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Autonomisation des femmes: Espod exporte son modèle à Dakar

Par Ahlam NAZIH | Edition N°:5185 Le 09/01/2018 | Partager
L’ONG prépare sa première implantation en Afrique subsaharienne
De nouvelles antennes dans des villes marocaines aussi
Une certification qualité en projet
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Chadia Mlahfi, présidente de Espod Casablanca: «Nous nous préparons à exporter notre marque, avec des standards de qualité et des process bien définis. Là où nous irons, nous travaillerons de la même manière pour accompagner les femmes» (Ph. Jarfi)

Le taux d’activité des femmes marocaines fait partie des plus faibles au monde. A peine 21,3% possèdent un emploi ou sont en train d’en chercher (HCP, 3e trimestre 2017). L’écrasante majorité est tout simplement inactive. Certaines ONG ont fait de l’autonomisation des femmes leur raison d’être. Espod (Espace Point de Départ), fondée il y a près de 27 ans par deux femmes passionnées (Sabah Chraïbi et Fatouma Benabdenbi), en fait partie. L’association couvre aujourd’hui plusieurs régions.

A Casablanca-Settat, elle gère 4 centres (bientôt un cinquième à Had Soualem). L’ONG est aussi présente à Rabat, Tanger et Fès. Marrakech, Agadir et Laâyoune suivront. Une antenne est, en outre, en préparation à Dakar. «Si nous arrivons à décrocher l’utilité publique et à bénéficier d’une subvention, nous pourrons réaliser ce projet dès cette année. Notre dossier est fin prêt», livre Chadia Mlahfi, présidente de Espod Casablanca.

«Nous pourrons effectuer un benchmark avec l’Afrique subsaharienne, former des formateurs et transmettre nos programmes et nos process. Nous espérons bénéficier de l’appui de l’INDH et de la Fondation Mohammed V pour la solidarité», poursuit-elle.
L’association ne compte pas faire les choses à moitié. Un programme de formation de ses ressources humaines sera lancé, des fiches de poste seront élaborées et une certification qualité sera entamée.

L’une de ses plus récentes antennes se trouve à Dar-Bouazza (Casablanca). Espod a en fait repris, il y a un an (décembre 2016), un centre de la Fondation Mohammed V pour la solidarité, abandonné depuis sept ans par l’association qui le gérait. Après avoir réaménagé tout le bâtiment, l’équipe de l’ONG est allée à la rencontre des femmes en situation difficile de la région.

«Nous avons visité les douars et  bidonvilles, fait du porte-à-porte et distribué des flyers. Nous avons découvert le vrai Dar-Bouazza», confie Chadia Mlahfi. Les femmes ont très vite commencé à s’inscrire. Plusieurs dizaines ont été accueillies. Coupe et couture, cuisine et hôtellerie, caoching en management, entrepreneuriat, développement personnel et hygiène… plusieurs formations sont offertes.

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En décembre dernier, Espod a fêté le premier anniversaire de son centre de Dar-Bouazza. L’occasion pour les lauréates, désormais auto-entrepreneurs ou membres de coopératives, d’exposer leurs produits. Dans ce centre, des classes de préscolaire sont également ouvertes (Ph. A.Na)

Une chance inouïe pour ces jeunes et mères de famille de se doter de compétences et de pouvoir enfin compter sur elles-mêmes. Des cours d’alphabétisation en français sont également dispensés. L’offre englobe, par ailleurs, des classes de préscolaire pour les 3-6 ans (100 DH par mois). «Malheureusement, nous souffrons de l’absence de transport scolaire», regrette la directrice. Un espace potager pédagogique bio est créé.

«Pour l’instant, les légumes sont distribués ou utilisés dans les cours de cuisine. Mais notre objectif est de monter une économie circulaire. Les récoltes seront transformées par des artisanes et servies dans un café solidaire, qui permettra au centre d’être financièrement autonome», explique Mlahfi. Ne bénéficiant d’aucune subvention, l’association est contrainte de monter des projets.

En une année, deux promotions en sont déjà sorties avec, à la clé, un diplôme de l’Entraide nationale. Certaines lauréates ont été accompagnées pour devenir auto-entrepreneurs. D’autres se sont regroupées en coopératives. Quelque six se sont ainsi constituées.

Complètement transformées, les femmes appréhendent l’avenir beaucoup plus sereinement. C’est le cas de Zahira, une jeune maman célibataire, rejetée par sa famille. Elle est aujourd’hui auto-entrepreneur et formatrice dans plusieurs centres.

 

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