Régions

Jerada: La grogne s’amplifie

Par Ali KHARROUBI | Edition N°:5178 Le 28/12/2017 | Partager
L'Intérieur dépêche une délégation qui passe au crible le pourquoi du comment
Les manifestants, pacifiques, n'en démordent pas: un autre sit-in prévu ce vendredi
Trois syndicats appellent à une grève générale dans la ville le même jour
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En dépit d'une présence massive des forces de l'ordre et leurs sommations au calme, les manifestants ont bravé toutes les interdictions et tenu leur sit-in en face de la municipalité. Ce mouvement, pacifique insistent les instigateurs, est appelé à se répéter ce vendredi. Les trois centrales syndicales se greffent sur l'évènement et appellent à une grève générale le même jour (Ph. AK)

L’accalmie tant espérée par les autorités locales, suite aux évènements qu’a connus la ville de Jerada ce week-end, ne s'est pas concrétisées. En dépit d'une présence massive des services de sécurité et les multiples sommations au calme et à l'ordre, les manifestants ont tout de même tenu leur sit-in dans la soirée du mardi. Ils sont passés outre l'interdiction et se sont installés sur l’esplanade de la municipalité.

Près de 10.000 personnes, selon les organisateurs, dont le mouvement a été contenu par les forces de l'ordre. Les manifestants sont venus des 4 coins de la ville, mais aussi des villages avoisinants: Hassi Blal et Laâouinate. La présence de personnes âgées, de femmes de tout âge, d’enfants et d’écoliers était remarquable.

Face à cette situation qui peut à n'importe quel moment basculer dans un scénario à "Al Hoceïma", les autorités jouent leur va-tout. Des renforts venus d'autres régions et une délégation dépêchée par le ministère de l'Intérieur pour veiller aux débordements. 

Pour l'heure, la colère des manifestants reste inchangée. «C’est toute une ville qui s’insurge contre la marginalisation et l’absence d’alternatives pour assurer une vie décente à toute cette population», confient à L’Économiste quelques participantes au sit-in. Une d'entre elles, improvisant sa tribune sur un triporteur, élève sa voix pour s'insurger contre les inégalités flagrantes.

Egrenant toutes sortes de revendications sociales, somme toute classiques à toutes les villes pauvres, elle a directement accusé les barons du charbon qui exploitent la misère des mineurs clandestins, et déploré la lenteur dans l'exécution des programmes intégrés de développement.

Un bon point tout de même: elle a surtout appelé à ce que tous les participants aux manifestations respectent l’ordre, veillent sur les biens des citoyens et évitent toute altercation avec les services de l’ordre. «Nos marches sont pacifiques, ne laissez pas les faiseurs de troubles et les récupérateurs idéologiques envenimer notre espoir en une vie meilleure», a-t-elle conclu.

Au cours du même sit-in, des appels ont été lancés pour constituer une commission composée d’acteurs associatifs, de représentants d’associations de chômeurs, de politiciens et de syndicalistes pour exposer les revendications populaires auprès des autorités locales, régionales et toute délégation ministérielle qui visiterait la province.

Il a été également décidé de tenir une grande marche demain vendredi pour interpeller les différents responsables locaux et centraux sur la nécessité de satisfaire les revendications. En parallèle, trois syndicats, la CDT, la FDT et l’UMT, ont appelé à une grève générale dans la ville ce vendredi.

La commission dépêchée par le ministère de l’Intérieur a, de son côté, mis les bouchées doubles, enchaînant les réunions à la wilaya de l’Oriental et à la province de Jerada. Des réunions-marathons qui ont duré plus de 12 heures, selon un cadre de la wilaya de l’Oriental. Elles étaient  consacrées à l’examen de l’état d’avancement des programmes de développement territorial, au recensement des revendications et au déclenchement des programmes de développement qui peuvent être lancés.

De notre correspondant,
Ali KHARROUBI

 

 

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