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Analyse

Antoine Frérot, PDG de Veolia, au Club de L’Economiste/ Gestion déléguée: Le bilan des filiales

Par Noureddine EL AISSI | Edition N°:5186 Le 10/01/2018 | Partager
Un chiffre d’affaires de plus de 6 milliards de DH
Nette amélioration des rendements d’eau et d’électricité

Antoine Frérot, PDG de Veolia Monde, se dit satisfait du bilan de la gestion déléguée assurée par ses deux filiales Redal et Amendis pour les services de la distribution d’électricité, d’eau potable et d’assainissement liquide. Redal intervient dans le périmètre de Rabat-Salé-Témara et d’autres communes de la région alors que Amendis est le gestionnaire d’une partie de la population de la région de Tanger-Tétouan.

Le chiffre d’affaires dégagé par les filiales de Veolia au Maroc dépasse les 6 milliards de DH dont près de 70% consacrés à l’achat de l’électricité et de l’eau auprès de l’ONEE. En dépit des critiques avancées, le patron de Veolia reste convaincu que ses filiales ont contribué au développement des villes avec une desserte à 100% en eau, en assainissement et en électricité.

Pour étayer ses propos, Antoine Frérot précise que sur les 15 ans d’activité, les deux filiales ont pu améliorer leur rendement en gagnant 20 points. A ce titre, le patron de Veolia Monde rappelle qu’en 2002, les rendements des réseaux d’eau étaient de 60% en moyenne. L’an dernier, ils sont montés à 84%. Et pour le réseau d’électricité, le taux de rendement enregistré en 2017 était de 94%.

Les deux filiales du groupe ont contribué à la construction d’un réseau d’assainissement et un système d’épuration nécessaires pour une protection durable des milieux récepteurs, ce qui constituait l’objectif numéro 1 au moment du lancement de la gestion déléguée dans ces villes, rappelle Frérot. Mais le programme de dépollution mené par Redal a enregistré un retard considérable particulièrement pour le côté droit du Bouregreg et la façade atlantique le long de Salé.

En principe, ce chantier devrait être finalisé vers 2013. Sur ce point, le patron de Veolia a tenu à préciser que la responsabilité revient aux pouvoirs publics qui n’ont pas pu mettre à la disposition de Redal le terrain pour la construction de la station de traitement. Fort heureusement, la situation a été débloquée en septembre dernier, signale le PDG. Un mois plus tard, tous les ordres de services de construction de la station ont été lancés par Redal.

Le patron de Veolia s’engage pour que les travaux aussi bien de la station que ceux de l’émissaire marin soient achevés d’ici deux ans. Le coût du projet de dépollution côté Salé avoisine 900 millions de DH dont 300 millions ont déjà été engagés pour la réalisation notamment du réseau des intercepteurs au niveau de cette zone.

Le reste sera consacré à la station et l’émissaire. En dépit des propos rassurants du PDG de Veolia, une partie des élus de Rabat ne cesse de pointer du doigt le retard pris dans la réalisation du programme d’investissement de Redal. D’ailleurs, ce point figurait parmi les problèmes qui ont retardé la révision du contrat qui a finalement abouti l’an dernier. Le retard pris a été estimé à plus de 1,5 milliard de DH pour la période 2002-2014.

Aujourd’hui, ces problèmes relèvent du passé après le redressement de la situation du groupe français. Ce qui a permis à Veolia de s’inscrire dans une nouvelle dynamique de croissance et de déploiement de ses activités à travers le monde en réalisant des résultats financiers et commerciaux encourageants.

Potentiel industriel

En plus des collectivités, le patron de Veolia ne cache pas l’ambition de son groupe de mettre son expertise pour accompagner le chantier d’industrialisation accélérée (PAI) au Maroc. A ce titre, il rappelle avec fierté la prouesse réalisée par son groupe à l’usine de Renault à Tanger. L’énergie utilisée par ce complexe, notamment beaucoup de vapeur, est entièrement renouvelable. Elle est produite par la biomasse composée des grignons d’olives. Ce qui permet au site de Renault d’émettre 98% de moins de CO2 qu’une usine normale. Le même constat est valable pour l’eau. «Toute l’eau utilisée dans l’usine est récupérée, nettoyée et recyclée. Du coup, le site consomme 70% de moins d’eau extrait du milieu naturel qu’une usine normale». Le PDG de Veolia espère aussi faire de même avec le groupe PSA à Kénitra «si le constructeur français le souhaiterait».

 

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