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Politique

Les Dialogues des Atlantiques redistribuent les cartes

Par Badra BERRISSOULE | Edition N°:5170 Le 18/12/2017 | Partager
La 6e édition dédiée aux fragilités du continent africain
Sécurité, migration, éducation, des enjeux qui demandent une plus grande coopération

Migration, éducation, énergie, agroalimentaire… autant de thèmes débattus à la 6 e édition des Dialogues des Atlantiques dont les travaux se sont déroulés à Marrakech jusqu’au vendredi dernier. Des enjeux qui appellent un débat franc et constructif, précisent les organisateurs.

  Pas moins de 350 participants, représentant 90 pays, y ont pris part dont d’anciens présidents latino-américains: Eduardo Duhalde (Argentine), Jorge Quiroga (Bolivie) et Michel Rodriguez (Costa-Rica), d’anciens Premiers ministres comme Aminata Touré et Lionel Zinsou ainsi que les anciens ministres des Affaires étrangères Hubert Védrine (France), Miguel Angel Moratinos (Espagne) en plus de chefs d’entreprise.

Des personnalités connues pour leur franc-parler et qui façonnent la diplomatie parallèle. Derrière cet événement, il y a une conviction de comprendre l’espace atlantique dans sa composante élargie. Initiés depuis 2012 par l’OCP Policy Center, les Dialogues des Atlantiques se veulent comme incubateur d’idées et source proactive de propositions pour les décideurs et toutes les parties prenantes.

Cette année,  ces dialogues se sont saisis du discours de l’Afrique et du rapprochement du continent avec l’Amérique. «Les Etats-Unis de Barack Obama avaient tenté un début de rapprochement avec l’Afrique, mais qui a été vite enrayé depuis l’arrivée de Donald Trump au pouvoir», déplore Daniel Hamilton, directeur exécutive du Centre des relations transatlantiques relevant de la Hopkins University.

Les autres pays du continent américain évoluent dans le même sillage à l’exception du Brésil. Pourtant, renforcer les flux commerciaux et financiers entre les deux rives de l'Atlantique permettrait d'exercer une influence plus marquée dans la régulation des marchés internationaux et de résorber certains fléaux tels que l’insécurité alimentaire ou encore la pauvreté.

Car, l’Afrique vit aujourd’hui un boom démographique sans précédent sur fond de crises identitaires, humaines, sociales et économiques. De telles crises risquent de s’aggraver à l’horizon 2050 car près de 2 milliards et demi d’habitants sont attendus sur le continent. Beaucoup de pays africains restent aujourd’hui encore en proie à une vulnérabilité socio-économique extrême et risquent de ne pouvoir s’adapter à temps à la taille future de cette nouvelle population qui est attendue. Le salut du continent passe par une meilleure politique d’éducation.

Celle qui implique les communautés savantes en amont et en aval, qui fait appel à des partenariats internationaux et qui prend en marche le train de la technologie, insistent les participants. Ce n’est qu’à travers l’éducation que l’on pourra lutter contre l’insécurité et augmenter la croissance économique du continent.

«Vous pouvez élever des murs qui atteindraient les cieux, vous pouvez fabriquer les armes les plus sophistiquées qui soient, mais développer les ressources humaines africaines serait un effort moindre et beaucoup plus efficace pour lutter contre l’insécurité et pour freiner les flux migratoires en Afrique!». Engagement, vision, résilience, coopération et leadership.

Ces mots étaient aussi récurrents durant la séance plénière dédiée aux problèmes sécuritaires dans la région du Sahel et aux meilleurs moyens de les éradiquer. «Ce n’est qu’en étant convaincu de l’importance de ces mots magiques que l’on pourra aller de l’avant pour résorber les problèmes sécuritaires au Sahel», souligne Youssef Amrani, chef de mission auprès du Cabinet royal.

«Les seuls véritables moyens disponibles pour améliorer la sécurité dans cette zone reposent essentiellement sur la coopération entre les pays africains», affirme de son côté le Général Nick Parker du RUSI qui a dirigé de nombreuses campagnes et opérations militaires dans le monde.

«Le Maroc qui dispose d’un pouvoir militaire non négligeable est capable de jouer un rôle très important et intervenir directement contre les terroristes et aussi pour entraîner les troupes maliennes présentes sur place et qui sont aujourd’hui complètement dépassées face à l’ennemi», ajoute Parker.

Le Maroc impressionne!

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«Plus personne aujourd’hui ne peut vraiment se targuer d’avoir le dernier mot, que ce soit en matière de leadership politique ou économique!», estime Hubert Védrine, ancien ministre français des Affaires étrangères. «Les politiques étrangères sont devenues de plus en plus dépendantes de l’opinion publique. Aujourd’hui, les Occidentaux ne dominent plus le monde. Plus personne ne le domine d’ailleurs, même pas la Chine, malgré tout ce que l’on peut en dire!», ajoute-t-il. L’Afrique d’aujourd’hui  ne veut plus d’aides des puissances occidentales ou asiatiques, elle sollicite plutôt des investissements et cherche à se doter d’outils efficaces qui lui permettront d’instaurer une meilleure gouvernance, de combattre la corruption, de réussir son modèle économique, de former ses jeunes. Védrine a par ailleurs loué le rôle ambitieux du Maroc en Afrique qui «impressionne ses partenaires en Afrique et en Europe». Les interventions du Royaume ne sont pas que diplomatiques, mais aussi économiques à travers ses banques, sa compagnie aérienne, le groupe OCP… qui l’ont hissé au rang du premier investisseur en Afrique de l’Ouest et 2e au niveau du continent.

 

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