International

Pourquoi les Iraniens protestent

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5181 Le 03/01/2018 | Partager
Difficultés économiques et répression
Khamenei accuse les «ennemis» du pays
De nombreuses réactions dans le monde
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L’Iran est le théâtre depuis la semaine dernière de violentes protestations contre les difficultés économiques et le régime. La contestation est plutôt sociale que politique. Elle serait née du même sentiment de colère qui a agité d’autres pays frappés par l’austérité, selon les médias étrangers. Depuis son arrivée au pouvoir en 2013, le Président Rohani a mis en place plusieurs mesures d’austérité comme les réductions des budgets sociaux ou les augmentations des prix des carburants.

Elles sont, selon lui, nécessaires face à l’inflation et aux problèmes de devises ainsi que pour tenter d’améliorer l’attractivité de l’Iran pour les investissements. Elu pour un second mandat en mai 2017, Rohani a permis à l’Iran de sortir de son isolement avec la levée des sanctions internationales liées aux activités nucléaires sensibles du pays. La signature en 2015 d’un accord historique avec les grandes puissances sur le programme nucléaire iranien avait fait espérer aux Iraniens une amélioration de leur situation.

Ces dernières semaines, l’agence ILNA a fait état notamment de protestations de plusieurs centaines d’employés du secteur pétrolier pour des retards de paiement, ainsi que des fabricants de tracteurs à Tabriz contre la fermeture de leur usine. La colère n’a fait qu’augmenter avec l’effondrement de sociétés de crédit qui a affecté des millions d’investisseurs.  Outre le regain d’austérité, les doléances portent aussi sur les restrictions concernant les libertés civiques.

L’accès aux réseaux sociaux est de nouveau restreint. Les autorités iraniennes accusent des groupes «contre-révolutionnaires» basés à l’étranger d’utiliser ces réseaux pour appeler les gens à manifester. Le Président Hassan Rohani reconnaît que l’Iran doit fournir un espace pour que la population puisse exprimer ses inquiétudes quotidiennes, mais condamne les violences. Au total, 21 personnes (dont 16 manifestants) ont été tuées dans des violences liées à ces rassemblements.

Le Président iranien a martelé que le peuple répondra aux «fauteurs de troubles et hors-la-loi», qualifiant les protestataires de petite minorité. De son côté, le sous-préfet de Téhéran, ville moins touchée, a annoncé que quelque 450 personnes y ont été arrêtées depuis samedi dernier. Le guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, accuse les «ennemis» de l’Iran d’être derrière les troubles.

En bon donneur de leçons, le Président américain Donald Trump note que «les régimes oppresseurs ne peuvent perdurer à jamais». Moscou estime «qu’il s’agit d’une affaire intérieure iranienne». L’Union européenne «espère que le droit de manifester sera garanti». Inquiète, la Turquie met en garde contre une «escalade et des provocations».

De son coté, la France a exprimé «sa préoccupation face au nombre important des victimes et des arrestations». Pour Paris, le droit de manifester librement est un droit fondamental. Il en va de même de la libre circulation de l’information.

 

 

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