Economie

Accord de pêche Maroc-UE: Les provinces du Sud, grandes gagnantes

Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:5170 Le 18/12/2017 | Partager
66% du budget global leur est dédié
Création d’emplois et amélioration des conditions de travail
Le dernier rapport d’audit européen positif pour les deux parties

A moins d’une année de son expiration, le protocole de l’accord de pêche Maroc-UE est jugé satisfaisant par l’exécutif européen. Le rapport dressé à cet effet  par la Direction des affaires maritimes de la Commission a été soumis tout récemment au Conseil et au Parlement de l’Union. 

Le document conclut que l’accord s’est révélé «efficace dans l’atteinte de son objectif de durabilité de l’exploitation». En attestent la concertation scientifique et l’échange des données qui ont permis d’aboutir à des constats partagés.

Selon le rapport, l’accord de pêche a également atteint son objectif de soutien au développement durable du secteur. Cet objectif a été concrétisé grâce notamment à la contribution de l’appui sectoriel à la mise en œuvre de projets de la stratégie Halieutis.  Cet appui a profité pour une large part aux régions de Dakhla-Oued Eddahab et Laâyoune-Boujour-Sakia El Hamra. Elles concentrent 66% de l’enveloppe totale, soit environ 37 millions d’euros.

Les retombées socio-économiques du soutien financier font déjà apparaître la création de 180 emplois directs et l’amélioration des conditions de travail d’environ 59.000 personnes travaillant dans le secteur ou ses activités connexes. Et les deux tiers de ces retombées ont concerné les provinces du Sud,  précise le document.

En ce qui concerne les retombées à l’avantage de l’UE, le rapport évoque un bon retour sur investissement pour l’Union: chaque euro investi se traduit par la création de 2,78 euros de valeur ajoutée pour le secteur européen de la pêche. Ce qui est énorme par rapport à l’évaluation faite du protocole précédent. Le rapport élaboré en 2010 estimait la rentabilité à peine à 0,65 euro.

L’actuel rapport relève en outre que l’accord est pertinent au regard des besoins de l’UE en ce sens qu’il complète un réseau de conventions couvrant l’aire de distribution des petits pélagiques d’Afrique de l’Ouest tout en répondant aux besoins de pêche des opérateurs. Et de recommander son renouvellement. Car, il représente «un instrument de coopération approfondie avec le Maroc, fortement impliqué dans la coopération Sud-Sud».

Lors de sa dernière visite au Maroc,  à l’occasion de sa participation au salon Halieutis, le commissaire européen à l’Environnement, aux Affaires maritimes et à la Pêche avait d’ailleurs insisté sur la volonté de l’UE de maintenir sa coopération avec le Maroc dans ce domaine et de lui donner  un nouvel élan.

L’actuel accord de pêche liant le Maroc et l’UE est entré en vigueur en 2014 pour une durée de 4 ans. Il donne accès aux navires européens à la zone de pêche atlantique du Royaume en échange d’une contrepartie financière de 30 millions d’euros par an financés par l’UE et 10 millions d’euros en tant que  contribution des armateurs. Le premier accord de pêche entre le Maroc et l’UE date de 1988.

Repères

  • 200 marins marocains à bord des navires européens
  • 1.000 contrats d’embarquement conclus
  • 180 emplois directs et 59.000 postes indirects
  • Dakhla, Laâyoune , Boujdour concentrent 66% de l’appui financier
  • 1 euro investi rapporte 2,78 euros de valeur ajoutée pour les pêcheurs européens
  • 75% de l’impact socio-économique profitent aux provinces du Sud
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