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Economie

Rencontre internationale de Dakhla: Comment le Maroc anticipe les transformations

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5164 Le 08/12/2017 | Partager
Une colonne vertébrale d’infrastructures pour relier l’Europe au marché africain
Le modèle de développement du Sahara, décisif dans cette stratégie
Une nouvelle approche pour la promotion de la marque Maroc
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Face aux transformations que connaît l’économie mondiale, le Maroc a opté pour une approche anticipative, qui permettra une meilleure connexion avec différentes zones économiques (Ph. Bziouat)

Fragmentation, désordre et recomposition. C’est ce qui caractérise la nouvelle économie mondiale, à cause des mutations profondes qui se sont accélérées depuis quelques années. Cette situation est liée à l’émergence d’une nouvelle génération de menaces qui ont un impact direct sur la stabilité économique et sociale.

C’est ce qu’a expliqué Driss Guerraoui, président de l’Association d’études et de recherches pour le développement, coordinateur du Comité d’organisation de la Rencontre internationale de Dakhla, tenue les 7 et 8 décembre dernier (il est également chroniqueur à L’Economiste). Ces transformations interpellent le rôle même de l’Etat, dont la marge de manœuvre commence à se réduire.

Pour Mohamed Benabdelkader, ministre délégué en charge de la Réforme de l’administration et de la Fonction publique, il est important aujourd’hui de «réinventer l’Etat». L’idée est de redynamiser son mode opératoire pour être en phase avec les exigences de la nouvelle économie transnationale. Benabdelkader a expliqué que le modèle de l’Etat-nation est le seul en mesure de réguler cette situation.

Il s’agit d’un «partenaire, garant de la stabilité et du développement». Surtout que «les alternatives, dont particulièrement l’orthodoxie libérale, ont montré leur incapacité à réaliser un développement inclusif ». La réforme de l’administration est l’un des principaux leviers de cette «réinvention». Cela passe par «la refonte des outils d’intervention des services publics». Objectif: plus d’efficacité, plus de transparence et une meilleure interaction avec les opérateurs économiques.

Ce programme de réforme de l’administration s’inscrit dans une approche globale, comme cela a été souligné par Othmane El Ferdaous, secrétaire d’Etat auprès du ministère de l’Industrie. «Nous avons opté pour des politiques publiques intelligentes, pour anticiper ces changements», a-t-il souligné.

En termes de géo-économie, le Maroc a su tisser une véritable toile d’araignée, qui permettra d’interconnecter ses différentes zones d’appartenance économique. Le dernier mémorandum signé avec la Chine, concernant la nouvelle route de la soie, témoigne de la volonté du pays de ne pas être un acteur passif, a-t-il dit.

Parallèlement, les stratégies en cours permettront également de «connecter les marchés matures de l’Europe, à l’autoroute de croissance en Afrique», selon El Ferdaous. Depuis le lancement du port Tanger-Med, le Maroc a construit une véritable colonne vertébrale d’infrastructures qui descend vers le Sud, a-t-il ajouté.

Cette dynamique est accompagnée du démarrage de la mise en œuvre du nouveau modèle de développement des provinces du Sud, qui fera de cette zone un véritable hub économique et une voie d’accès à l’Afrique subsaharienne, comme l’a précisé Ynja Khattat, président de la région de Dakhla Oued Eddahab. Il a mis l’accent sur une série de secteurs prometteurs dans ces territoires, dont la pêche, l’agriculture à haute valeur ajoutée, les énergies renouvelables, la logistique...

Dans cette dynamique, Rabat mise sur les synergies des secteurs public et privé. « L’attractivité du pays n’est pas basée sur le coût de la main-d’oeuvre, mais plutôt sur la qualité des partenariats public-privé, selon El Ferdaous. Il a mis l’accent sur le rôle décisif de la future AMDIE, née de la fusion des agences en charge de la promotion de la marque Maroc.

Au-delà du renforcement de l’attractivité du pays, elle sera aussi chargée de l’accompagnement des entreprises de droit marocain, qu’elles soient nationales ou étrangères, dans leurs investissements à l’étranger, notamment en Afrique. Cette structure va également s’appuyer sur un mécanisme d’intelligence économique, adossé à un système de big data.

Forum africain

Dakhla aura désormais son Forum africain. Il s’agit d’un «espace permanent de réflexion sur les grandes problématiques de l’Afrique, par des Africains», a expliqué Driss Guerraoui. Une convention a été signée en marge de la Rencontre internationale de Dakhla. Parmi les signataires, on retrouve des instituts de recherche et des ONG, dont l’African futures institute, d’Afrique du Sud, ou encore l’association Padema, d’Angola. Ce Forum, qui sera organisé annuellement à Dakhla, devra se pencher sur les opportunités de co-émergence africaine, est-il indiqué.

 

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