International

Le barrage de l’Ethiopie continue de diviser

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5177 Le 27/12/2017 | Partager
L’Egypte craint pour son approvisionnement en eau
Le Comité national constitué du Caire, Khartoum et Addis-Abeba
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Prise le 31 mars 2015, cette photo montre le barrage de la Renaissance en plein construction en Ethiopie. L’Egypte craint qu’il n’épuise les ressources du Nil et la prive de sa première source d’énergie (Ph. AFP)

L’Egypte est dans la tourmente. Elle craint que la construction du gigantesque barrage éthiopien de la Renaissance sur le Nil bleu entraîne une réduction du débit du fleuve dont elle dépend à 90% pour son approvisionnement en eau. Pour sortir de l’impasse autour de cet épineux dossier, le chef de la diplomatie égyptienne Sameh Choukry s’est rendu hier mardi à Addis-Abeba.

Le Comité national tripartite du barrage qui réunit Le Caire, Khartoum et Addis-Abeba n’est pas parvenu à se mettre d’accord sur les conclusions d’un rapport initial remis en mai par deux cabinets d’études français, Artelia et BRL. Il évaluait les impacts sociaux et environnementaux de ce barrage sur le Soudan et l’Egypte. Lors de sa visite à Addis-Abeba, le chef de la diplomatie égyptienne devrait mettre en avant des idées et des suggestions visant à aider les parties à approuver les conclusions de ce rapport.

En mars 2015, les trois pays avaient signé un accord de principe les obligeant à aboutir à un consensus par la voie de la coopération au sujet de ce barrage. Avec un coût évalué à cinq milliards de dollars (4,2 milliards d’euros), ce dernier est censé devenir la plus grande centrale hydroélectrique d’Afrique (voir aussi notre édition N°5149 du 16/11/2017).

Le Nil bleu, qui prend sa source en Ethiopie, rejoint le Nil blanc à Khartoum pour former le Nil qui traverse le Soudan et l’Egypte avant de se jeter dans la Méditerranée. Le barrage doit fournir à l’Ethiopie 6.000 mégawatts (l’équivalent de six réacteurs nucléaires) et pourra stocker plus de 70 milliards de m3 d’eau, selon le cabinet BRL. L’Egypte insiste pour sa part sur ses «droits historiques» sur le fleuve, garantis par des traités datant de 1929 et 1959. Ceux-ci accordent près de 87% du débit du fleuve à l’Egypte et au Soudan.

Une fois terminé, le barrage doit créer un lac-réservoir de plus de 200 km de long. Un remplissage étalé sur plusieurs années doit permettre de limiter les pertes en eaux pour l’Egypte et le Soudan. L’Ethiopie construit ce barrage, présenté comme le plus grand d’Afrique, depuis 2012. Au départ il devait être inauguré en 2017 mais d’après des médias, jusqu’ici 60% des travaux ont été achevés. Le pays souhaite devenir auto-suffisant en électricité mais vise aussi l’exportation vers les pays voisins.

 

 

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