Economie

Automobilistes, piétons… Ce qui vous attend dès 2018

Par Nadia DREF | Edition N°:5175 Le 25/12/2017 | Partager
Passage clouté: Les automobilistes qui ne s’arrêtent pas, verbalisés
Des sanctions également contre les piétons en infraction
Il s’agit d’une application du code de la route, 8 ans plus tard!
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Ces amendes sont prévues par le code de la route adopté en 2010. Leur application est obligatoire dès janvier 2018

Face à la recrudescence des accidents de la route, l’Etat serre les vis. Une série de mesures viennent d’être annoncées par le secrétaire d’Etat chargé du Transport, Mohamed Najib Boulif. Elles ne sont pas nouvelles et ne relèvent d’aucune réforme de la loi. Il s’agit plutôt d’une application stricto sensu  des dispositions prévues par le code de la route publié en 2010! C’est dire qu’il a fallu 8 ans pour imposer des mesures, actuellement, controversées.

Verbalisation des piétons, interdiction des pare-buffles, révisions des modalités d’octroi du permis de conduire… Le département du Transport  n’y va pas de main morte cette fois-ci et exige l’application stricte de la loi. «Je suis intransigeant lorsqu’il s’agit de la sécurité routière.

Il est anormal que la moitié des victimes des accidents soient des piétons, dont près de 30% sont des enfants âgés de moins de 14 ans», fait valoir le ministre Pjdiste Mohamed Najib Boulif. Ces mesures puisent leur fondement de la Stratégie nationale de la sécurité routière couvrant la période 2017-2021. Dès le 1er janvier 2018, le secrétaire d’Etat ouvre le feu sur plusieurs fronts.

Pour l’interdiction des pare-buffles, les automobilistes doivent être vigilants. Des contrôles sont prévus dès début janvier prochain. Ceux qui sont en infraction se verront administrer de lourdes amendes, voire des peines d’emprisonnement en cas de récidive.

L’article 157 de la loi 52-05 portant sur le code de la route stipule que «tout constructeur, mandataire, importateur ou propriétaire de véhicule qui refuse ou néglige de soumettre son véhicule, ayant subi des modifications des caractéristiques techniques, à une nouvelle homologation, est puni d’une amende de 5.000 à 30.000 DH». En cas de récidive, le contrevenant encourt trois mois à un an d’emprisonnement et du double de l’amende, ou de l’une de ces deux peines.

Pour les personnes morales, le contrevenant est puni d’une amende de 20.000 à 50.000 DH par véhicule, sans préjudice des peines qui peuvent être prononcées à l’encontre des dirigeants. En cas de récidive, l’amende va du simple au double. Le tribunal peut également ordonner la confiscation du véhicule au profit de l’Etat (immobilisation et mise en fourrière).

La remise en circulation n’est autorisée qu’après sa mise en conformité aux dispositions de la loi. Selon l’article 49 de la loi n° 52-05 précitée, l’homologation des véhicules et de leurs accessoires est effectuée par le Centre national d’essais et d’homologation (CNEH).

Cette opération a pour objectif de s’assurer que le véhicule n’a subi aucune transformation susceptible d’avoir modifié ses caractéristiques techniques ou son mode d’utilisation. Autre élément important: les véhicules ou matériels agricoles et ceux des travaux publics sont exclus par la mesure.

Les piétons ne sont pas en reste. Depuis fin décembre, les dispositions de l’article 187 du Code de la route sont appliquées. Désormais, tout piéton ne traversant pas le passage clouté doit désormais s’acquitter d’une amende forfaitaire de 25 DH ou de 20 à 50 DH. Toutefois, ces sanctions ne sont appliquées que pour les artères où des passages cloutés existent dans une séance n’excédant pas les 50 m.

En attendant la généralisation des infrastructures et de la signalisation, les autres artères et boulevards sont exclus. Les automobilistes sont également visés par l’article 219 de la loi 52-05. En cas de non-arrêt devant le passage piéton, les amendes varient de 300 et 700 DH. Le contrôle sera également corsé pour le transport à l’avant des enfants de moins de 10 ans.    

Pour le ministre Mohamed Najib Boulif, d’autres défis restent à relever pour réduire la mortalité parmi les piétons. Il s’agit de la généralisation de la signalisation et la construction de passerelles réservées aux piétons (15 sont prévus d’ici 2021). Des campagnes de sensibilisation dédiées aux piétons sont prévues pour ancrer la nécessité de traverser sur les passages dédiés. Egalement dans le pipe, la limitation de la vitesse à 30 km/h à côté des zones d’habitation et des écoles. Des radars fixes y seront également implantés.

Plus cher le permis de conduire!

Le secrétaire d’Etat s’attaque également à la mise à niveau des conditions d’octroi du permis de conduire. Répondant à une doléance des opérateurs, le tarif a été fixé à 3.550 DH, sachant qu’auparavant chacun appliquait le prix qu’il voulait. Il y a même des gérants d’auto-écoles qui ont demandé à ce que la tarification du permis monte à 12.000 DH! En contrepartie, les auto-écoles sont obligées de faire bénéficier le candidat de 20 heures de formation théorique et de 20 heures de formation technique. Les modalités de l’examen ont également été revues. Pour réussir l’examen théorique, le candidat doit obtenir une note minimale de 34/40 au lieu de 30/40 auparavant. Pour réduire les fraudes, une base de données comportant 1.000 questions a été élaborée. Une tournée en ville est également introduite, au lieu de circuit de l’examen. C’est dire que le candidat doit maîtriser la conduite en situation réelle. «90% des accidents sont dus à l’erreur humaine», tient à préciser Boulif. Pour monter en qualité, il y a l’obligation de se limiter à 10 candidats par véhicule et par moniteur.

 

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