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Société

Enquête L’Economiste-Sunergia/Utilité du vote: Les seniors accros

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5186 Le 10/01/2018 | Partager
Le plus fort taux d'avis favorables enregistré chez les 65 ans et plus
En revanche, faible engouement chez les jeunes et les CSP supérieures
Par genre, les femmes plus convaincues de l'utilité du vote que les hommes
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Plus de la moitié des personnes interrogées considèrent que leur vote est utile, au moment où 32% estiment qu’il n’a aucun impact

Au moment où le Chef du gouvernement semble s’enliser dans une nouvelle crise, liée au retard du remplacement des ministres limogés, l’enquête L’Economiste-Sunergia montre que plus de la moitié des citoyens interrogés continuent à croire en l’utilité de leur vote.

Toutefois, l’incapacité des deux gouvernements conduits par le PJD à mener des réformes profondes et l’impact de leurs politiques publiques sur le niveau de vie des citoyens semblent avoir freiné l’élan initié par la Constitution de 2011. L’enquête L’Economiste-Sunergia révèle des opinions plus nuancées, en fonction de l’âge, de la catégorie socioprofessionnelle et du milieu de résidence.

Globalement, sur les 700 personnes interrogées dans le cadre de cette enquête, 430 ont déclaré que «voter est utile au Maroc», soit 61%. En face, 32% des sondés ne voient aucune utilité de se déplacer dans les bureaux de vote le jour des élections. Seules 49 personnes (7%) n’ont pas une opinion tranchée sur ce sujet. Le croisement des résultats montre que les avis sont différents en fonction du sexe. Les femmes semblent plus convaincues de l’utilité du vote que les hommes.

66% des 357 femmes sondées ont affirmé que leur vote est utile. Ce constat est moins prononcé chez les hommes: 57% des 343 interrogés sont convaincus de l’utilité du vote. Ceux qui considèrent que cet acte n’a aucune importance représentent 27% des femmes et 37% des hommes.

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Le taux le plus élevé d’opinions positives est enregistré chez les seniors de plus de 65 ans (85%). Chez les jeunes, la part des personnes qui croient en l’utilité du vote dépasse légèrement la moitié

Contrairement à l’effervescence liée aux manifestations du Mouvement du 20 février et au processus de réforme de la Constitution, ayant consacré un regain d’intérêt pour la politique auprès des jeunes, les résultats de l’enquête L’Economiste-Sunergia pointent un essoufflement de cette dynamique. Les données montrent que les avis en faveur de l’utilité du vote sont plus importants au fur et à mesure que les personnes avancent dans l’âge.

Le taux le plus élevé d’opinions positives est enregistré chez les seniors de plus de 65 ans (85%). Ce taux est aussi important chez les 35-44 ans (63%) et les 45-54 ans (69%). Dans le milieu des jeunes, la part des personnes qui croient en l’utilité du vote dépasse légèrement la moitié. Le même taux, 54%, est enregistré chez les 15-24 ans et les 25-35 ans.

Les données de cette enquête soulignent également que les personnes résidant en milieu rural sont plus convaincues de l’utilité du vote que les citadins. Ces derniers semblent découragés par le faible impact sur leur quotidien, ainsi que par les scènes de guéguerre au sein des conseils élus, notamment au niveau local. Globalement, les personnes qui estiment que leur vote est utile représentent 65% dans le monde rural contre 59% dans les villes.

Plus le niveau d'études est élevé, plus la part des opinions
négatives est importante

Autre fait saillant, le taux des personnes convaincues de l’importance de voter baisse en fonction de la catégorie socioprofessionnelle. Celle des D/E regroupe le plus de personnes ayant un avis positif sur l’utilité du vote (64%). Seuls 23% de ce groupe considèrent que leurs voix n’ont aucun impact. Ce taux est plus élevé chez la catégorie C (34%). La part des personnes ayant un avis positif est cependant en baisse, avec 61%.

Cette tendance se confirme chez la catégorie A/B, avec 57% qui considèrent que leur vote est utile. En face, ils sont 40% à n’accorder aucune importance à cet acte. Contrairement aux discours officiels, le faible taux de participation aux élections n’est pas lié à l’analphabétisme ni à une faible prise de conscience des enjeux de l’opération électorale. Ces résultats confirment les analyses attribuant ce phénomène à une crise de confiance des citoyens vis-à-vis des élus et de leurs partis.

