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Economie

Compensation: La charge explose du tiers en 2017

Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:5185 Le 09/01/2018 | Partager
Sous l’effet des cours du gaz butane et de la hausse de sa consommation
Elle reste toutefois en phase avec le montant budgétisé
L’achèvement de la réforme renvoyé à 2020
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Le coût mensuel de la compensation (gaz butane et sucre) s’élève à 1,2 milliard de DH. La part du lion revient, bien évidemment, au butane  qui s’accapare 73% du montant global de la subvention

C’est sans surprise. La charge  globale de compensation  au titre de 2017 explose de près du tiers à 13,4 milliards de DH. C’est la résultante à la fois de la remontée des cours du pétrole et de la hausse de la consommation du gaz butane. Néanmoins, cette charge reste quelque peu en dessous du montant budgétisé par la loi de finances 2017: 14,6 milliards de DH.

Son aggravation, cette année, n’est pas exclue, dans la mesure où les prix du brut auxquels sont   corrélés ceux du gaz butane ont amorcé une tendance haussière depuis l’été dernier. D’ailleurs le bond de 32% de la charge, l’année passée, tient surtout à  l’explosion de 42% du soutien accordé au butane. Celui dont bénéficie le sucre n’a crû que légèrement de 2%.

Cependant, l’achèvement de la réforme n’interviendrait qu’en 2020. Selon le ministre délégué chargé des Affaires générales et de la Gouvernance, Lahcen Daoudi, les mécanismes du ciblage ne seront mis en place qu’en 2019 pour en finir avec le système actuel. D’ici cette échéance, c’est donc le statu quo, bien que le gaz profite davantage à l’agriculture et à la restauration hors domicile, reconnaît le ministre. D’ailleurs, l’examen de la consommation mensuelle du butane fait ressortir des pics durant la période de forte chaleur. Ce qui s’explique par les flux touristiques mais aussi par l’irrigation des cultures.  

Sur les 11 premiers mois de l’année passée, la charge  de la subvention du gaz butane a enregistré  une forte hausse  de 46% par rapport à la même période de 2016 pour s’établir à 9 milliards de DH. Cette explosion est essentiellement due à l’augmentation du cours de ce produit sur les marchés internationaux. Elle résulte également de l’augmentation des volumes distribués de  3,32% à 2,1 millions de tonnes.

Après une longue période d’accalmie, les cours du pétrole se sont orientés à la hausse. Sur l’ensemble du mois d’octobre, le  Brent avait franchi la barre de  60 dollars le baril. Depuis le mois de juin 2017, la courbe des prix du Brent s’est inversée, avec un rebond de l’ordre de 20%  et un relèvement de 12% sur un an. Ainsi, après deux années de  chute des prix, le secteur pétrolier pourrait connaître un essor en 2018.

Les prix du sucre risquent également de connaître la même tendance à la hausse. A 390 dollars la tonne, ils  ont atteint le plus haut depuis 2 mois.
Pour le moment, le marché de sucre  est excédentaire mais fait suite à deux campagnes déficitaires. En outre, chacun s’attend à d’importants changements dans le mix énergétique brésilien.

A la faveur du marché du pétrole, le 1er producteur et exportateur mondial, en l’occurrence le Brésil, peut décider d’orienter une bonne part de sa production de betterave à sucre vers l’éthanol. D’autant plus que le marché du brut reste promis à la hausse.

Ce qui signifie moins de canne pour la fabrication de sucre. Ainsi, les stocks mondiaux seraient plus faibles qu’attendus, laissant peu de marge, en définitive, si un aléa climatique devait surgir. Sans oublier que le Brésil pèse pour 40% dans le marché mondial du sucre.

92% d’arriérés apurés

La loi de finances 2017 a prévu une dotation budgétaire globale pour la compensation de l’ordre de 14,6 milliards de DH. Un montant qui cible la consommation du gaz butane et du sucre. Mais aussi des mesures d’accompagnement à l’ONEE.

Au 29 décembre 2017, le montant de la subvention débloqué s’est élevé à 14,05 milliards de DH, dont 1,2 milliard de fonds propres de la Caisse. Ce montant se décompose de 4,85 milliards de DH pour le sucre et 9,2 milliards pour le butane.

 A la fin de l’année 2017, le montant des créances non encore payées et dues aux sociétés de gaz butane avait atteint 1,2 milliard de DH. En revanche, tous les arriérés de l’opérateur sucrier ont été apurés.

 

 

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