiale
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Marc Stocker, économiste senior, est l’un des principaux auteurs du rapport «2018 Global Economic Prospects»: «Nous attendons un renforcement de la croissance mondiale à 3,1%, après avoir atteint un taux nettement plus élevé que prévu en 2017…» (Ph. Banque mondiale)

- L’Economiste: L’économie mondiale a enfin retrouvé un bon rythme de croissance. Va-t-elle s'accélérer encore?
- Marc Stocker:
Notre rapport de janvier est porteur de bonnes nouvelles pour l’économie mondiale. Nous attendons un renforcement de la croissance mondiale à 3,1%, après avoir atteint un taux nettement plus élevé que prévu en 2017. Les facteurs de soutien de cette reprise mondiale sont un raffermissement des investissements en Europe et aux Etats-Unis, une diminution des freins à l’activité dans les pays exportateurs de matières premières et une croissance soutenue en Asie. Les bénéfices de cette reprise sont visibles dans une large majorité de marchés émergents et économies en développement qui bénéficient d’un rebond du commerce mondial, des prix des produits de base et d’un optimisme soutenu des marchés financiers. Cependant, notre enthousiasme est tempéré par un certain nombre de risques. En particulier, un durcissement soudain des conditions de financement au niveau mondial pourrait compromettre la reprise et affecter surtout les économies fortement endettées et dépendantes de capitaux étrangers. De nouvelles restrictions au commerce et la montée des tensions géopolitiques pourraient également saper la confiance et freiner l’activité économique. A moyen terme, la détérioration du potentiel de croissance de l’économie mondiale, que nous estimons actuellement autour de 2,5%, pourrait continuer à éroder les perspectives de réduction de la pauvreté à travers le monde et la résilience aux chocs économiques.

- Maintenez-vous le warning sur la dette mondiale?
- A l’heure actuelle, deux tiers des marchés émergents et des économies en développement présentent un ratio de la dette publique au PIB supérieur au niveau d’avant crise, tandis que trois quarts de ces pays ont un ratio de la dette privée au PIB supérieur au niveau d’avant crise. La détérioration des conditions de financement qui ne manquera pas d’accompagner la normalisation des politiques monétaires dans les pays avancés pourrait augmenter le coût des intérêts sur cette dette, faire pression sur les finances publiques, freiner la croissance économique et, dans certains cas, générer des risques d’instabilité financière.

Propos recueillis par Fatim-Zahra TOHRY

 

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