International

Le climat affecte les migrations

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5179 Le 29/12/2017 | Partager
Plus les températures augmentent, plus l’afflux migratoire s’accentue
Les conclusions d’une récente étude

Plus le thermomètre s'éloigne de 20 degrés Celsius (température optimale pour les récoltes agricoles) plus le nombre de candidats à l'émigration augmente. C’est le constat d’une nouvelle étude publiée dans la revue Science par des chercheurs de l'université Columbia à New York. Le changement climatique pourrait quasiment tripler le nombre de demandeurs d'asile dans l'Union européenne d'ici la fin du siècle si les émissions de gaz à effet de serre conser­vaient leur rythme actuel.

Un afflux migra­toire qui pourrait avoir des effets déstabilisa­teurs, résument les chercheurs. D’après leurs calculs, il faudrait compter entre 98.000 et 660.000 demandes d'asile supplémentaires chaque année dans l'UE d'ici 2100. Les cher­cheurs ont examiné les demandes d'asile de ressortissants de 103 pays adressées aux pays de l'Union européenne entre 2000 et 2014. Ils les ont comparées aux variations de température dans chacune de ces nations.

S'appuyant sur les projections de hausse de la température mondiale d'ici 2100, les au­teurs de l’étude ont déterminé qu'une hausse moyenne de 1,8 degré entraînerait un bond de 28% des demandes annuelles d'asile dans l'UE à cet horizon. C'est le scénario le plus favorable, avec un plafonnement des émissions ces prochaines décennies avant une diminution. Mais avec le maintien du rythme actuel, la Terre pourrait se réchauffer de 2,6 à 4,8 degrés d'ici 2100.

Les demandes annuelles d'asile pourraient alors bondir de 188% à cette date, à 660.000 de plus qu'aujourd'hui. Plusieurs études ont montré l’impact du changement climatique sur les sociétés. L'une d'entre elles, publiée en 2011 dans la revue britannique Nature, révélait le lien entre l'apparition cyclique du courant équatorial chaud du Pacifique El Nino et les sécheresses ayant accru les violences et les guerres autour du globe.

Sécheresse, soulèvement...

Une autre étude, publiée en 2015 dans les Comptes-rendus de l'Académie américaine des sciences (PNAS), montrait que le changement climatique avait contribué à la sécheresse de 2006 à 2010 au Proche-Orient. Il avait été un catalyseur du soulèvement en Syrie en 2011 qui a conduit à la guerre civile. L'inquiétude est grandissante en Allemagne, qui a accueilli la plus grande partie des immigrés syriens. Le regain du sentiment anti-immigrants sur le Vieux continent a également été pointé du doigt notamment pour la décision de construire un mur à la frontière hongroise et pour la victoire du Brexit au Royaume-Uni.

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