Entreprises

L'entrepreneuriat citoyen gagne du terrain

Par Badra BERRISSOULE | Edition N°:5174 Le 22/12/2017 | Partager
Le monde du business devient acteur du changement
Les entreprises ont plus de possibilité pour créer des solutions que les institutions
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Pour Amandine Lepoutre, fondatrice du Think Tank Thinkers and Doers, la rencontre d’Essaouira se veut un temps de réflexion qui pourrait définir 10 règles utiles pour les entrepreneurs engagés (Thinkers and Doers)

- L’Economiste: Quels sont les pays les plus avancés dans l'Entrepreneuriat Citoyen?
- Amandine Lepoutre:
Aujourd'hui, nous sommes face à une nouvelle génération de leaders. Ils créent leur entreprise en alliant le business à des enjeux sociétaux, comme ces sociétés, économiquement rentables, et qui permettent de trouver des solutions locales sur le tri des déchets ou pour lutter contre le gaspillage alimentaire. Nous nous sommes aperçus, dans tous les pays où nous sommes allés, que cette tendance énorme touchait la petite entreprise comme le grand groupe et la multinationale. Tout le monde a compris qu’il fallait être en lien avec la société et répondre aux enjeux qui sont en train de faire le monde de demain. Car, sinon, les entreprises ne feront plus de performances économiques. Quant aux pays les plus avancés sur cette question, je dirais la Tunisie, le Liban, la France et l’Angleterre. Cette tendance, nous l’avons trouvée partout où nous sommes allés en Europe et en Afrique. Mais si nous le constatons localement, l’économie citoyenne a bel et bien une ampleur internationale.
 
- Quelle est la place du Maroc dans cette tendance à l’économie solidaire? Et que lui manque-t-il pour aller plus loin?
- Je ne sais pas encore ce qu’il faudrait au Maroc pour aller plus loin sur ce sujet. En revanche, j’observe une incroyable effervescence au sein des entreprises engagées sociétalement. Que ce soit dans les domaines de l’éducation, de la santé, des nouvelles technologies ou des énergies. Tout est une question de temps. Si encore peu d’entreprises sont labellisées pour leurs engagements, c’est juste qu’il leur faut du temps pour être reconnues. J’ai vraiment la sensation d’une forte dynamique. Les entreprises ont plus de possibilités pour créer des solutions que les institutions, mais elles ont besoin des pouvoirs publics pour accélérer et avoir les moyens d'entrer dans une dynamique de collaboration internationale plus forte. Un nouveau partenariat public-privé est en train de se dessiner. Les entreprises en ont besoin.
 
- Pendant longtemps, le monde du business a dédaigné l'engagement social. Qu'est-ce qui, selon vous, a fait renverser la vapeur?
- Ce sont bien sûr les crises économiques qui ont obligé les entreprises à redéfinir leur rôle, mais il y a surtout une sorte d'accélération pour répondre à des enjeux comme l’urgence climatique dans laquelle nous sommes. Alors forcément, le monde du business a compris qu’il pouvait être un acteur de changement. Le poids du privé est fondamental pour se mettre en rapport avec notre environnement. Tout le monde y gagne.
Propos recueillis par Badra BERRISSOULE

 

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