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Analyse

Entreprise familiale: Quand les dirigeants marocains s’accrochent au pouvoir

Par Stéphanie JACOB | Edition N°:5172 Le 20/12/2017 | Partager
Une culture de transmission encore trop frileuse
Vécue comme une obligation, elle est souvent mal préparée
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Dans le cadre de la succession familiale, près de 60% des dirigeants cédants potentiels ou avérés justifient leur choix par leur volonté d’assurer l’avenir de leurs descendants. Alors que 4 sur 10 évoquent le maintien d’une tradition familiale, le tiers avoue vouloir ainsi continuer à y garder une certaine influence

60% des entreprises marocaines ont vécu ou prévoient leur succession. D’après les chiffres du cabinet d’audit BDO, en 2016, la vente à un tiers est privilégiée par 6 dirigeants sur 10, qui sont toujours plus nombreux à bouder la transmission familiale, qui représente 53% en 2016 contre 67% en 2011.

Quand la succession reste en famille, la majorité des dirigeants cédants potentiels ou avérés justifient leur choix par leur volonté d’assurer l’avenir de leurs descendants. Alors que 4 sur 10 évoquent le maintien d’une tradition familiale, le tiers avoue vouloir ainsi continuer à y garder une certaine influence.

Pour autant, 12% seulement de ces entreprises pensent à effectuer certains changements comme une restructuration, l’assainissement des comptes ou l’investissement, en prévision d’une transmission. Face à cela, à peine 7% des «repreneurs» entreprennent une démarche spécifique ou une formation en vue de se préparer à cette reprise. L’expert-comptable est de loin le prestataire privilégié par les dirigeants d’entreprise pour les accompagner dans une opération de transmission.

Car, s’ils sont généralement plutôt optimistes sur ce sujet, il leur faut dépasser les problèmes avec les partenaires (clients, fournisseurs, banques, créanciers) et les difficultés internes à l’entreprise, sans compter les relations cédant-repreneur. Au Maroc, malgré une légère évolution, il n’existe toujours pas de véritable culture de transmission d’entreprises.

Les patrons qui envisagent la transmission externe (hors familiale) se disent d’ailleurs bloqués par l’absence de marché et de plateforme de mise en relation entre cédants et repreneurs. Plus souvent vécue comme une obligation et non un véritable choix, la transmission est ainsi mal ou pas du tout préparée, pesant alors sur la pérennité de l’entreprise. Difficile pour les dirigeants de regarder la retraite en face.

Il y a le côté affectif qui joue et la peur de perdre son pouvoir patriarcal et familial. Changer de statut social et abandonner son titre de «chef d’entreprise», c’est, pour beaucoup, ce qui les empêche d’envisager leur succession. La conscience de la responsabilité sociale et l'intérêt pour le bien de l’écosystème font également défaut.

Une transmission d’entreprise peut également être noircie par des comptes non transparents et une personnalisation à outrance du management. Alors, puisque transmettre, c’est partager les fruits de l’entreprise, il faut déjà s’assurer de sa pérennité.

 

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