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Analyse

Patrimoine géologique et archéologique Protection Unesco: Mode d'emploi

Par Sabrina BELHOUARI | Edition N°:5167 Le 13/12/2017 | Partager
Complication de la procédure d’inscription et incompétence de la société civile
Assistance financière, expertise internationale, formation, recherche
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Le Ksar Aït Ben Haddou, premier site marocain à figurer sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco, jouit depuis son inscription d’une grande visibilité au niveau touristique, mais l’attention et l’aide pour sa conservation et sa valorisation sont très récentes (Ph. SB)

Avec ce patrimoine géologique et archéologique, la vallée de Drâa et l’ensemble du territoire du sud du Maroc disposent de suffisamment de critères leur permettant de rentrer dans le patrimoine mondial de l’Unesco. Le pays compte plus de 460 sites sur tout le territoire national, avec différents degrés d’importance.

Sur les 460 sites répertoriés, seuls 12 sont inscrits sur la liste des sites protégés au niveau national, et seuls quatre, jugés de valeur importante, disposent d’un gardien pour la surveillance. La question qui se pose, c’est pourquoi au Maroc, et à ce jour, aucun site de l’art rupestre ou géosite de valeur scientifique reconnue n’est inscrit sur le patrimoine mondial de l’Unesco? La raison est que la procédure légale est aussi simple que compliquée.

En effet, pour qu’un Etat membre de l’Unesco (en l’occurrence le Ministère de tutelle) puisse soumettre un dossier de candidature, il faut que celui-ci soit proposé par un tiers. Ce tiers est en principe une entité locale qui représente la population autochtone ou qui vit sur le territoire ou la zone concernée par le dossier, et sera le bénéficiaire des retombées de la classification de l’Unesco.

L’entité peut être les gestionnaires de sites, les autorités locales et régionales, les communautés locales, ONG ou associations partenaires intéressées. Or, au Maroc, la majorité des sites rupestres ou géosites se trouvent dans des zones inhabitées. Et même lorsque celles-ci sont habitées, ni la population autochtone ni les autorités locales n’ont la compétence pour constituer un dossier et porter un projet de cette envergure.

Pourtant, pour ce trésor national en situation précaire, le salut viendra de l’Unesco. L'assistance internationale au titre de la Convention du patrimoine mondial de l’Unesco permet en effet d’aider à protéger le patrimoine mondial culturel ou naturel inscrit sur la liste du patrimoine mondial. Cette assistance se fait notamment à travers le financement de projets avec une priorité aux biens les plus menacés.

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Etalés dans des hangars comme de vulgaires morceaux de roches, des fossiles exceptionnels datant probablement de millions d’années finissent dans des collections privées à cause d’un commerce qui n’obéit à aucune loi ou contrôle garantissant la préservation du patrimoine géologique exceptionnel du Maroc (Ph. SB)

L'assistance internationale du Fonds du patrimoine mondial peut surtout financer des projets relevant de l’assistance d’urgence, l’assistance préparatoire ou la conservation et gestion des sites en question. Cette dernière comprend la coopération technique pour fournir de l’équipement ou des experts pour la conservation, la gestion et la présentation des biens inscrits sur la liste du patrimoine mondial. 

Elle propose en outre l'assistance de promotion et d'éducation avec un montant allant jusqu’à 10.000 dollars. Plus important encore, l'assistance couvre la formation et la recherche. Elle permet ainsi de financer des activités de formation de personnel et de spécialistes de tous niveaux dans les domaines de l’identification, du suivi, de la conservation, de la gestion et de la présentation des biens en question, avec un accent sur les formations de groupe.

Cette assistance peut également être demandée pour entreprendre des recherches scientifiques ou des études au profit des biens du patrimoine mondial. En somme, une aubaine pour ce patrimoine trop longtemps livré à lui-même. Pour y arriver, un travail de longue haleine est nécessaire, en particulier vis-à-vis de la population et les autorités locales pour sensibiliser et faire adhérer à cette cause.

                                                                                                

Au Maroc, l'Histoire...

Le Maroc dispose de 9 sites classés patrimoine mondial de l’Unesco. Tous les sites sont des sites culturels: Médina de Fès, Médina de Marrakech, Ksar d'Aït Ben-Haddou, Ville historique de Meknès, Médina de Tétouan (ancienne Titawin), Site archéologique de Volubilis, Médina d’Essaouira (ancienne Mogador), Ville portugaise de Mazagan (El Jadida) et Rabat, capitale moderne et ville historique. En outre, treize sites sont sur la liste d’attente, dont le site le plus récemment ajouté est celui du Chapelet d'Oasis de Tighmert, région présaharienne de oued Noun. On retrouve sur cette liste l’Oasis de Figuig, l’Aire du Dragonnier Ajgal, Casablanca Ville du XXe siècle, Carrefour d’influences, El Gour, la Grotte de Tafouralt, la Lagune de Khnifiss, la Mosquée de Tinmel, Moulay Idriss Zerhoun, le Parc national de Dakhla, le Parc naturel de Talassemtane, Taza et la Grande mosquée, et la Ville de Lixus.

 

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