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Régions

Moins de sida en 2030… le défi de Marrakech

Par Stéphanie JACOB | Edition N°:5169 Le 15/12/2017 | Partager
La prévention: premier angle d’attaque
La faculté Semlalia engagée avec ses partenaires

Prévenir plutôt que guérir. L’adage parfait pour limiter le déploiement du VIH. Marrakech rejoint les 210 grandes villes au monde qui ont décidé d’éradiquer la maladie en 2030. Alors les campagnes s’enchaînent. Comme chaque année, la faculté des sciences Semlalia de l’Université Cadi Ayyad (UCA) vient de consacrer toute une journée à ce sujet, aux côtés de ses partenaires, comme l’Association de lutte contre le sida (ALCS), dont l’antenne régionale réalise quelque 3.600 tests dans ses locaux et plus de 2.000 par an avec ses unités mobiles.

«Nous n’attendons pas que les gens viennent à nous, confie un bénévole associatif, c’est à nous d’aller vers eux pour le dépistage et le partage d’informations, en particulier pour les populations à risque». Une volonté d’action partagée entre les centres de santé et les associations. Du coup, entre 2012 et 2016, l’offre de dépistage a été multipliée par trois au Maroc.

La représentante de la délégation du ministère de la Santé, Asmae Elhajjaji, lance un chiffre inquiétant: 41% de jeunes Marocains entre 16 et 29 ans avouent ne pas se protéger. En cause notamment la méconnaissance du danger. Face à ce constat, le discours officiel reste pourtant immuable. «Les deux remparts contre la maladie sont l’abstinence et la fidélité mutuelle dans le cadre du mariage, et si vraiment cela vous est impossible, continue-t-elle, il y a les préservatifs».

Ces recommandations à de jeunes garçons et filles, pleins de questionnements, sont-elles efficaces ou culpabilisantes? La réalité de terrain fait-elle cas de ces bons sentiments? En tout cas, dans la salle, les étudiants ont préféré souligner les difficultés à se procurer des préservatifs gratuits, et la difficulté de faire cette démarche sans en ressentir de jugement.

La peur du jugement a également été soulevée par le docteur Ahlam Bassir du CHU Mohammed VI de Marrakech, qui constate que «souvent, les femmes enceintes porteuses du VIH cachent leur maladie jusqu’au terme de leur grossesse. Le déni, le refus des soins ou les difficultés sociales sont les principaux obstacles que nous devons dépasser».

Dommage lorsqu’on sait que le traitement précoce, qui permet d’atteindre une charge virale indétectable, fait chuter le taux de transmission de la mère à son enfant à moins de 1%. Sans traitement, les risques de transmission sont de 40 à 50% en Afrique subsaharienne et de 15 à 20% en Europe.

Au sein de Semlalia, la stratégie est laissée entre les mains des étudiants eux-mêmes, bénévoles au sein du Club de santé de l’UCA, constitué en 2012. A eux revient l’organisation de cette journée de lutte contre le sida, et d’autres conférences à venir sur le diabète, le cancer du sein ou l’épilepsie.

«Ces étudiants scientifiques, qui travaillent en étroite collaboration avec les partenaires, sont de véritables “passeurs d’informations et de bonnes pratiques», auprès de leur famille et de leur entourage. Ils apprennent ainsi à vulgariser la science», explique Tarik Khalla du comité d’organisation de Semlalia.

Comprendre la maladie

Le sida est une maladie due à un virus, le VIH. Ce virus se transmet au cours des relations sexuelles, par échange de sang, et de la mère à l’enfant au cours de la grossesse, de l’accouchement et de l’allaitement. Il n’existe pas d’autre mode de transmission, et on ne court aucun risque en côtoyant des personnes infectées dans la vie de tous les jours. Pour éviter d’être contaminé ou de transmettre le virus, il est nécessaire d’utiliser un préservatif à chaque rapport sexuel, de ne pas partager d’objets qui pourraient être souillés par du sang contaminé, et pour les mères infectées par le VIH, de nourrir, dans la mesure du possible, les nouveau-nés par allaitement artificiel.

De notre correspondante, Stéphanie JACOB

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