Les derniers discours du Roi ont mis à nu cette situation, mettant les différents acteurs de la scène politique face à leurs responsabilités. La nouvelle crise gouvernementale et les tiraillements que vivent plusieurs partis risquent d’accentuer davantage ce manque de confiance des citoyens. Ce qui laisse planer des doutes sur le taux de participation lors des prochaines échéances électorales.

Les mêmes tendances s’affichent lors du croisement des résultats en fonction du niveau d’instruction. Plus le niveau d’études est élevé, plus la part des opinions négatives est importante. Sur les 122 personnes sans niveau scolaire, 71% croient en l’utilité du vote, contre 15% ayant un avis négatif. La part des opinions positives passe à 68% chez les personnes ayant un niveau primaire.

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Contrairement aux discours officiels, les résultats de cette enquête montrent que le faible taux de participation aux élections n’est pas lié à l’analphabétisme ou à un manque de prise de conscience des enjeux des échéances électorales. La part des personnes qui croient en l’utilité du vote est la plus faible chez la catégorie la plus aisée. En face, le taux le plus élevé est enregistré chez la catégorie D-E.

Ce taux est encore moins élevé chez la catégorie des diplômés du secondaire, avec 55%. La part des avis positifs renoue avec la hausse chez les personnes ayant une formation universitaire. 58% des 244 personnes relevant de cette catégorie considèrent que le vote est utile, contre 37% ayant un avis contraire.

Au niveau des régions, l’enquête L’Economiste-Sunergia a révélé des données confirmant l’intérêt accordé par les populations des provinces du Sud aux élections. 65% des personnes interrogées dans les régions du Sud considèrent que le vote est utile. Des données qui confortent les résultats détaillés des dernières élections, qui avaient montré qu'elles arrivent en tête en termes de taux de participation.

Le Centre, de son côté, affiche aussi un taux de 64% des personnes interrogées ayant un avis positif sur l’utilité de leur vote. Les résultats sont plus mitigés dans le Nord-Est, avec 55% ayant une opinion positive, 36% un avis négatif et 9% sans aucun avis.

Des données qui traduisent l’impact des derniers événements ayant marqué certaines villes de cette zone, notamment Al Hoceïma. Les citoyens semblent remettre en question l’utilité du vote, à cause notamment de l’incapacité des élus à éviter l’éclatement de la crise et à résoudre les problèmes liés au quotidien des populations.

                                                                          

Fiche technique

L’enquête  L’Economiste-Sunergia a été effectuée par téléphone au mois de novembre 2017, auprès d’un échantillon de 700 personnes, échantillon ajusté sur les données du recensement de 2014. Soit 343 hommes et 357 femmes, dont 62% en milieu urbain.
- 20% habitent Casablanca-Settat-El Jadida;
- 14% sont dans la zone Rabat-Salé-Kénitra;
- 13% à Fès-Meknès;
-12% à Marrakech-Safi
-11% à Tanger-Tétouan-Al Hocïema
- 8% dans le Souss-Massa
- 7% chacun pour l’Oriental et Béni Mellal-Khénifra
- 3% dans le Grand Sud.
Les différentes zones ou villes sont regroupées par grandes régions: Nord-Est, Centre et Sud.
La marge d’erreur pour l’ensemble de l’échantillon est de plus ou moins 3,7%, ce qui signifie qu’on ne peut pas tirer de conclusion ferme s’il y a une différence inférieure ou égale à 3,7 entre deux réponses. Naturellement, plus petite est la base, plus grande est la marge d’erreur.
Un quart des interviewés a entre 15 et 24 ans, 22% ont entre 25 et 34 ans, 19% entre 35 et 44 ans, 15% entre 45 et 54 ans, 10% entre 55 ans et 64 ans et 9% ont plus de 65 ans.
Les catégories socioprofessionnelles sont représentées à raison de 13% de A-B, 56% de C et 31% de D-E. Pour définir ces catégories, Sunergia a un modèle qui tient compte de trois familles de critères, plus l’âge du répondant: revenu monétaire mais aussi type d’habitation, profession du chef de ménage…

 

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