Analyse

Croissance: La météo et... les prières!

Par Franck FAGNON | Edition N°:5173 Le 21/12/2017 | Partager
Jouahri: «Il faut que la croissance soit moins dépendante du PIB agricole et des conditions climatiques»
La Banque centrale abaisse ses prévisions pour 2017 et 2018
Le Conseil de BAM maintient son taux directeur à 2,25%
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La croissance fluctuera au gré du comportement du PIB agricole les deux prochaines années. Malgré la diversification de l’économie, le Maroc n’a pas encore réussi à se défaire de la dépendance du PIB agricole et des conditions climatique

Le taux directeur de la Banque centrale restera à 2,25% pour au moins trois mois. Sans surprise, le Conseil de Bank Al-Maghrib a maintenu le statu quo à l’issue de la réunion trimestrielle de décembre, dans un contexte d’inflation modérée (0,7% en 2017). Les prévisions d’inflation pour les deux prochaines années ressortent à 1,5% en 2017 et 1,6% en 2018.

Des niveaux qui n’entraîneraient pas un resserrement monétaire anticipé par certains analystes, à moins que des éléments nouveaux viennent modifier le scénario de la Banque centrale. Celle-ci a réajusté ses prévisions de croissance à 4,1% en 2017 soit 0,2 point de moins que les précédentes projections. Le rythme devrait encore décélérer en 2018 à 3% sous l’effet du repli du recul de la valeur ajoutée agricole.

La performance des activités non agricoles s’améliore (2,7% en 2017 à 3,4% en 2018) mais demeure atone. Le travail de diversification de l’économie ne produit pas encore des résultats probants pour s’émanciper du PIB agricole et des conditions climatiques. «Il faut retrouver un certain dynamisme sur le non-agricole en encourageant les exportations et en se mettant dans les chaînes de valeur ajoutée mondiale.

Nous devons développer les métiers mondiaux sans oublier les secteurs classiques», suggère Abdellatif Jouahri, wali de Bank Al-Maghrib. Dans  le tableau brossé par la Banque centrale, la situation du marché du travail reste préoccupante. Le taux de chômage s’est établi à 10,6% au troisième trimestre. Plus de 45% des jeunes citadins de 15-24 ans sont sans emploi.

Le rétablissement des équilibres macroéconomiques a pour l’instant peu d’effet sur la croissance et l’emploi. Le déficit du compte courant baisserait à 3,6% du PIB en 2017 et se stabiliserait à ce niveau l’année suivante. Au niveau des finances publiques, le gap se situerait à 3,5% du PIB et convergerait à moyen terme vers l’objectif de 3%. Les prévisions de la Banque centrale ne tiennent pas compte d’un éventuel ajustement sur des subventions.

Les clarifications sur le régime de change

Les résultats de l’investigation de l’Office des changes après les  soupçons de spéculation sur le dirham l’été dernier devraient être rendus publics. Bank Al-Maghrib, l’Office des changes et les banques vont ensemble clarifier les agissements sur le marché des changes en mai et juin dernier.
Revenant sur le changement, à la dernière minute, du calendrier de mise en œuvre de la réforme du régime de change, le wali de Bank Al-Maghrib a estimé que toutes les études d’impacts nécessaires avaient été effectuées. C’est un préalable pour mener une réforme de cette envergure, a-t-il laissé entendre. Le principal argument évoqué par le gouvernement pour justifier le report ne tiendrait donc pas debout. Tôt ou tard, le Maroc devra entamer la migration vers le taux de change flexible pour soutenir l’économie et notamment son ambition de hub financier en Afrique. Reste à savoir dans quelles conditions il va y aller.
La Banque centrale comme le FMI estiment toujours que la fenêtre est propice pour mener une migration en douceur. «Si nous tardons ou ne menons pas les réformes, elles seront plus dures, voire impossibles à réaliser», avait prévenu Abdellatif Jouahri en septembre dernier.

 

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