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Témara: Un premier abattoir de proximité pour la volaille

Par Noureddine EL AISSI | Edition N°:5183 Le 05/01/2018 | Partager
Un projet réalisé par un MRE spécialisé dans le domaine
Des équipements préservant la qualité et l’hygiène du poulet
Une alternative pour les tueries informelles largement répandues dans nos villes
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Avec un circuit court sans transport de la marchandise, l’abattage de proximité permet la préservation de la qualité et la fraîcheur de la viande du poulet (Ph NEA)

Un abattoir moderne de proximité de volaille est opérationnel, depuis deux mois, au quartier Wifak à Témara. Il s’agit de la première expérience de ce type d’unité  dans la région et probablement au Maroc, souligne Mohamed Hayef, promoteur de ce projet. Né et ayant grandi en France, ce dernier a acquis une expérience professionnelle dans le secteur de la volaille notamment à Paris et Marseille. Son rêve était de retourner au pays pour s’y installer définitivement.

Pour ce faire, il a commencé, depuis près de deux ans, à préparer son projet de Témara en s’inspirant du concept des abattoirs de proximité en France. «La conception et la fabrication du matériel et des équipements ont été réalisées avec l’aide d’un opérateur français avec qui je travaillais à Marseille», raconte Hayef. En optant pour une SARL, il a baptisé son unité «Dar El Farouj».

Le circuit court sans transport de marchandises constitue le point fort des abattoirs de proximité, ce qui  leur permet d’offrir directement aux clients un poulet avec une viande fraîche et abattu et traité dans de bonnes conditions hygiéniques, explique le patron de Dar El Farouj. Après l’arrivée du poulet vif tôt le matin, on procède tout d’abord au pesage de la marchandise avant de passer à l’opération d’abattage qui commence vers 8h et dure deux heures.

Contrairement à ce qui se passe dans les tueries clandestines, au niveau de notre local, on assure une séparation entre le poulet vif et celui abattu, indique Mohamed. Après, le poulet passe par une chaîne d’opérations: plumaison, retrait des pieds, éviscération, lavage, séchage, stockage dans une chambre froide…Assurer l’abattage dans de bonnes conditions a un coût. D’une capacité totale de 800 têtes par jour, la réalisation de cette unité a  nécessité la mobilisation d’un investissement de près de 900.000 DH. 

Mais la rude concurrence des abattages informels (Riacha) compromet lourdement le projet de Mohamed. «En me limitant seulement à la prestation d’abattage au profit des tiers avec un prix de 2,7 DH la tête, il me serait difficile de couvrir mes dépenses avec 5 employés à charge», avance le patron  de Dar El Farouj. Pour pallier cette situation, il procède à son propre abattage destiné à la commercialisation, dans un local aménagé au sein du projet.

Avec seulement une autorisation accordée par la ville et le bureau d’hygiène, il ne peut pas étendre son commerce aux gros clients comme les restaurants et les hôtels, ce qui handicape le développement de son projet. «Cela nécessite un agrément de l’ONSSA que la réglementation actuelle ne permet pas à ce genre d’unités de bénéficier», regrette l'entrepreneur.

Ce dernier soulève également l’absence d’opérateurs spécialisés dans le traitement des déchets organiques, un créneau qui fonctionne bien en France avec le fort développement ces dernières décennies des abattoirs de proximité.

 

 

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