Entreprises

Chtouka/Dessalement: La station suspendue à l’adhésion des agriculteurs

Par Fatiha NAKHLI | Edition N°:5179 Le 29/12/2017 | Partager
A peine une cinquantaine de souscriptions
Elles représentent 2.700 ha, soit 22% du périmètre de sauvegarde de la nappe
Le stress hydrique s’aggrave dans la région

La station de dessalement se présente comme une alternative indispensable pour la sauvegarde de la nappe de Chtouka. La réussite de ce projet est néanmoins tributaire de l’adhésion de l’ensemble des agriculteurs. Particulièrement ceux pratiquant des cultures à haute valeur ajoutée (exportation) à travers la substitution par de l’eau dessalée d’une partie de leurs prélèvements sur la nappe.

Parallèlement, l’Etat mettra en œuvre des programmes visant à accompagner les autres exploitants agricoles pour économiser l’eau d’irrigation et mieux la valoriser à travers une conversion aux cultures d’exportation sous serre. Le nombre d’agriculteurs ayant adhéré au projet a atteint lundi dernier une cinquantaine de personnes représentant une superficie de 2.700 ha. Soit 22% de la superficie globale concernée par le projet de Chtouka.

Les droits de souscription fixés à 5.000 DH par ha sont versés à la signature du contrat. Les droits de raccordement également fixés à 5.000 DH par ha sont payables à la réalisation du raccordement. Le tarif d’eau est quant à lui de 5,4 DH TTC le m3 rendu à la borne, soit 19.440 DH par an et par ha souscrit.

La campagne de souscription va ainsi bon train deux semaines après son démarrage, d’autant plus que tous les acteurs sont conscients que la station de dessalement de Chtouka permet d’envisager l’avenir avec plus de sérénité. Surtout que le déficit hydrique de la nappe de Chtouka est revu à la hausse. Le manque est passé de 60 millions de m3 à 90 millions annuellement, nous annonce-t-on lors d’une conférence de presse tenue mercredi dernier à l’Office régional de mise en valeur agricole (ORMVA) d’Agadir.

Cette situation inquiétante menace en effet la pérennité agricole d’une région considérée comme le grenier du Maroc, assurant 85% des exportations de primeurs et 97% des exportations de tomates. Cette agriculture orientée vers l’exportation fait du Souss-Massa une région compétitive ouverte sur le reste du monde: Union européenne, Amérique du Nord et Russie... permet de générer des entrées considérables en devises, et occupe une main-d’œuvre importante, près de 100.000 emplois sont concernés. Or, la nappe phréatique de Chtouka, à partir de laquelle sont irrigués près de 17.500 ha, subit une surexploitation qui engendre également une avancée du biseau salé dans les terres, détériorant la qualité de l’eau pompée.

Ce premier projet du genre en Afrique s’inscrit dans le cadre d’un partenariat public-privé entre le ministère de tutelle et un délégataire privé, la société Aman El Baraka (cf. notre édition du 9/11/2017). Il est composé de deux piliers interdépendants: la sauvegarde de la nappe par la mise en place du Décret qui sera bientôt publié au journal officiel. Et la production d’eau dessalée pour l’irrigation.

«L’idée du projet trouve son origine dans l’étude de préfaisabilité, réalisée par le département de l’Agriculture avec le soutien de la FAO et complétée par celle effectuée par l’ABH de Souss-Massa», explique Hro Abrou, directeur de l’ORMVA. Cette nouvelle ressource en eau non conventionnelle vient ainsi en substitution partielle ou totale de l’eau prélevée dans la nappe et en complément de celle du barrage Youssef Ben Tachfine pour les exploitations du périmètre public du Massa.

Des infrastructures de pointe

Située à 300 m de la côte et à 44 m d’altitude, dans la commune d’Inchaden au sein du Parc national Souss-Massa, la station de dessalement de Chtouka fonctionnera par osmose inverse. La capacité de production initiale est de 275.000 m3/j à raison d’un débit de 150.000  m3/j pour satisfaire les besoins en eau potable, et d’un débit de 125.000 m3/j pour satisfaire les besoins en eau d’irrigation. L’ouvrage est construit avec des installations pour une capacité à terme de 400.000 m3/j. La livraison de la station est prévue pour 2020.

 

 

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