Régions

Tinghir: Dar Al Oumouma pour réduire la mortalité infantile

Par Sabrina BELHOUARI | Edition N°:5164 Le 08/12/2017 | Partager
Un centre pour les femmes avec grossesse à risque et leurs nouveaux-nés
Prise en charge totale et gratuite avec surveillance médicale
Un palliatif à l’hôpital d’Errachidia, inaccessible pour la plupart
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Dar Al Oumouma est un centre d’accueil qui héberge des femmes rurales présentant des cas de grossesse à risque, pendant 7 jours avant l’accouchement et 2 à 3 jours après, avec prise en charge totale et gratuite et sous surveillance médicale (Ph. S.B.)

Dans le territoire très vaste de la province de Tinghir, une grossesse à risque ou un accouchement avec complications signifient très souvent la mort. L’éloignement et la pauvreté sont les principales causes de mortalité aussi bien chez la mère que chez le nouveau-né, qui ne peuvent pas séjourner en ville pour avoir les soins nécessaires. Même s’il n’y a pas de statistiques officielles sur le taux de mortalité chez les femmes en couches et les nouveaux-nés dans cette région, la rareté des centres de santé aggravent aussi la situation.

Afin de contribuer à la diminution de ce phénomène, un centre d’hébergement dédié pour les femmes rurales en période d’accouchement a été créé dans la ville de Tinghir depuis 2010. Il est géré par l’association du même nom, et est le fruit d’un partenariat entre l’ INDH, la province et le Conseil régional de Tinghir, la délégation de santé de Tinghir et les communes de la province qui en bénéficient. «Dar Al Oumouma» reçoit les femmes enceintes pendant leur dernière semaine de grossesse, qui sont envoyées par le service de maternité de l’hôpital de Tinghir, situé à une dizaine de mètres du centre.

L’hébergement dure 7 jours avant l’accouchement et 2 à 3 jours après, et peut être prolongé suivant l’avis du médecin de l’hôpital. «Ces quelques jours sont très critiques pour la santé de la mère et du nouveau-né et peuvent faire la différence. Le séjour permet de s’assurer qu’il n’y a pas de complications et que les deux peuvent rentrer chez eux en toute sécurité», affirme Naima Agouzoul, présidente de l’association Dar Al Oumouma Tinghir. En 2016, 1.528 femmes ont pu bénéficier des services du centre.

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Plus important encore, à Dar Al Oumouma, la prise en charge des femmes y séjournant est totale et gratuite. Elle comprend l’hébergement, la nourriture et la médication, mais aussi le suivi médical effectué par le médecin en charge. Les femmes qui y sont reçues proviennent de plusieurs communes attachées à la province de Tinghir, et ont même la possibilité d’être accompagnée par un membre de leur famille, dans la limite des places disponibles.

Le personnel est composé d’un directeur, 3 animatrices, une cuisinière, une femme de ménage, un chauffeur pour l’ambulance et un gardien. Après sa réhabilitation en 2015, le centre dispose aujourd’hui de 5 chambres avec deux lits pour adulte et un lit pour bébé, un salon, une cuisine, un séjour et des sanitaires et dispose de deux machines à laver et d’un climatiseur.

De plus, le centre s’est doté récemment d’une ambulance qui sert à transporter les cas difficiles, en particulier pour des césariennes à l’hôpital d’Errachidia. Mais depuis l’ouverture d’un service pour césarienne, à l’hôpital de Tinghir, l’ambulance est de moins en moins sollicitée. Ce projet a été financé par l’INDH pour la construction et l’équipement et dispose d’un budget annuel de 100.000 DH pour le fonctionnement, accordé principalement par la commune de Tinghir.

Un budget qui reste insuffisant pour accueillir davantage de résidentes, qui proviennent de 12 communes. Etant seulement deux centres d’accueil de ce genre dans la province de Tinghir, l’autre se trouvant dans la commune de Boumalen, le souci principal de Dar Al omouma de Tinghir aujourd’hui est la capacité limitée d’hébergement.

Une situation qui pourrait s’améliorer avec la contribution financière des communes partenaires qui restent aux abonnés absents malgré les sollicitations.

Encourager la femme rurale à se soigner

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Source: Dar Al omouma

Depuis son ouverture en 2010, Dar Al Oumouma a vu augmenter petit à petit le nombre de femmes bénéficiaires, grâce à plusieurs actions de sensibilisation. En effet, dans ces zones éloignées, les mœurs sont parfois un réel obstacle pour permettre aux femmes de se soigner ou de se faire suivre pendant leur grossesse. Encore moins pour leur permettre de se déplacer en ville. C’est dans ce sens que le centre entame des opérations de sensibilisation autour de la santé de la maman et de l’enfant, au sein de l’établissement, mais aussi lors de campagnes dans des zones rurales. «Plusieurs fois par an, le personnel du centre et les membres de l’association se déplacent dans des centres sanitaires ruraux pour rencontrer et sensibiliser les femmes rurales à l’importance de se diriger vers les centres hospitaliers dans le cas de grossesse à risque ou lors d’accouchement difficile», note Naima Agouzoul.

De notre correspondante, Sabrina BELHOUARI

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