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Régions

Le Drâa Tafilalet dort sur un énorme potentiel minier

Par Sabrina BELHOUARI | Edition N°:5181 Le 03/01/2018 | Partager
Or, cuivre, manganèse, cobalt et bien d’autres... 4 grosses exploitations seulement
Tourisme, agriculture, cinéma... d’autres filons de la région
Elaborer un plan de développement régional, impliquer l’élite politique, des indispensables
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Drâa Tafilalet est dotée d’une gamme variée de produits miniers tels que l’or, le cuivre, la barytine, l’argent, le manganèse, le cobalt, l’oxyde de fer, le marbre, le talc, le mica, le plomb, le zinc, l’antimoine, le fluorine, et le feldspath. Sur une quarantaine d’exploitations minières industrielles au Maroc, quatre des plus importantes (Imiter, Bouazzar, Imini et Mestadem) sont situées dans la province de Ouarzazate et une (Jbel Abdellah) au niveau de la province d’Errachidia (Ph. SB)

A peine un an et demi après sa création, la section régionale Draa Tafilalet de la CGEM est très optimiste quant au potentiel dont regorge son territoire d’action, mais reste raisonnable en ce qui concerne les défis à relever.

«C’est une chance pour la région que le Drâa-Tafilalet ait été créé, dans le sens où ces zones qui n’ont pas eu la chance de se distinguer auparavant dans leurs régions respectives, ont aujourd’hui cette opportunité grâce aux multiples possibilités que leur procure la régionalisation avancée», remarque Abdellatif Al Ansari, président de la section régionale Draa Tafilalet de la CGEM.

Afin de jouer son rôle de force de propositions du secteur privé et d’assurer la représentation de l’ensemble des entreprises de la région auprès du conseil d’administration de la CGEM et du conseil national de l’entreprise, la section Draa Tafilalet place deux chantiers en priorité.

Le premier chantier concerne la participation de la CGEM à l’élaboration du Plan de développement régional qui devrait sortir d’ici mars ou avril 2018. Il s’agit d’un travail de réflexion afin de formuler des propositions concrètes dans l’ensemble des axes relatifs à l’économie et l’environnement des affaires dans la région.

L’autre chantier auquel s’attelle la section est l’organisation pendant le premier trimestre 2018, du Conseil national de l’entreprise de la CGEM à Errachidia, qui permettra la présentation de la région et de son potentiel économique. Deux chantiers qui expriment l’urgence d’accélérer l’ouverture de la région à l’investissement et au développement auquel aspirent les cinq provinces.

«Il y a des secteurs porteurs et des niches d’investissement énormes dans le Drâa-Tafilalet. Mais l’un des obstacles les plus importants au décollage de la région est celui de l’implication de l’élite politique», estime Al Ansari. Autrement dit, c’est à l’élite politique de plaider en faveur de sa région lors des rencontres avec les instances gouvernementales et pousser à prendre des décisions au profit du développement économique et de d’investissement.

Pour l’heure, malgré les sollicitations de la CGEM, un faible retour est constaté auprès des instances politiques locales alors qu’elles pourraient donner un véritable coup de pouce à l’économie locale.

Niches d’investissement énormes

Le secteur touristique est assez bien exploité, mais au potentiel encore à développer, et nécessitant un assainissement pour le cas des établissements en difficultés. Dans ce sens, la CGEM pousse vers la création d’un Conseil régional de tourisme pour mieux cerner les problématiques et les enjeux du secteur et tirer vers le haut l’ensemble de la profession.

Le cinéma, de son côté, recèle d’innombrables potentialités si l’ensemble de l’écosystème bénéficie du soutien et de la restructuration nécessaire pour être concurrentiel au niveau international. Pour le secteur agricole, l’un des piliers économiques de la région, le plan Maroc Vert a réalisé beaucoup d’avancées en matière de modernisation du secteur, notamment pour le palmier dattier et l’olivier, ce qui a créé de la richesse et de l’emploi, et a poussé également vers la structuration des métiers liés au secteur.

Il est toutefois primordial pour la CGEM de poursuivre cette évolution avec le développement de l’industrie agroalimentaire pour créer de la valeur ajoutée sur le territoire de la région. Mais contrairement à ce qu’on pourrait croire, selon la CGEM, et de point de vue potentiel de développement, c’est le secteur minier qui présente le plus d’opportunités.

Le patrimoine minier de la région de Drâa-Tafilalet représenterait 40% du patrimoine national, hors phosphates, mais est resté très longtemps au stade artisanal et n’a pas bénéficié d’une politique de développement pour le mener au stade industriel. Chose qui pourrait changer avec la nouvelle loi sur l’activité minière sur le territoire du Draa Tafilalet et la province de Figuig. La révision de la réglementation pourrait représenter une réelle manne économique pour la région.

Ainsi, tourisme, cinéma, agriculture et produits du terroir, mines et artisanat présentent des niches d’investissement énormes et représentent autant de leviers de développement pour la région qui se positionne désormais également sur les énergies renouvelables. Reste à accompagner cet investissement avec plus d’incitations fiscales prenant en considération les spécificités de la région, en particulier en matière d’éloignement géographique.

Création d’entreprises: Une évolution s’impose

La création d’entreprises dans le Draa Tafilalet commence à peine à prendre de la vitesse. Sur les 8 premiers mois de l’année 2017, le Comité régional d’investissement de Drâa-Tafilalet a validé 104 projets d’investissement, soit une hausse de 92% par rapport à 2016, pour une enveloppe globale de 3,2 milliards de DH. Seuls 23 projets adoptés sont dans le secteur industriel. L’industrie, composée de petites et moyennes entreprises peu diversifiées, n’est pas non plus le fort de la région. Sa production est destinée en grande partie à la satisfaction des besoins locaux. L’économie de la région repose essentiellement sur le secteur tertiaire qui crée plus de 61% de la richesse contre 20% pour le secteur primaire et 19% pour le secondaire.

De notre correspondante,
Sabrina BELHOUARI

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